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Soudan du Sud : l'armée empoisonne les civils et chasse les humanitaires

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-11
Illustration: Soudan du Sud : l'armée empoisonne les civils et chasse les humanitaires
© YouTube

L'ultimatum devenu carnage

Trois jours. Trois nuits. Puis les premiers coups de feu. L'armée a tenu parole. "Les soldats tirent sans distinction", griffonne un médecin sous couvert d'anonymat. Son SMS, dernier témoignage avant la coupure des réseaux.

250 000 habitants hier. Moins de la moité aujourd'hui. Les autres ? Fuient vers l'Éthiopie ou gisent dans les ruelles. L'ONU parle de "centaines" de morts. On ne comptera jamais les vrais chiffres. Pas ici. Pas avec les casques bleus repoussés aux frontières.

— Et l'eau ? Elle tue aussi maintenant.

La stratégie du puits empoisonné

Les réservoirs sabotés à la chaux vive. Les rivières polluées aux hydrocarbures. Une tactique ancienne comme la guerre elle-même, mais que personne n'osait imaginer en 2026.

Bastien Renouille, notre correspondant, a vu "des enfants boire dans des flaques rougies". L'armée nie. Pourtant, les analyses de l'OMS parlent d'elles-mêmes : arsenic, plomb, des cocktails létaux.

Pourquoi ? Parce qu'Akobo est un verrou stratégique. Sa chute ouvrirait la route vers Gambella. Alors on assoiffe. On affame. On terrorise.

ONG : la grande expulsion

Médecins Sans Frontières évacué hier. 500 Frontières ce matin. Les derniers humanitaires plient bagage sous escorte militaire. "Ils nous ont donné 20 minutes", raconte une infirmière belge. Son équipement reste sur place. Comme les patients.

Seuls les casques bleus résistent encore. L'ONU refuse de plier — pour l'instant. Mais ses rapports internes, que nous nous sommes procurés, décrivent des "capacités opérationnelles réduites de 60%". Traduction : ils tiennent à peine trois dispensaires.

Machar, l'épine dans le pied du régime

Pendant ce temps, à Djouba, le procès de Rieek Machar fait salle comble. L'ancien vice-président grignote des cacahuètes en suivant les débats. Ironie du sort : ses partisans contrôlent encore les collines autour d'Akobo.

Les combats ? Une question d'heures. Les rebelles ont miné les axes. L'armée envoie des drones chinois. Entre les deux, les civils creusent des tranchées dans la terre rouge.

— Vous entendez ces explosions ? C'est le son d'un équilibre qui se brise.

Domino régional

L'Éthiopie ferme ses frontières. Puis les rouvre. Puis les referme. Addis-Abeba joue la montre, mais ses troupes se massent déjà près de la rivière Baro.

Un détail qui change tout : cette zone abrite le plus grand camp de réfugiés érythréens au monde. Un baril de poudre supplémentaire. Et les allumettes sont déjà là.

Sources :

  • Nations-Unies
  • Correspondance régionale de Bastien Renouille
  • Documents internes ONU (protégés)

Par la rédaction de Le Dossier

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