Slogans racistes au meurtre : un député interpelle le gouvernement après une vidéo à Rodez

« Marine Le Pen au pouvoir, les Arabes à l'abattoir »
Une date. Un lieu. Des mots. Commençons par là.
Le 5 juin dernier, dans une boîte de nuit à Rodez (Aveyron), des jeunes gens hurlent des slogans. « Marine Le Pen au pouvoir, les Arabes à l'abattoir », puis « Netanyahu allez allez » — voilà ce qu'ils ont crié, selon le député qui a porté l'affaire dans l'hémicycle.
Une personne présente ne laisse pas passer. Elle filme. Elle s'oppose aux propos. « Je salue aussi le courage de la personne qui n'a pas laissé passer ces propos constitutifs d'un délit de provocation à la haine raciste », déclare le député.
Grâce à cette vidéo, le procureur de la République a été saisi. Il a immédiatement ouvert une enquête.
Un acte isolé ? Le député en doute
Le député ne s'arrête pas à ce seul incident. « Hélas, ce n'est pas un acte isolé », affirme-t-il. « D'autres vidéos montrent les mêmes scènes ailleurs dans le pays. » Il dénonce ce qu'il appelle « une nouvelle étape de banalisation du discours de l'extrême droite ».
Son réquisitoire est cinglant : « Le silence du RN est assourdissant. Vos sympathisants traduisent sans filtre votre programme de préférence nationale en voulant envoyer les Arabes comme ils disent à l'abattoir. »
Le député appelle le gouvernement à agir. « Une parole du gouvernement est urgente. L'inacceptable ne peut pas devenir acceptable. »
Aurore Bergé répond : « Ces termes font honte à la République »
La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, prend la parole. Elle remercie le député. « Ces termes font honte à la République », déclare-t-elle. « Le racisme est une tâche sur la République. »
Elle insiste : « On ne hiérarchise pas en France. Quand on est universaliste, on ne trie pas les haines, on ne les hiérarchise pas, on les combat toutes. »
Bergé annonce ensuite une mesure concrète. « C'est le sens du projet de loi qu'à la demande du Premier ministre, je vais présenter le 9 juillet prochain. » Tous les groupes politiques étaient représentés lors des discussions préparatoires, précise-t-elle. « Votre groupe était représenté », ajoute-t-elle à l'adresse du député.
Son objectif : « Dire aux Français, à tous les Français que nous savons dans le même mouvement combattre le racisme et l'antisémitisme. » Elle évoque une « forme de honte qui s'est installée trop souvent dans la République ».
97 % des victimes n'osent pas porter plainte
Le chiffre donne le vertige. Selon la ministre, « 97 % des victimes n'osent pas porter plainte parce qu'elles ont peur. Peur des représailles ou peur que ça ne change rien. »
Elle annonce avoir elle-même fait un signalement au procureur. « J'ai demandé qu'un signalement soit fait parce que je crois que notre responsabilité c'est d'accompagner les victimes, toutes les victimes aujourd'hui face à l'antisémitisme et au racisme. »
Puis elle se tourne vers les bancs du RN. « Chacun doit prendre sa part. Et quand je dis chacun, je m'adresse à vos bancs en particulier. Les propos qui ont été tenus, vous devriez être les premiers à les condamner — à partir du moment où ils se réclament de votre candidate à l'élection présidentielle. »
Le silence du RN : une stratégie ?
Le député, dans son intervention, avait déjà visé juste. « Le silence du RN est assourdissant », avait-il lancé. Il lie ces propos à une dynamique plus large : « Voilà ce que donne la complaisance médiatique et politique avec le RN — la diffusion d'un imaginaire de haine dans le pays. »
Selon lui, cela se traduit concrètement par « une explosion des violences à caractère raciste et antisémite ». Il interpelle le Premier ministre : « Votre gouvernement a-t-il bien pris la mesure du danger de tous les racismes qui ébranlent notre République ? Quels moyens allez-vous engager pour ne laisser aucun délit de haine impuni ? »
La ministre a répondu. Le projet de loi du 9 juillet est sur la table.
Une enquête en cours, des questions en suspens
Le procureur a ouvert une enquête. La vidéo — celle qui a tout déclenché — est entre les mains des enquêteurs.
Le député a conclu son intervention par un appel : « Notre pays se meurt du racisme. Il est plus que temps de ne plus rien laisser passer. » La ministre a répondu : « Nous ne laissons rien passer et nous ne laisserons rien passer. »
Sources
- Vidéo YouTube (source originale de l'intervention parlementaire)
- Témoignages d'Aveyron (relayés par le député)
- Signalement au procureur de la République
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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