Signus : son directeur admet avoir imposé des clauses de non-dénigrement à 74 journalistes

L'aveu sous serment
Le directeur de Signus — une chaîne qui se veut le rempart de la liberté d'expression — a craqué sous la pression parlementaire. Sous serment, il a reconnu avoir imposé des clauses de non-dénigrement à 74 journalistes. L'extrait de cette audition, relayé par Contrechamp politique, laisse peu de place au doute.
Le rapporteur pose la question. Le directeur répond. Le chiffre tombe : 74 départs. Puis la précision qui tue : oui, des clauses de non-dénigrement ont bien été signées.
« Il y a eu 74 personnes qui sont parties », déclare le directeur. « Aujourd'hui nous sommes 250, nous sommes 300, 250, 200 journalistes. »
2016 : la grève de 31 jours
On rembobine. En 2016, Signus a connu un mouvement de grève de 31 jours. À l'issue de ce conflit social, des dizaines de journalistes ont plié bagage.
Le rapporteur insiste : « Est-ce que vous pouvez me dire combien de personnes sont parties et sous quelles conditions ? Combien d'entre elles ont signé des clauses de non-dénigrement ? »
Le directeur esquive d'abord : « Ce concept nouveau n'a pas plu à tout le monde. » Il finit par lâcher : « Il y a eu divergence, grève et 74 départs. »
Le paradoxe de la liberté d'expression
Le rapporteur ne lâche pas l'os. « Ce qui serait paradoxal, c'est qu'une chaîne qui se présente comme le porte-voix de la liberté d'expression contraigne au silence des dizaines voire des centaines de personnes. »
Le directeur se défend. « Je suis surpris de ce genre de remarque s'agissant de mesures totalement légales qui sont pratiquées couramment dans n'importe quelle entreprise. » Il ajoute, sur la défensive : « Les personnes concernées ne sont pas obligées de l'accepter. Si elles décident de l'accepter et d'être payées pour ça, c'est quelque chose de parfaitement légal. »
Le rapporteur a le dernier mot. « Vous avez le droit d'être surpris. En l'occurrence, ça ne change rien à mon propos. »
Cinglant.
Des clauses légales mais contradictoires
Le directeur insiste sur la légalité des clauses. Le rapporteur, lui, pointe le paradoxe entre l'image de la chaîne et le silence imposé à ses anciens journalistes. La loi, parfois, ne dit pas tout.
74 journalistes réduits au silence
Le chiffre est désormais public. 74. C'est le nombre de journalistes qui ont signé ces clauses après la grève de 2016. Le directeur l'a confirmé sous serment — difficile de revenir en arrière.
Il évoque un « protocole d'accord » signé avec les représentants des grévistes. Ce protocole, affirme-t-il, ne comprenait pas initialement ces clauses. Mais il admet qu'elles ont été ajoutées par la suite.
Le rapporteur demande des précisions écrites. Le directeur promet de les fournir. On attend.
Sources : Audition parlementaire relayée par Contrechamp politique.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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