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PolitiqueÉpisode 19/4

Sextape de Saint-Étienne : Perdriau face à la prison, ses avocats accusent Gauttieri

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-13
Illustration: Sextape de Saint-Étienne : Perdriau face à la prison, ses avocats accusent Gauttieri
© Illustration Le Dossier (IA)

Revirement au tribunal

C’est un changement de cap brutal. Pendant près de quatre ans, Gaël Perdriau hurlait à la « machination ». Il clame son innocence. Il refuse de démissionner. Mais devant la cour d’appel de Lyon, le 13 juin 2026, le décor a basculé.

Ses avocats ne plaident plus l’innocence. Ils plaquent tout sur son bras droit.

Pierre Gauttieri, l’ex-directeur de cabinet, devient le vrai coupable. Selon la défense, c’est lui qui aurait orchestré le piège tendu à Gilles Artigues, élu d’opposition de Saint-Étienne. Perdriau ? Un suiveur débordé, pas le chef d’orchestre.

Cette ligne est risquée. Très risquée.

Les faits, eux, sont têtus. La sextape existe. Le chantage aussi. Et le parquet général n’a pas gobé la version. Il a requis cinq ans de prison, dont trois ferme. Une peine lourde — un retour en prison pour l’ancien maire.

Tout le monde reconnaît un délit

À la fin des débats, une certitude : tous les mis en cause admettent au moins un délit. Même Perdriau, qui niait en bloc, concède aujourd’hui une part de responsabilité.

L’affaire, révélée par Mediapart en 2022, avait secoué la France. Un maire de grande ville, un chantage à la sextape, des fonds publics détournés — le cocktail explosait. Gilles Artigues, l’élu victime, a porté plainte le 26 août 2022 pour « guet-apens en bande organisée financé par des fonds publics », « non-dénonciation de délit ou crime », « menaces et chantage » (source : fr.wikipedia.org). Le 29 août, le premier adjoint a aussi déposé plainte pour « chantage aggravé, guet-apens en bande organisée, détournement de fonds publics et non-dénonciation de faits délictueux » (source : fr.wikipedia.org). Le parquet de Lyon a ouvert une information judiciaire.

Aujourd’hui, en appel, la machine suit son cours. Les avocats de Perdriau tentent l’impossible : sauver leur client en sacrifiant son ancien allié.

L’homme à abattre : Pierre Gauttieri

Qui est Pierre Gauttieri ? Directeur de cabinet, homme de confiance. Celui qui connaissait les dossiers, qui exécutait les ordres. Aujourd’hui, on le désigne comme le coupable idéal.

La défense de Perdriau le décrit comme un agent double, un manipulateur d’ombre. Selon eux, Gauttieri aurait organisé le guet-apens sans que le maire soit pleinement informé. Le parquet général conteste fermement.

Les réquisitions sont claires : cinq ans de prison, dont trois ferme. Pas de circonstances atténuantes pour l’ancien maire. La cour d’appel devra trancher.

Mais une question reste : pourquoi Perdriau a-t-il attendu le procès en appel pour accuser Gauttieri ? Pourquoi pas plus tôt ?

Peut-être parce que les preuves sont minces. Peut-être parce que les témoignages contredisent cette version. Ou simplement parce que c’est la dernière carte qui lui reste.

Ambiance électrique au palais

L’audience du 13 juin 2026 s’est déroulée sous tension. Les avocats de Perdriau ont multiplié les attaques contre Gauttieri. Leur client ? Un pion manipulé par un subordonné ambitieux.

Le parquet général n’a pas été dupe. Les magistrats ont rappelé les faits : la sextape, le chantage, l’utilisation présumée de fonds publics. Perdriau, en tant que maire, portait une responsabilité pénale directe.

« On ne peut pas être maire et ne pas savoir ce qui se passe dans son cabinet », a glissé un avocat dans les couloirs.

La défense de Gauttieri, elle, a dénoncé une « opération de bouc émissaire ». Son client n’aurait fait qu’exécuter les ordres. C’est le maire qui aurait donné les instructions, validé le piège.

Deux versions. Deux hommes. Un seul verdict.

Les retombées politiques

Gaël Perdriau n’est pas un inconnu. Ancien maire de Saint-Étienne, figure de la droite locale. Son procès dépasse la Loire.

Une condamnation définitive signerait la fin de sa carrière politique. Elle entacherait aussi l’image de son parti, déjà fragilisé. Et elle enverrait un signal : le chantage politique, même masqué, ne reste pas impuni.

L’affaire soulève des questions plus larges. Comment un maire a-t-il pu organiser un tel piège contre un élu d’opposition ? Quels motifs ? Rivalité politique ? Règlement de comptes personnel ?

Les réponses, pour l’instant, restent floues. Le procès en appel n’a pas livré son verdict. La cour d’appel de Lyon doit se prononcer dans les semaines à venir.

Ce que dit la loi

Le chantage est un délit grave : cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. En bande organisée, les peines s’alourdissent.

Dans cette affaire, les charges sont lourdes : chantage aggravé, guet-apens en bande organisée, détournement de fonds publics, non-dénonciation de faits délictueux. Autant de chefs qui pourraient valoir à Perdriau une peine de prison ferme.

Le parquet général a requis cinq ans, dont trois ferme. Si la cour confirme, l’ancien maire ira derrière les barreaux.

Un pari risqué pour la défense

Accuser son ex-directeur de cabinet est une stratégie classique. Mais elle comporte des risques.

D’abord, elle suppose que Gauttieri accepte de porter le chapeau. Ce n’est pas le cas. Ensuite, elle repose sur des preuves que la défense n’a pas encore fournies. Enfin, elle contredit les déclarations antérieures de Perdriau, qui niait toute implication.

Les juges d’appel connaissent ces revirements. Quand la prison se rapproche, les accusés changent souvent de version. Eux regardent les faits, pas les mots.

Et les faits, dans ce dossier, sont accablants.

Mediapart dans l’ombre

L’affaire a été révélée par Mediapart en 2022. Documents, témoignages, enregistrements — sans ce travail, le scandale serait peut-être resté enfoui.

Le journal suit l’affaire depuis le début. Le 13 juin 2026, le journaliste Antton Rouget a couvert l’audience d’appel. Son article, « sextape de Saint-Étienne : pour éviter un retour en prison à Gaël Perdriau, ses avocats accablent son bras droit », détaille la stratégie de l’ancien maire.

Un article qui confirme ce que beaucoup soupçonnaient : Perdriau est prêt à tout pour éviter la prison. Même à trahir son plus proche collaborateur.

Et maintenant ?

Le procès en appel n’est pas terminé. La cour d’appel de Lyon doit encore délibérer. Verdict attendu dans les prochaines semaines.

En attendant, Gaël Perdriau reste libre. Pour combien de temps ?

Ses avocats ont joué leur dernière carte. Si elle échoue, ce sera la prison. Si elle réussit, une peine allégée, peut-être avec sursis.

Mais une chose est sûre : l’affaire de la sextape de Saint-Étienne a déjà changé la donne politique locale. Et elle continuera de faire parler, quel que soit le verdict.

Sources :

  • Mediapart, « sextape de Saint-Étienne : pour éviter un retour en prison à Gaël Perdriau, ses avocats accablent son bras droit », 13 juin 2026
  • Wikipedia, « Affaire de la sextape de Saint-Étienne » (faits vérifiés : plainte du 29 août 2022, plainte de Gilles Artigues du 26 août 2022)

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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