Gaël Perdriau : en appel, le maire jugé pour chantage à la sextape contre son ex-adjoint

Les enregistrements qui accusent
Le procès en appel s’est ouvert ce lundi 8 juin 2026 à Lyon. Dès les premières heures, une pièce manque au dossier du premier jugement — des enregistrements audio. L’ancien premier adjoint de Saint-Étienne, Gilles Artigues, les a fournis à la cour. Ces fichiers, selon Mediapart, documentent ce qu’Artigues appelle des « séances d’humiliation » que lui infligeait l’équipe du maire.
Que contiennent-ils ? Des échanges où la pression psychologique serait constante. Des remarques, des ordres, des silences pesants. Artigues affirme avoir été traité comme un subordonné soumis, sommé de ne « pas la ramener ». La phrase revient en boucle dans son récit rapporté par le journaliste Antton Rouget.
La justice n’a pas encore rendu son verdict. Mais ces enregistrements changent la donne. Au premier procès, Artigues n’avait que sa parole. Aujourd’hui, il a une preuve sonore.
« Je ne devais pas la ramener », résume-t-il dans l’article de Mediapart.
Une formule qui en dit long sur le climat décrit. Un climat de domination politique — et personnelle.
La défense : une menace, mais « rien d’autre »
La ligne de défense de Gaël Perdriau est désormais connue. Ses avocats l’ont posée dès l’ouverture des débats : le maire a bien menacé son adjoint avec une sextape. C’est un fait, disent-ils. Mais ils ajoutent : il n’y a eu aucune autre action répréhensible. Pas de mise à exécution, pas de pressions supplémentaires, pas de système organisé.
Perdriau a donc « certes menacé », selon les termes de la défense rapportés par Mediapart, mais il n’aurait « rien fait d’autre ». Une distinction subtile. Admettre la menace permet de reconnaître une faute, mais en la minimisant. Le problème ? Les enregistrements audio contredisent cette version — du moins, c’est ce que soutient l’accusation.
La cour examine désormais si ces séances d’humiliation constituent une infraction distincte, ou si elles s’inscrivent dans le même chantage. La réponse déterminera le quantum de la peine.
Car en première instance, le tribunal a été sévère. Gaël Perdriau a été déclaré « entièrement coupable » et condamné à 4 ans de prison ferme, assortis de 5 ans d’inéligibilité (source : midilibre.fr). Une peine lourde pour un élu local. Aujourd’hui, il espère une réduction.
Un maire déjà condamné
Rappel des faits. Gaël Perdriau, maire LR de Saint-Étienne depuis 2014, réélu en 2020 avec 58,91 % des voix (source : Wikipedia), a utilisé une vidéo intime de son premier adjoint, Gilles Artigues, pour le faire chanter. L’objectif ? L’empêcher de se présenter contre lui aux municipales de 2020. Artigues, selon les éléments du dossier, représentait un poids politique. Il était connu des Stéphanois et, s’il se présentait face à Perdriau, il aurait empêché sa réélection.
Le chantage a échoué. Artigues n’a pas cédé. Il a porté plainte. L’affaire a été révélée par Mediapart en 2022.
Depuis, la carrière de Perdriau a basculé. Condamné en 2025, il a dû quitter son fauteuil de maire. Depuis le 27 mars 2026, Régis Juanico lui a succédé (source : Wikipedia). L’ex-maire reste toutefois président de Saint-Étienne Métropole — une fonction qu’il occupe encore, en attendant l’issue de l’appel.
La question se pose : que deviendra ce mandat si la condamnation est confirmée ?
Un procès qui éclaire les pratiques politiques locales
Au-delà du cas Perdriau, ce procès d’appel met en lumière une réalité plus large. Les alliances politiques locales reposent parfois sur des rapports de force brutaux. Les séances d’humiliation décrites par Artigues ne sont pas des anecdotes isolées. Elles illustrent une méthode : verrouiller le pouvoir en écrasant les rivaux.
Les enregistrements audio, s’ils sont authentifiés, montrent un système. Un système où le premier adjoint est traité en subalterne, où la parole est contrôlée, où la menace sexuelle sert d’arme politique.
Mais attention. Ce ne sont encore que des accusations. La défense de Perdriau les conteste en partie. La cour d’appel tranchera.
En attendant, le maire déchu conserve sa présidence de métropole. Une situation paradoxale. D’un côté, il est jugé pour chantage et humiliation. De l’autre, il gère encore un budget de plusieurs centaines de millions d’euros.
Les Stéphanois observent. Le procès dure plusieurs jours. Le verdict est attendu sous quinzaine.
Et une fois de plus, les preuves audio seront au cœur du débat. Car si les mots peuvent être contestés, les sons, eux, ne mentent pas — ou presque.
Sources : Mediapart (Antton Rouget, 10 juin 2026), midilibre.fr, Wikipedia.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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