Sécheresse en France : 70 % du territoire sous restrictions, Antoine Cady alerte sur la biodiversité

70 % du territoire français est aujourd'hui soumis à des restrictions d'eau. La sécheresse, due à un déficit de pluviométrie observé depuis avril dans la plupart des régions, est aggravée par les canicules qui accélèrent l'évaporation et l'évapotranspiration. Les scénarios du GIEC, rappelés par Antoine Cady, directeur de la recherche et de l'innovation chez CDC Biodiversité, se confirment : « Nous allons vers un dérèglement conjugué à un réchauffement climatique. Dans un pays comme le nôtre, ça se traduit par une élévation des températures et parallèlement une sécheresse. »
Mégabassines : une solution controversée
Interrogé sur les mégabassines, Antoine Cady est prudent mais critique. Selon lui, ces retenues d'eau « confisquent l'eau au bénéfice de certains et au détriment d'un plus grand nombre » pour maintenir des pratiques agricoles qui, dans le contexte climatique actuel, « n'ont probablement plus leur place ». Il insiste sur la nécessité de se poser les questions dans le bon ordre : « Quel type d'agriculture pouvons-nous encore accueillir sur notre territoire ? Comment les exploitants agricoles doivent rentrer dans une démarche de transition ? » Transition de modèle, de pratiques et de types de production, avec toute la chaîne de valeur à repenser.
Forêts et villes : l'adaptation nécessaire
Pour la forêt, Antoine Cady souligne les risques des plantations monospécifiques qui n'anticipent pas l'évolution climatique. « On voit ce que des plantations qui n'anticipent pas ce type d'évolution climatique peuvent avoir comme conséquence », dit-il, évoquant le massif des Landes. Il préconise un assemblage de plusieurs espèces pour améliorer la résilience.
Concernant les villes, il alerte : « Quand on est dans des villes extrêmement artificialisées qui ne laissent pas de place à la végétation, on ne sait pas encaisser cette augmentation de température. » Il appelle à repenser la conception des infrastructures pour réduire l'impact du changement climatique.
Biodiversité et services écosystémiques
Antoine Cady rappelle que la biodiversité fournit des services écosystémiques essentiels : recharge des nappes phréatiques, pollinisation, oxygène par photosynthèse. « Plus la biodiversité va souffrir, plus ces services vont se raréfier, et plus les entreprises se retrouveront en compétition pour utiliser ce qu'il restera, générant des dépenses et des effondrements économiques. »
Aucun parti ne prend le problème à la racine
Interrogé sur la réponse politique, Antoine Cady est clair : « Aucun parti ne sait réellement approprier ces questions en les prenant véritablement à la racine et en faisant le pari du vivant pour trouver des solutions. » Il rappelle que l'engagement de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, pris il y a plus de 12 ans, n'est pas tenu collectivement. « Dans tous les cas, ça sert », répond-il à ceux qui doutent de l'utilité des efforts face à l'inaction d'autres pays, car il y a une dimension macro-mondiale et continentale.
Conclusion
La France doit s'adapter à un climat qui change. Antoine Cady insiste : « Il faut faire le pari du vivant. » Sans eau, sans sols vivants, sans pollinisateurs, il n'y a pas d'agriculture, pas de forêt, pas de ville viable. L'adaptation est une condition de survie.
Sources : Interview d'Antoine Cady (CDC Biodiversité) – Vidéo disponible sur YouTube.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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