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Sébastien Raout : le hacker français extradé aux États-Unis témoigne de son expérience controversée

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-09
Illustration: Sébastien Raout : le hacker français extradé aux États-Unis témoigne de son expérience controversée
© YouTube

L’arrestation au Maroc : un tournant brutal

31 mai 2022. Sébastien Raout, 20 ans, est à l’aéroport de Rabat. Il s’apprête à rentrer en France après quelques mois de voyage au Maroc. Soudain, un agent l’interpelle : "On a un problème avec votre visa. Attendez cinq minutes sur le côté." Les minutes s’étirent. Puis tout bascule. Emmené dans un bureau, il est menotté, interrogé.

"Vous avez un mandat d’arrêt international émis par Washington", lui annonce-t-on. Sébastien panique. "Je me disais : c’est un rêve, je vais me réveiller." Mais non. La réalité le rattrape. Arrêté par la police marocaine, il est incarcéré pendant huit mois dans une prison de Rabat. Les conditions ? Des cellules surpeuplées, des rats, des cafards. Une couverture fine en guise de matelas.

Pendant quinze jours, ses parents ignorent tout. Ils signalent sa disparition au commissariat. C’est seulement après qu’ils apprennent la terrible nouvelle : leur fils est recherché par le FBI pour cybercriminalité.

Le piratage de GitHub : une passion qui dérape

Sébastien Raout est un passionné d’informatique depuis l’adolescence. "Je kiffe apprendre plein de trucs", confie-t-il. Mais sa curiosité l’a poussé trop loin. En 2020, à seulement 19 ans, il pirate GitHub, une plateforme de développement rachetée par Microsoft en 2018. "C’était excitant d’essayer de cibler cette chose-là. Avoir le code de Microsoft, c’est une chose. Être dans ses serveurs, c’en est une autre."

Il nie avoir fait partie du groupe Shiny Hunter, accusé de cyberattaques massives. "Je savais même pas qui était Shiny Hunter", insiste-t-il. Pour lui, c’était du "bidouillage", pas un "big deal". Mais les États-Unis ne l’entendent pas de cette oreille. Il est accusé de conspiration pour fraude électronique et vol aggravé d’identité. Des charges qui peuvent lui valoir jusqu’à 116 ans de prison.

L’extradition aux États-Unis : une épreuve de plus

En 2023, après huit mois de détention au Maroc, Sébastien est extradé aux États-Unis. Direction New York, puis Chicago. Il est incarcéré dans des prisons américaines, où il découvre un système judiciaire qu’il juge impitoyable. "Pour eux, j’étais déjà condamné. Je pouvais rien faire."

Pourtant, il reconnaît que ses droits ont été respectés. Selon le droit américain. Mais il aurait préféré être jugé en France. "Cette affaire est censée être française. Les faits ont été commis depuis la France."

La condamnation et le retour en France

Sébastien plaide coupable et est condamné à trois ans de prison. Une peine qui tient compte des huit mois passés au Maroc. Libéré en décembre 2024, il retourne en France. Mais son calvaire n’est pas terminé. À peine atterri, il est interpellé par la police française et mis en examen.

Aujourd’hui, Sébastien essaie de reconstruire sa vie. Il a monté une autoentreprise dans le développement informatique. "Les lignes sont claires maintenant. Je ne franchirai plus ces limites. Je ne veux pas remettre ma famille dans cette situation."

Une injustice en travers de la gorge

Sébastien Raout garde un goût amer de cette expérience. "J’ai encore en travers de la gorge de ne pas avoir été extradé en France. La justice française aurait pu être mieux rendue." Une question reste : pourquoi les États-Unis se sont-ils tant investis dans cette affaire ? Pour Sébastien, c’est une question de stratégie. "C’est un message envoyé à tous les hackers."

Sources

  • Interview de Sébastien Raout
  • Témoignage direct de l'individu

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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