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SociétéÉpisode 3/1

Périscolaire : le scandale des prédateurs que personne n'arrête

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-29
Illustration: Périscolaire : le scandale des prédateurs que personne n'arrête
© YouTube

Audition choc au Sénat. Des avocats spécialisés, des représentants de collectifs de parents et des associations de protection de l'enfance y ont dénoncé un système qui protège les prédateurs plutôt que les enfants. Absence de traçabilité des animateurs, classements sans suite non notifiés, maintien en poste d'enseignants mis en cause, justice à deux vitesses — les familles les plus modestes sont abandonnées. Selon la vidéo de Dossiers Publics, qui a diffusé cette audition, les dysfonctionnements sont systémiques. Résultat : des parents désespérés finissent par faire le travail des institutions.

L'heure des comptes

Ils sont venus dire ce que personne ne veut entendre. Devant une commission du Sénat, des avocats, des représentants de collectifs et des associations ont vidé leur sac. Leur constat est implacable : la protection de l'enfance en milieu scolaire et périscolaire est un champ de ruines.

Selon la vidéo de Dossiers Publics, qui a recueilli ces témoignages, les intervenants ont décrit un système où les prédateurs circulent librement d'une école à l'autre. Les informations cruciales ne sont jamais transmises. Et les familles sont abandonnées à leur sort.

« Qu'est-ce qui fait qu'on fait le boulot des institutions aujourd'hui ? » s'interroge l'un des participants. « Combien de pancartes il va falloir dans la rue ? Combien de coups de téléphone de parents ? »

La réponse est amère. Beaucoup trop.

Un système qui laisse passer les prédateurs

L'audition a mis en lumière une série de cas concrets, tous documentés par les avocats et les collectifs présents. Leur point commun : des défaillances institutionnelles qui ont permis à des agresseurs de continuer à sévir.

Premier exemple, selon la vidéo : l'affaire Alphonse Baudin. Un animateur périscolaire parisien, jugé pour des agressions sexuelles sur neuf enfants âgés de 3 à 5 ans. Selon les informations vérifiées par Le Dossier, il a été relaxé le 7 juillet 2026 au bénéfice du doute. Mais le plus troublant, c'est son recrutement. D'après la vidéo, il a été embauché sans le BAFA — le brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur. Lors de son procès, il a accusé la mairie de Paris de l'avoir mal formé.

Un pédocriminel qui n'avait même pas le diplôme requis pour garder des enfants. Et qui a été recruté quand même.

Deuxième cas : l'affaire du « petit Arthur » à Bordeaux. Selon la vidéo, un directeur d'école privée a violé et sodomisé un enfant pendant trois mois. La Brigade de protection des mineurs (BPM) l'a écouté à trois reprises. Malgré cela, il n'est toujours pas jugé. La famille attend.

Troisième cas — rapporté par un avocat lors de l'audition : un animateur de Belsance, dont le dossier a été classé sans suite, a été recruté dans une autre école, à Bullourde. Selon la vidéo, il y a commis trois viols sur des enfants de 3 à 5 ans. Le classement sans suite de Belsance n'avait pas été notifié. Personne n'avait été informé. L'animateur a pu continuer.

Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres.

Le secret : bouclier des institutions

Pourquoi ces dysfonctionnements persistent-ils ? Selon les intervenants de l'audition, la réponse est simple : les institutions ne veulent pas partager l'information.

Interrogées sur leur refus de communiquer au sujet des procédures pénales en cours, les municipalités invoquent systématiquement le secret de l'enquête. Problème : selon un avocat présent, « il n'existe aucun fondement textuel qui empêche les municipalités de donner des informations autres que nominatives sur l'existence des procédures en cours. »

En clair : les mairies se retranchent derrière un secret qui n'existe pas. Et ce faisant, elles mettent en danger les enfants.

Le fichier judiciaire (FIG) est lui aussi pointé du doigt. Selon la vidéo, il est « totalement obsolète » — il ne recense que les condamnations. Or, 90 % des affaires d'agressions sexuelles sont classées sans suite. Résultat : des prédateurs qui n'ont jamais été condamnés — faute de preuves suffisantes — ne figurent dans aucun fichier. Ils peuvent être recrutés sans aucun contrôle.

« La présomption d'innocence ne doit pas être utilisée pour cacher le danger », insiste un avocat. « Le principe de précaution, on l'applique pour la santé. Pourquoi pas pour la protection des enfants ? »

Des classements sans suite qui tuent

Le cœur du problème, c'est le classement sans suite. Selon les témoignages recueillis par Dossiers Publics, ces décisions sont rarement notifiées aux familles. Et quand elles le sont, les motifs restent souvent vagues.

Un avocat raconte : une affaire de violence dans une école, classée le 14 février. La famille n'en est informée qu'en juin, par hasard, lors d'une démarche au tribunal. « Mes clients n'avaient absolument pas été informés, explique-t-il. Et ça arrive de manière extrêmement régulière. »

Pourquoi ces classements ? Parce que les enfants de 3 à 6 ans sont rarement entendus correctement. Les professionnels ne sont pas formés à recueillir leur parole. Les enquêtes sont « extrêmement sommaires », selon un avocat. Les dossiers sont classés faute d'éléments suffisants.

Mais il existe une voie de recours : le recours hiérarchique auprès du Procureur général. Selon un avocat, « ça marche ». Le PG répond, motive, et parfois même rouvre les dossiers. Problème : les juges d'instruction saisis ne diligentent pas toujours de nouveaux actes. « On a un juge d'instruction qui ne fait rien », déplore un intervenant. « Il reconvoque l'enfant des mois après, alors que sa mémoire s'efface. »

Et pendant ce temps, l'enseignant mis en cause reste en poste. Selon la vidéo, l'Éducation nationale avait même proposé un « accompagnement » à un enseignant visé par une plainte pour violences sexuelles. L'enfant, lui, n'a pas été entendu.

Voilà.

Justice à deux vitesses

Ce scandale révèle une tension profonde dans la société française. Le rapport à la violence, d'abord : on préfère protéger les institutions plutôt que les enfants. Le rapport à la justice, ensuite : elle est devenue un luxe que seuls les plus riches peuvent s'offrir.

Selon les avocats présents à l'audition, l'aide juridictionnelle est insuffisante. « Un avocat ne peut pas correctement travailler avec l'aide juridictionnelle, affirme l'un d'eux. C'est pas vrai que c'est suffisant. »

Résultat : les familles qui ont les moyens paient un avocat pour contester les classements sans suite, faire des citations directes, et obtenir justice. Les autres abandonnent. « On va se retrouver avec une justice à deux vitesses », prévient un avocat.

Et puis il y a la peur. La peur des représailles. Selon les témoignages, les parents qui dénoncent des faits sont souvent mis à l'écart. « On se demande : est-ce que je dis ? confie une mère. Ma mère me disait : avant de faire remonter un problème à la crèche, faut vraiment qu'il soit suffisamment grave. »

Les parents se taisent. Les enfants restent en danger.

Le travail de fourmi des parents-enquêteurs

Face à ces défaillances, les parents ont pris les choses en main. Selon la vidéo, des collectifs se créent partout en France. Leur mission : tracer le parcours des animateurs, échanger des informations, identifier les prédateurs.

« On est incapable de tracer par quelle école sont passés les animateurs, explique un intervenant. Alors on échange entre collectifs, entre associations, entre parents. »

Un exemple : un animateur de Melcence et Bullourde. Selon la vidéo, il était passé par six autres écoles en tant que vacataire — deux heures par-ci, quatre heures par-là. Personne n'avait tracé son parcours. Ce sont les parents qui ont découvert qu'il avait un dossier classé sans suite à Belsance.

« Ce sont les parents qui se sont substitués à l'institution », résume un avocat.

Et ça marche. Mais à quel prix ?

Un plan d'action, et des doutes

Il y a eu une lueur d'espoir. Selon la vidéo, un « plan d'action opérationnel » a été signé à Paris, en présence de la procureure de Paris, de la Préfecture de police, de Paris aide aux victimes et du barreau de Paris. Objectif : réduire la « victimisation secondaire » — ces traumatismes supplémentaires infligés aux victimes par le système judiciaire.

Le plan prévoit deux mesures concrètes : la transmission quasi-automatique des certificats médicaux aux familles, et la « motivation augmentée » des avis de classement. En clair : les familles sauront pourquoi leur dossier a été classé.

Mais les avocats restent sceptiques. « Un classement, ça permet d'évacuer des statistiques publiques des dossiers en cours, rappelle l'un d'eux. C'est tout bénéfice pour le procureur. »

Et le plan ne résout pas le problème central : l'absence de traçabilité des animateurs. « Il n'y a pas de registre d'entrée et de sortie, déplore un avocat. On ne peut pas recouper les témoignages des enfants. »

Sans registres, pas de preuves. Sans preuves, pas de condamnations. Sans condamnations, les prédateurs restent en liberté.

Et maintenant ?

Le dossier est loin d'être clos. Selon la vidéo, une prochaine échéance est prévue pour septembre 2026, avec la mise en œuvre du plan d'action parisien. Mais les avocats et les collectifs demandent un « électrochoc national ».

« Il faut un reset, insiste un intervenant. Arrêter de séparer le périscolaire et l'Éducation nationale. Un pédocriminel, il en a rien à faire de savoir si c'est l'école ou la garderie. Un couloir, c'est un couloir. Des toilettes, ce sont des toilettes. »

En attendant, les parents continuent leur travail de fourmi. Ils traquent les prédateurs, échangent des informations, tentent de protéger leurs enfants. Mais ils sont épuisés.

« Ce sont les enfants qui partent, pas les animateurs », rappelle un parent.

Et tant que les institutions ne feront pas leur travail, ce sont les enfants qui paieront le prix.

Sources :

  • Dossiers Publics (YouTube) : « Violences dans le périscolaire : L'heure des comptes a sonné ! »
  • Informations vérifiées par Le Dossier via des sources web fiables (Le Monde, RCF Bordeaux, Wikipédia, Assemblée nationale)

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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