SCANDALE au Muséum : 500 millions pour sauver un trésor national en ruine

Quatre siècles au bord de l'effondrement
La verrière fuit. Elle date de 1812. Deux cent quatorze ans d'histoire troués par les gouttières. "On a mis une bâche pour éviter les dégradations", lâche un responsable. Solution précaire pour un problème chronique.
Le Muséum fêtera ses 400 ans en 2026. Le pavillon des reptiles — fermé depuis 2018 — aurait dû être rénové pour l'occasion. Budget nécessaire : 14 millions. "Projet avorté". Motif officiel : "sécurité des biens et des personnes".
Les chiffres saignent. 74% des bâtiments sont "dégradés ou très dégradés". L'humidité ronge les murs. Les fondations bougent. "Le sol fait des vaguettes", constate amèrement un technicien. Entre la Bièvre et la Seine, le terrain est instable. Les alluvions menacent.
"Nous dépensons 20 millions par an. Plus de la moitié vient de notre fonds de roulement." Ce budget représente 4% des besoins urgents. Le compte à rebours a commencé.
Les collections moisissent, l'or disparaît
68 millions de spécimens. Le troisième fonds mondial. Pourtant, "l'herbier national montre des moisissures". Les fossiles pourrissent. Les inondations menacent régulièrement la bibliothèque — la plus grande au monde en histoire naturelle.
2025 : un casse spectaculaire. 6 kg de pépite d'or volés dans la galerie de minéralogie. Valeur : 600 000 euros. Les caméras ? Hors service. Les alarmes ? Défaillantes. Les budgets sécurité ? Coupés.
"Nous frôlons la catastrophe." Le constat est unanime. Dans l'ancien bassin aux crocodiles, le système de chauffage dysfonctionne. L'humidité a "tout gangrené". Les menuiseries d'époque ont disparu. Les planchers tiennent grâce à des étais de fortune.
La galerie de géologie ? Fermée depuis 2004. "Une jolie fissure", ironise un conservateur devant la lézarde active. Coût des réparations pour ce seul bâtiment : 3 millions. Personne ne les a débloqués.
1,6 milliard : l'addition du mépris
500 millions pour les urgences. 1,1 milliard pour la rénovation totale. Le Muséum croule sous les devis impayés.
L'État finance les deux tiers du fonctionnement courant. Mais rien pour le patrimoine. "Les collectivités territoriales aident sur certains projets." Des rustines sur une jambe arrachée.
Exemple criant : la galerie de paléontologie. 400 000 visiteurs par an. Fermeture prévue en janvier 2026. Motif : "En cas d'incendie, on ne peut pas évacuer les fumées." Problème connu depuis dix ans. Travaux reportés six fois.
L'hôtel de Magny — plus vieux bâtiment du Jardin des Plantes — subit le même sort. Infiltrations. Escalier monumental rongé. "Des espaces de travail inutilisables." Les travaux débutent enfin en septembre 2026. Quatre ans trop tard.
Qui a laissé pourrir le Muséum ?
La réponse tient en trois points. L'État d'abord. Le ministère de la Culture n'a jamais classé le Muséum parmi ses priorités. Les crédits votés couvrent à peine l'entretien courant.
Les directions successives ensuite. Aucun plan global avant 2024. Des travaux parcellaires. Des choix discutables — comme la rénovation des bureaux administratifs en 2022 (7 millions) alors que les réserves prenaient l'eau.
Les collectivités enfin. La Ville de Paris et la Région Île-de-France se renvoient la balle depuis 2010. Résultat : trois conventions signées, aucune appliquée.
"Nous sollicitons des mécènes." La solution de dernier recours. Le Muséum mendie désormais auprès des entreprises. Pendant ce temps, les spécimens uniques pourrissent dans des réserves insalubres.
2026 : anniversaire ou enterrement ?
Les 400 ans auraient dû être une fête. Ils risquent de tourner au requiem. La galerie de paléontologie fermera pendant deux ans. Le pavillon des reptiles reste une coquille vide. L'herbier national moisit page après page.
"Nous fêterons cet anniversaire avec enthousiasme", promet la direction. Une déclaration en décalage avec la réalité. Les techniciens, eux, parlent de "race contre la montre".
500 millions. C'est la somme qui manque pour éviter le pire. L'État tergiverse. Les collectivités calculent. Le Muséum, lui, compte les jours avant l'effondrement.
Sources
- Muséum national d'histoire naturelle
- Rapports techniques internes (2018-2026)
- Documents budgétaires
- Entretiens avec le personnel
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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