Riachuelo : Le scandale de la rivière poubelle et des promesses trahies

Une décision historique, un échec monumental
En 2008, la Cour suprême argentine sonnait l’alarme : le Riachuelo, cette rivière toxique qui traverse Buenos Aires, devait être assaini. Une décision sans précédent. Mais aujourd’hui ? Les habitants attendent toujours. Le relogement promis n’est qu’un lointain souvenir. Elisa Morel montre ses bras couverts de cicatrices. "Ma maison était là-bas. Ils m’ont jetée ici." À dix mètres de la rive putride. Ses enfants avaient du plomb dans le sang. Des éruptions cutanées. "L’odeur vous prenait à la gorge." Voilà.
L’argent disparu, les promesses envolées
Alfredo vit dans une cahute en tôle. Depuis 2019. "Humide quand il pleut. Avec des enfants. Une honte." La ville a stoppé les constructions de logements sociaux. Une violation directe de l’arrêt de la Cour suprême. Elisa, elle, a eu son appartement. Mais les murs suintent. "Fissures. Infiltrations. Le balcon inonde la chambre." Travail bâclé. (oui, vous avez bien lu)
L’ère Milei : la dépollution à l’arrêt
En 2023, Javier Milei prend le pouvoir. ACUMAR, l’organisme chargé de la dépollution, saigne : 50 % des effectifs disparaissent. "On est revenus aux effectifs de 2019", lâche Frédéric Og Gatti, nouveau directeur. Les contrôles sur les industries polluantes ? Relâchés. 2024. La Cour suprême lâche prise. Fin du contrôle judiciaire. Plus de rapports. Plus de transparence. "Aucun objectif atteint", soupire un avocat environnemental. Les enfants continuent de boire du poison.
Une usine miracle… bientôt privatisée
Le système Riachuelo, enfin opérationnel en 2025. 700 millions d’euros. Des kilomètres de canalisations. "Ça traite des stades entiers d’eaux usées chaque jour", explique un ingénieur. Et pourtant. Milei veut le vendre. Comme tout le réseau d’eau de Buenos Aires.
Résistance potagère
Zulma cultive ses légumes dans la zone la plus polluée. "Melons, avocats, tomates." Son secret ? "J’arrose avec de l’eau en bouteille." Depuis l’élection, plus de livraisons gratuites. "Trop chlorée", disent les autorités. Les égouts promis ? Fantômes. Les distributions d’eau ? Supprimées.
La bataille du Riachuelo continue. Sans argent. Sans volonté politique. Mais pas sans voix.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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