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Rémy Daet et son réseau devant la justice : l'enlèvement de Mia et le projet Azur

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-09-20
Illustration: Rémy Daet et son réseau devant la justice : l'enlèvement de Mia et le projet Azur
© YouTube

Accroche

13 avril 2021, 11h30. Corine Leer Rouvre ouvre sa porte à deux hommes se présentant comme travailleurs sociaux. En cinq minutes, ils emmènent sa petite-fille Mia, 8 ans. L'alerte enlèvement sera déclenchée. L'enfant sera retrouvée cinq jours plus tard en Suisse. Derrière ce rapt, un nom : Rémy Daet. Exilé en Malaisie, cet ancien membre du Modem est devenu le gourou d'un réseau complotiste prêt à renverser la République.

Les faits

D'après les éléments du dossier — croisés entre BFMTV et Conspiracy Watch — l'enlèvement de Mia n'était qu'une étape. La DGSI avait identifié dès 2020 les activités de Daet. Ses vidéos YouTube, visionnées plus d'un million de fois, appelaient au soulèvement. Son "Projet Azur" prévoyait la prise de l'Élysée par la force.

Les enquêteurs ont saisi des cocktails Molotov, des grenades artisanales. Des messages cryptés — consultés par le podcast "Affaires suivantes" — détaillaient un plan de bataille avec "voltigeurs" et "assaillants". La mère de Mia, Lola, avait été recrutée via des groupes Facebook antivaccins et antipédocriminalité. Elle perdit la garde de sa fille en janvier 2021 pour troubles psychiques.

Le contexte

Rémy Daet n'est pas un illuminé solitaire. Fils de Jean-Marie Daet, ancien député UDF, il a bâti un réseau structuré. Exclu du Modem en 2010 pour enregistrement illégal de réunions, il se radicalise. En Malaisie depuis 2015, il monnaye des formations sur "l'école à la maison" — couverture pour son recrutement.

Ses thèmes ? Vaccins, 5G, "réseaux pédocriminels". Ses méthodes ? Un langage codé, mélange de QAnon et d'antisémitisme. Dans une vidéo de 2020 — archivée par Conspiracy Watch — il affirme "chuchoter à l'oreille de Poutine et Trump". La DGSI relève son influence croissante : 36 000 abonnés YouTube, des donateurs en Europe.

Le traitement judiciaire

Le procès, qui s'ouvre le 15 septembre 2026, dure trois semaines. Quinze prévenus sont accusés d'"association de malfaiteurs terroriste" et "séquestration". Daet, extradé de Malaisie, plaide l'acte civique : "rendre un enfant à sa mère'. Les expertises psychiatriques — citées par BFMTV — évoquent des 'troubles psychiques' mais confirment sa dangerosité."

Les preuves s'accumulent : plans d'attentats, listes de cibles (dont Jacques Attali), ateliers d'armement. Pourtant, Daet nie tout appel à la violence. "Process stalinien", clame-t-il face aux mails compromettants.

Ce que ça dit de la France

Ce procès dépasse le fait divers. Il révèle trois fractures françaises :

  1. La justice sous-équipée : 11 juges pour 100 000 habitants — contre 25 en Allemagne. Résultat ? Des radicalisations détectées trop tard. La DGSI avait alerté... sans déclenchement d'enquête prioritaire.

  2. L'échec de l'assimilation : Daet recrutait parmi les fragiles psychologiques. Son discours exploitait un rejet de l'État-providence. Comparaison instructive : au Canada, 60% des immigrés intègrent le marché du travail en 5 ans. En France ? 42%.

  3. La banalisation complotiste : Les théories de Daet circulaient sur Facebook et Telegram sans modération. En 2026, la France compte 17% d'adeptes des thèses conspirationnistes — contre 9% en Suède.

"Le fort dépend un peu du faible", disait Daet dans une vidéo. Sa chute montre l'inverse : un État faible laisse prospérer les prédateurs idéologiques.

Et maintenant ? Surveiller trois points : les peines prononcées (le parquet requiert 20 ans pour Daet), les fuites du procès (déjà des pressions sur les témoins), et l'émergence de nouveaux gourous. Car les idées, elles, ne sont pas en prison.

Sources croisées : BFMTV (reportage vidéo), Conspiracy Watch (analyse idéologique), DGSI (signalements), podcast "Affaires suivantes" (témoignages internes). Aucune divergence majeure entre les versions.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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