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Refus d'obtempérer : 27 000 fuites par an, la panique sur les routes

Par la rédaction de Le Dossier · 10 JUIN 2026
Illustration: Refus d'obtempérer : 27 000 fuites par an, la panique sur les routes
© YouTube

La nuit où tout a basculé

Au commissariat de Creil, à 60 km au nord de Paris, le policier Marvin patrouille. Il repère un conducteur imprudent, l’arrête. La voiture démarre en trombe. Un refus d’obtempérer. « Il se barre. »

Les caméras de la ville filment la scène. Le fuyard, au volant d’un véhicule blanc, roule à tombeau ouvert. Marvin le suit. « Attention, ça va sauter part sur République. » Une succession de dos d’âne met fin à la poursuite. « Il s’est planté. »

Le conducteur a perdu le contrôle, embouti plusieurs véhicules. Il tente de se cacher. Marvin le retrouve allongé sous une voiture, torse nu. « Reste là. Reste au sol. Donne ta seconde main. »

Pourquoi cette fuite ? « Pourquoi tu te barres ? » Réponse : « Parce que j’ai un verre. » Marvin : « Tu es sérieux ? Tu pars pour faire un accident ? Parce que tu as bu un ver. »

Au commissariat, l’homme est déjà connu des services — permis 4 points sur 12, alcoolémie récidivante. « Il a déjà perdu son permis pour ça. » Devant l’éthylomètre, il souffle. « Encore, encore, on souffle. Si vous imitez pas du vôtre, c’est refus de se soumettre. » Résultat : 0,76 — trois fois la limite autorisée.

« Je fais le con, j’assume »

Le conducteur ne semble pas mesurer les dégâts. « Il y a quatre ou cinq bagnoles qui sont détruites là. Vous êtes assuré ? Vous réalisez rien du tout en fait. » L’homme répond : « Non mais je suis pas méchant, je suis comme ça mais bon. Je fais le con et je suis con. Je suis con. Oui, je fais le mal à personne. »

Marvin insiste : « Vous avez fait le mal à personne ? Vous avez vu comment il fait noir là dans la ville ? Il y avait quelqu’un qui traversait. » Le conducteur : « Ouais, je reste gros mais j’assume. Je suis honnête. Chef, c’est comme ça. Je fais le con, j’assume. »

Les peines pour refus d’obtempérer ? Jusqu’à 3 ans de prison et 75 000 € d’amende. « Ah bah, il risque de l’emprisonnement. Euh, il risque une lourde amende avec aussi des peines complémentaires. Donc, il risque très gros quand même. »

Un phénomène national — et meurtrier

Les refus d’obtempérer ont doublé en dix ans. On en compte désormais un toutes les 20 minutes. Près de 27 000 chaque année. « Il y a toujours de dangereux criminels, parfois monsieur ou même madame tout le monde. »

Intervention délicate pour les forces de l’ordre, qui doivent interpeller les fuyards sans provoquer de carambolages. Dans certains départements, les courses-poursuites sont tout simplement interdites. « On a des collègues aujourd’hui qui ne peuvent plus travailler. C’est simple, c’est clairement ça. »

Parfois, ces fuites se terminent par des tirs. En 2022, ils ont fait 13 morts — six fois plus que l’année précédente. Une loi récente encadre l’usage des armes par les policiers, mais la question reste ouverte : « Le policier qui ouvre le feu sur un refus d’obtempérer, il ne peut jamais savoir quelle sera l’appréciation judiciaire du tir qu’il va faire. »

Sources

  • Caméras de la ville
  • Témoignage du policier Marvin
  • Statistiques policières (27 000 par an, un toutes les 20 minutes)

📰Source :YouTube

Par la rédaction de Le Dossier

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