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Rapport Faucillon : 500 morts en Manche et un taux d'interception qualifié de « pifomètre »

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-10
Illustration: Rapport Faucillon : 500 morts en Manche et un taux d'interception qualifié de « pifomètre »
© YouTube

Cinq cents morts. Ce n'est pas une statistique — c'est le nombre de vies perdues dans la Manche depuis le début des années 2000. Le rapport remis hier par la députée Elsa Faucillon les aligne un à un. 89 en 2024. 42 en 2025. Déjà des nouveaux corps en 2026. Derrière ces chiffres : une politique d'empêchement systématique, 34 accords bilatéraux jamais soumis à l'Assemblée, et un taux d'interception que la rapporteure appelle « pifomètre ». Voilà.

500 morts, des familles sans réponse

Au moins 500 migrants sont morts en tentant de traverser la Manche depuis les années 2000. Le chiffre est officiel — mais partiel. « Il y a des familles aujourd'hui qui cherchent toujours leurs proches, et des corps jamais retrouvés », dit Elsa Faucillon. Les disparus ne sont pas comptés.

Jusqu'en 2018, les tentatives étaient presque toutes terrestres. Depuis 2021, elles sont maritimes. Des small boats — ces embarcations de fortune où s'entassent hommes, femmes, enfants. Entre 2022 et 2025, le nombre moyen de passagers par bateau a grimpé de 70 %. Aujourd'hui : 63 personnes par embarcation.

Pourquoi ce basculement ? Parce que tous les accès terrestres ont été verrouillés. L'Eurostar, les ferries, les camions — tout est surveillé : caméras thermiques, barbelés, murs. « Vous pouvez mettre tous les murs que vous voulez, tous les barbelés, explique Faucillon. Quand il y a un élan de vie qui conjugue désespoir et détermination, les personnes passeront toujours. La question, c'est qu'en mettant des obstacles, vous rendez les routes plus dangereuses. »

34 accords, zéro vote

Le 4 février 2003, la France et le Royaume-Uni signent les accords du Touquet. Objectif : empêcher les passages. Depuis, 34 accords bilatéraux ont été conclus. Aucun soumis au vote de l'Assemblée nationale.

« C'est rendu possible, explique Faucillon. Les accords comme celui-ci peuvent être soumis au Parlement, mais ils peuvent ne pas l'être. » Elle ajoute : « Il n'y a pas eu la volonté des gouvernements successifs. »

Pourquoi cette opacité ? La députée avance une hypothèse : « Le gouvernement français veut être tranquille pour mener sa politique. Il considère que ça se passe entre ministère de l'Intérieur et ministère de l'Intérieur, qui a du fric, et qu'on gardienne. Ce n'est pas tellement politique, plus une histoire d'affaires courantes à régler. »

Le rapport pointe une absence totale de contrôle démocratique. « Il n'y avait pas eu d'évaluation ni même de contrôle parlementaire, insiste Faucillon. Beaucoup d'opacité financière aussi, sur laquelle il fallait lever le voile. »

La stratégie « zéro point de fixation » : des instructions orales

Depuis dix ans, une stratégie s'applique sur le littoral : le « zéro point de fixation ». Empêcher les migrants de s'installer durablement, les maintenir en errance, les harceler pour qu'ils renoncent.

Problème : cette stratégie n'a jamais été écrite. « Aucune instruction écrite, aucune circulaire. »

📰Source :YouTube

Par la rédaction de Le Dossier

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