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Rafiki Fariala : du statut de réfugié à la réalisation de Congo Boy

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-26
Illustration: Rafiki Fariala : du statut de réfugié à la réalisation de Congo Boy
© YouTube

Bangui, premier acte

Douze ans. C'est l'âge qu'avait Rafiki lorsqu'il a fui la RDC pour Bangui avec ses parents. Un détail qui change tout : ces derniers finiront derrière les barreaux en Centrafrique. Le pays deviendra bien plus qu'une terre d'accueil — le laboratoire de ses futurs films.

Premier court-métrage en 2021 : Nous étudiants. Déjà cette pulsion musicale qui caractérise son style. Avec Congo Boy, présenté à Cannes, il franchit un cap. La fiction comme armure, mais aussi comme miroir.

Chercher son double à l'écran

"J'ai passé des mois à chercher". Rafiki se souvient des centaines d'essais ratés avant de tomber sur Bradley Fiamona, 17 ans. Même âge que Fariala à son arrivée en France. Même parcours d'exilé. "(oui, vous avez bien lu) L'acteur principal n'est pas un professionnel — juste un gamin dont la vie ressemble à la mienne."

Tourner à Bangui ? Une épreuve. Les curieux envahissent le plateau, les figurants débarquent à l'improviste. "Nous ne sommes pas un pays de cinéma", lâche-t-il dans un sourire. Pourtant, l'équipe technique comptait majoritairement des Centrafricains. Preuve qu'une industrie pourrait naître ici.

Et pourtant. Pas d'école de cinéma sur place. Juste la rencontre décisive avec Boris L'kin, réalisateur français devenu mentor. "Je ne suis pas le seul à Bangui", insiste Fariala. Comme si la rareté des moyens doublait la force des vocations.

"Je serai toujours le jeune réfugié"

La phrase tombe, brutale. Même sous les projecteurs de Cannes. Même avec les critiques élogieuses. Le statut de réfugié, c'est comme une seconde peau qu'on ne peut arracher.

"Quand on est réfugié, on est un prisonnier". La métaphore frappe. Exilé en France après la censure de son film en Centrafrique, Fariala connaît le poids des frontières. Mais Congo Boy change la donne. Message aux exilés : "On peut recréer sa vie ailleurs".

L'exil à hauteur d'homme

"Arrêtez de voir les réfugiés comme des mendiants". Rafiki martèle son credo : l'exil ne se résume pas au trajet Afrique-Europe. "Il y a ceux qui fuient un pays africain pour un autre — et leur histoire compte tout autant."

Sortie le 25 novembre. Congo Boy n'est pas qu'un film. C'est un passeport intime. Celui d'un homme qui exige qu'on le regarde enfin pour ce qu'il est : un cinéaste, point final.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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