Louis Aliot reste maire de Perpignan : le RN évite le séisme judiciaire

La décision qui sauve son fauteuil
Aliot peut rester maire. La cour d'appel de Paris l'y a autorisé ce mardi 7 juillet 2026. En première instance, il avait écopé de trois ans d'inéligibilité — une peine qui, si elle avait été exécutoire, l'aurait contraint à quitter l'hôtel de ville. En appel, cette peine est ramenée à deux ans, intégralement assortie du sursis. L'amende passe de 8 000 à 5 000 euros (source : RTL).
Selon Le Figaro, l'élu « envisage un pourvoi en cassation ». Pourquoi ? Parce que même avec sursis, la condamnation reste une tache sur son parcours politique. Aliot n'a jamais cessé de clamer son innocence. Il dénonce un procès politique. Ses avocats parlent d'une « extrême sévérité » du premier jugement. La cour d'appel semble leur donner raison en adoucissant la peine — mais elle ne relaxe pas l'ancien vice-président du Front national. Les juges confirment sa participation au système présumé de détournement de fonds européens.
L'affaire des assistants parlementaires est tentaculaire. Le parti — alors Front national — est accusé d'avoir utilisé des fonds alloués par le Parlement européen pour rémunérer des assistants qui travaillaient en réalité pour la structure politique en France. Les montants en jeu sont considérables. Aliot était poursuivi pour avoir embauché des assistants fictifs, ou du moins dont le travail n'était pas celui prévu par le mandat européen.
Le 7 juillet 2026, la cour d'appel a rendu son arrêt. Un arrêt qui sauve son mandat. Mais qui laisse planer une menace : le parquet pourrait également se pourvoir en cassation, demandant une peine plus lourde. Pour l'instant, Aliot est le seul à avoir annoncé un recours.
La condamnation de première instance : un couperet évité
Mars 2025. Louis Aliot est condamné à dix-huit mois de prison, dont six ferme. L'amende : 8 000 euros. Surtout, il écope de trois ans d'inéligibilité sans exécution provisoire (source : Le Figaro). Cette décision s'inscrit dans le procès des assistants parlementaires européens du Front national — devenu Rassemblement national. Le tribunal avait estimé les faits établis. Aliot avait fait appel, comme plusieurs autres cadres du parti.
La sévérité du premier jugement aurait pu le contraindre à quitter son poste — mais sans exécution provisoire, il a pu rester maire en attendant l'appel. Une fenêtre de tir, qu'il a utilisée.
Voilà le paradoxe : condamné lourdement, il s'est maintenu. Et même, il s'est fait réélire.
La réélection : un plébiscite local
Entre-temps, les électeurs perpignanais ont parlé. En mars 2026, Louis Aliot remporte les élections municipales dès le premier tour. Il obtient 50,61 % des suffrages exprimés (source : ici.fr). Sa liste rafle 43 des 55 sièges du conseil municipal. Un plébiscite local qui contraste avec les affaires judiciaires.
Aliot exploite ce score. Il argue que la volonté populaire doit primer. Les juges d'appel en ont-ils tenu compte ? La décision rendue le 7 juillet semble confirmer que oui. La peine d'inéligibilité avec sursis n'empêche pas l'exercice d'un mandat en cours.
Cette réélection a-t-elle influencé les magistrats ? La question reste ouverte. En France, la loi interdit aux juges de tenir compte du résultat des urnes. Mais certains observateurs estiment que le contexte électoral peut créer une pression politique. La cour d'appel a choisi une solution qui préserve le mandat de l'élu, tout en maintenant une condamnation.
Aliot et ses soutiens répètent que les habitants de Perpignan lui ont renouvelé leur confiance en toute connaissance de cause. « Les Perpignanais ont tranché », disent-ils. Mais la justice a tranché aussi. Et le pourvoi en cassation est une manière de prolonger le bras de fer.
Le pourvoi : un ultime recours
Louis Aliot annonce son intention de se pourvoir en cassation. Selon Le Figaro, il « envisage » cette voie. Une décision qui n'a rien d'évident. La Cour de cassation — plus haute juridiction de l'ordre judiciaire — ne rejuge pas les faits. Elle vérifie si la loi a été correctement appliquée. Si elle casse l'arrêt, l'affaire repart devant une autre cour d'appel. Un nouveau procès en perspective, qui pourrait prendre des mois, voire des années.
Aliot a-t-il des chances ? Difficile à dire. Les pourvois en matière pénale ? Fréquents. Mais rares sont ceux qui aboutissent. Les motifs peuvent être procéduraux : vice de forme, erreur de qualification juridique, non-respect des droits de la défense. La défense d'Aliot pourrait contester la régularité des preuves ou l'interprétation du statut d'assistant parlementaire.
Jusque-là, la condamnation d'appel n'est pas définitive. Louis Aliot reste donc maire, présumé innocent jusqu'à l'épuisement des voies de recours. Mais si la condamnation devenait définitive, que se passerait-il ? La peine d'inéligibilité avec sursis n'est pas exécutoire immédiatement — elle ne le devient qu'après le rejet du pourvoi. À ce moment-là, Aliot pourrait être contraint de quitter son mandat, à moins que le sursis ne le permette pas. La situation reste floue juridiquement.
Le RN et l'échéance de 2027
Louis Aliot n'est pas un maire ordinaire pour le Rassemblement national. Il est l'un des rares élus à diriger une grande ville — Perpignan, préfecture des Pyrénées-Orientales, avec près de 120 000 habitants. Pour le parti, le garder à la mairie est un atout précieux à un an de la présidentielle de 2027. Le RN a besoin de vitrines locales pour crédibiliser son discours de « parti de gouvernement ». Perdre Aliot aurait été un coup dur.
La décision de la cour d'appel offre donc un répit au parti. Mais l'affaire judiciaire n'est pas terminée. Les autres prévenus, dont certains sont des cadres historiques, attendent aussi leur sort. Le procès en appel du RN est l'un des plus importants de la vie politique française récente. Il met en lumière la porosité entre les financements européens et les comptes du parti.
Reste une question : que devient le reste des condamnés ? Les autres peines — on attend encore les détails. Mais une chose est sûre : Louis Aliot a sauvé son mandat. Pour combien de temps ? L'enquête continue.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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