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JusticeÉpisode 3/1

Samuel Paty : l'avocat Villemin a-t-il trahi la mémoire du professeur ?

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-14
Illustration: Samuel Paty : l'avocat Villemin a-t-il trahi la mémoire du professeur ?
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"Le cours de Samuel Paty était discriminatoire." Janvier 2026. La salle d'audience retient son souffle. Francis Villemin, l'homme qui a défendu Papon et Carlos, vient de lâcher cette phrase. Dix mots. Dix mots qui ressemblent à une justification posthume de l'assassinat.

Quand la défense bascule dans l'offensive

Villemin n'est pas seul. À ses côtés, trois autres avocats — dont Vincent Brengarth, figure de la gauche radicale, et Wadie Lamamra, habitué des dossiers islamistes. Leur stratégie ? Attaquer frontalement la mémoire du professeur.

Un mois avant l'audience, ils annonçaient la couleur lors d'une conférence de presse. Leur cible : le cours sur les caricatures. Leur argument : un prétendu "acte discriminatoire". Calcul froid ou conviction sincère ? Difficile à dire. Mais l'effet est immédiat.

Les proches de Samuel Paty ont vu rouge.

"C'est faire le jeu des assassins"

La réaction de Francis Spinner, avocat de la famille, fuse comme un coup de feu : "Qualifier ce cours de discriminatoire, c'est signer l'arrêt de mort de la liberté d'expression." Virginie Le Roy enfonce le clou : "Ils instrumentalisent une victime pour sauver un client."

Et pourtant. La cour d'appel confirmera les 15 ans de prison pour Sefrioui, mais réduira les peines de ses complices — 16 ans devenant 6 pour l'un, 7 pour l'autre. Des décisions qui font grincer des dents.

2015-2026 : onze ans de fractures

L'ombre de Charlie plane toujours. Depuis 2015, chaque procès terroriste ravive les mêmes questions. Jusqu'où peut aller un avocat ? Où s'arrête la défense ? Où commence la réécriture de l'histoire ?

Samuel Paty est mort pour avoir montré des dessins. Des dessins. Voilà.

Aujourd'hui, son cours devient un prétoire. Sa pédagogie, un crime. Sa mémoire, un champ de bataille judiciaire. Villemin a-t-il franchi la ligne ? La réponse est dans les faits : un homme est mort pour avoir enseigné la liberté.

Et ça, aucun procès ne l'effacera.

Par la rédaction de Le Dossier

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