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Bali Bagayoko : le 'droit de siffler la Marseillaise' – une polémique qui ravive les clivages

Par la rédaction de Le Dossier · 25 JUIN 2026

« Siffler la Marseillaise quand la France se déshonore par ses actes à l'international, c'est un droit à la réplique populaire. » C'est ce qu'a déclaré Bali Bagayoko, maire de Saint-Denis, au journal L'Opinion. Cette déclaration a provoqué des réactions vives, à droite comme à l'extrême droite.

Les propos qui font polémique

Bali Bagayoko n'a pas parlé de la Coupe du monde de football. Il réagissait aux sifflets qui avaient visé la Marseillaise lors d'un match au Stade de France. Le maire, issu de La France insoumise, a tenté d'expliquer le geste : « Je ne suis pas pour que l'on siffle la Marseillaise. Je n'ai jamais sifflé la Marseillaise. Je ne peux que la chanter. En revanche, ma responsabilité, c'est d'aller chercher à comprendre pourquoi. » Pour lui, siffler l'hymne national peut être une forme d'expression politique — un « droit à la réplique populaire » — lorsque la France commet des actes jugés contraires à ses valeurs.

Bagayoko a cité le silence de la justice : « Depuis, malheureusement les sifflements n'ont pas cessé. Il n'y a eu aucun acte de sanction à l'égard de celles qui auraient sifflé. » Il dénonce une « hypocrisie ».

Réactions politiques

Franck Allisio, député du Rassemblement national, a déclaré : « Quand on est un élu de la République, on ne siffle pas la Marseillaise, on la respecte. On respecte les symboles de la République, on respecte le drapeau. Monsieur Bagayoko a été élu pour être maire de Saint-Denis, c'est le carton rouge que je lui adresse. » Allisio a qualifié Bagayoko de « porte-parole de la provocation permanente ». Allisio avait été battu aux municipales de Marseille par Benoît Payan (PS).

Sur CNews, la chroniqueuse Pauline de Balerbe a déclaré : « Ce n'est pas un dérapage, c'est une stratégie politique. » La chaîne a évoqué un « discours de guerre civile ». « On est au cœur même de la détestation de très nombreux Français qui ne demandent qu'à vivre en paix », a-t-on entendu sur l'antenne.

Le Figaro a rappelé l'évolution de Karim Benzema sur la question de l'hymne. Le joueur, qui ne chantait pas la Marseillaise, a expliqué : « La Marseillaise, si vous l'écoutez bien, appelle à faire la guerre et ça ne me plaît pas. » Zinedine Zidane ne chantait pas non plus. « Les polémiques sur la Marseillaise touchent surtout les héritiers de l'immigration », a observé le commentateur.

Le droit, la loi et la réalité

Selon la vidéo source, il existe un délit d'outrage à l'hymne national, datant de 2003, créé par Nicolas Sarkozy après les sifflets du match France-Algérie en 2001. L'article du code pénal prévoit des sanctions. Mais la justice ne l'a jamais appliqué. En 2008, lors d'un match France-Tunisie où la Marseillaise a été huée, aucune condamnation n'a été prononcée. « Sur le papier, on n'a pas le droit ; dans les faits, la justice a d'autres choses à faire », résume la vidéo.

Bagayoko a donc raison sur un point : les siffleurs ne sont jamais sanctionnés. La loi existe, elle est inappliquée.

La Marseillaise, histoire d'une instrumentalisation

La Marseillaise a été chantée à la fois sous Vichy et par la Résistance. Les communards la chantaient sous le feu des Versaillais. En Algérie française, elle accompagnait la répression des indépendantistes. « Il y a en fait des Marseillaises dans le sens politique varié qui la chante », note la vidéo. L'extrême droite elle-même a longtemps haï l'hymne, car c'était celui de la République et de la révolution. Interdite par les nazis de 1940 à 1944 dans la zone occupée, elle est aujourd'hui brandie comme un symbole. Le RN, fondé par d'anciens collaborateurs, donne des leçons de Marseillaise. « Le RN nous donne des leçons de Marseillaise alors que l'extrême droite a longtemps haï l'hymne », souligne la vidéo.

Double standard ou privilège ?

Trois mois avant cette polémique, Gilles Simeoni, maire de Bastia, avait refusé de porter l'écharpe tricolore au nom de son combat pour l'autonomie de la Corse, sans déclencher de drame national. « Le privilège corse sans doute », ironise le commentateur. « Le privilège des racisés, pour reprendre les mots de Gonadelle, c'est d'être suspecté de ne jamais être assez français. »

Bagayoko, issu de l'immigration, est maire de Saint-Denis, où la Marseillaise a été sifflée. « C'est pas un hasard si ça tombe sur Bali Bagayoko et sur l'équipe de France qui est depuis la fin de la seconde guerre mondiale la vitrine des vagues d'immigration successives », affirme la vidéo.

Les enjeux électoraux

La polémique s'inscrit dans le débat sur l'identité nationale et l'immigration. Le contexte de la présidentielle est évoqué dans la vidéo source.

Un exemple de protestation

La vidéo rappelle que pendant la guerre du Vietnam, les militants pacifistes américains huaient la bannière étoilée. « Ils n'étaient pas anti-américains, ils étaient anti-guerre du Vietnam », selon la vidéo.

📰Source :YouTube

Par la rédaction de Le Dossier

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