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Zurich : un père séquestrait ses deux fils de 8 et 11 ans dans un appartement verrouillé

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-13
Illustration: Zurich : un père séquestrait ses deux fils de 8 et 11 ans dans un appartement verrouillé
© Illustration Le Dossier (IA)

Deux enfants ont passé des mois enfermés dans une pièce à Zurich — sans accès à la nourriture, à l'eau ni aux toilettes. Leur père les y laissait chaque jour avant d'aller travailler. L'affaire a été révélée par le quotidien suédois Dagens Nyheter le 10 août.

L'appartement de l'horreur

En février 2026, la police suisse intervient dans un appartement zurichois. À l'intérieur, deux garçons de 8 et 11 ans. Ils sont seuls. La porte de leur chambre est verrouillée par un cadenas. Les fenêtres sont occultées. Selon Dagens Nyheter, les enfants n'avaient accès ni à la cuisine, ni aux toilettes. Ils ne pouvaient ni boire ni manger.

Une forte odeur d'urine régnait dans la pièce, laissant penser que les enfants y faisaient leurs besoins.

Leur père les séquestrait ainsi chaque jour pendant qu'il se rendait à son travail.

Vingt-six signalements

Depuis 2019, les crèches, les écoles et la police de la région de Stockholm avaient adressé 26 signalements aux services sociaux suédois. Une quinzaine d'enquêtes ont été ouvertes sur la situation des enfants.

En 2022, la mère avait obtenu la garde exclusive des deux garçons. Deux ans plus tard, le père a décidé de les emmener vivre en Suisse — en violation d'une interdiction de voyager imposée par les services sociaux suédois.

C'est un signalement du propriétaire de l'appartement zurichois qui a mis fin au calvaire. Selon la source, c'est lui qui a alerté la police. Les enfants ont été retrouvés et mis en sécurité.

La mère dit tout ignorer

Face à la justice suédoise, la mère de famille a déclaré qu'elle ignorait tout des conditions de vie de ses fils à Zurich.

Ce que cette affaire dit de l'Europe

Ce fait divers zurichois n'est pas français. Mais il interroge directement le système de protection de l'enfance qui prévaut dans toute l'Europe occidentale — y compris en France.

Vingt-six signalements. Une quinzaine d'enquêtes. Aucune intervention.

Comment expliquer qu'aucune autorité n'ait jugé utile de retirer les enfants, malgré des alertes répétées sur plusieurs années ? Les services sociaux, en Suède comme en France, préfèrent ne pas intervenir plutôt que de commettre une erreur qui leur serait reprochée.

Ce n'est pas un cas isolé. En France, l'affaire de l'enfant de 3 ans mort de faim à Montreuil avait déjà mis en lumière les failles du système. Des signalements avaient été faits. Personne n'était venu.

La différence, ici, c'est la dimension transnationale. Le père a pu traverser une frontière avec ses enfants, en violation d'une interdiction de voyager, sans être inquiété. Les bases de données européennes n'ont pas fonctionné.

Une question demeure : combien d'autres enfants vivent enfermés, aujourd'hui, sans que personne ne les entende ? Les signalements existent. Les enquêtes aussi. Ce qui manque, c'est la volonté d'agir.

Sources :

  • Dagens Nyheter
  • Midi Libre

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Par la rédaction de Le Dossier

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