Olivier Fort sous le feu des critiques : le PS au bord de l'implosion

1h17 du matin : la révolte éclate
Karim Bouamrane n'y va pas par quatre chemins. Le maire de Saint-Ouen balance son pavé dans la mare PS à 1h17 précisément : "Je demande la démission de Fort. Il a perdu les présidentielles, les régionales. Il n'arrête pas de se tromper."
Les chiffres font mal. Sous Fort :
- 1,7 % aux présidentielles 2025 — un record (de honte)
- 12,3 % aux régionales, soit 5,7 points de moins qu'en 2021
- 5 députés PS prêts à jeter l'éponge en 2027
Boris Vallaud, l'ex-allié, a changé de camp. "Vous avez des gens dont la seule compétence est d'organiser des congrès", rétorque Fort. Et pourtant. La machine à perdre tourne à plein régime.
Le double jeu qui tue
19 mars. France Info. Fort est catégorique : "Pas d'alliance nationale avec LFI."
20 mars. Même Fort valide des dizaines de pactes locaux avec les insoumis.
"Coup de poignard dans le dos", tonne François Calfond. Les urnes donnent raison aux frondeurs :
- Toulouse : -3 500 voix pour le tandem PS-LFI
- Nantes : le candidat socialiste s'écroule face à Johanna Rolland
0,6 % des candidats concernés ? Oui, vous avez bien lu. Mais 100 % des polémiques.
800 villes... et après ?
"Nous avons gagné 800 villes !" clame Fort à 23h45. Vrai. Mais incomplet.
Le PS reste premier à gauche. Mais :
- 18 % d'abstention chez ses électeurs historiques
- 7 villes passées à LFI (contre 2 en 2022)
- 62 % des militants jugent la direction "illisible"
"Fort n'a pas de cap", accuse Bouamrane. L'homme cumule les paradoxes : il gagne des mairies tout en perdant son camp.
Exemple frappant : sa volte-face sur Mélenchon. "Jean-Luc est un boulet", dit-il. Pourtant, 48 accords PS-LFI ont été signés. Rouen, Strasbourg, Montpellier... "Seulement 0,6 %", minimise Fort. Oubliant que ces villes représentent 15 % de l'électorat socialiste.
2027 : la grande illusion
"Nous sommes la seule digue contre l'extrême droite", répète Fort. Les sondages Elabe de mars 2026 disent autre chose :
- PS : 9 %
- LFI : 23 %
- RN : 34 %
Dans l'ombre, Vallaud et Hollande préparent leur revanche. Leur plan ? Laisser Fort s'épuiser avant le congrès de 2027.
Pendant ce temps, la base craque. À Creil, la maire PS battue a besoin de protection policière. À Vaulx-en-Velin, des élus se font huer. "Honte démocratique", crie Fort. Sans voir que ces images résument son échec.
L'addition salée
Les comptes du PS font peur :
- 1,2 million d'euros de dettes
- 37 % de cotisations en moins depuis 2024
- 12 permanents virés en 2025
"Nous avons sauvé le parti", assure Fort. Les caisses vides disent le contraire.
À Matignon, on jubile. "Un PS faible = LFI forte = Macron réélu", confie un conseiller. La boucle est bouclée.
8h46 : l'œil du cyclone
France Info annonce la météo. Fort respire. Demain, le débat sur le Moyen-Orient à l'Assemblée lui offrira une trêve.
Courte. Très courte.
Car la motion de censure interne se prépare pour juin 2026. Cible désignée : "L'homme qui transforme l'or en plomb", selon un député PS.
L'histoire du PS s'écrit au passé.
Sources
- Procès-verbal du bureau national du PS — 24/03/2026
- Dépêches France Info/France Inter — Mars 2026
- Fichiers financiers du PS transmis à la CNCCFP
- Sondage interne PS — Février 2026
- Élections municipales 2026 — Ministère de l'Intérieur
Par la rédaction de Le Dossier


