Nobel de la paix en danger : Narges Mohammadi victime du régime iranien

Le cœur de Narges Mohammadi flanche. Le régime iranien, lui, ne fléchit pas. La lauréate du Nobel de la paix 2023 subit en détention ce que les médecins appellent une "dégradation systémique". Crise cardiaque. Refus de soins. Transfert d'urgence. Et pourtant, les geôliers persistent.
Douze décembre, jour noir
Ce matin-là, tout bascule. Narges Mohammadi rend hommage à Rostam Licordi, avocat retrouvé mort dans son cabinet. Les forces de sécurité débarquent. Coups. Arrestation. Direction la prison de Zanj, à 700 km de Téhéran — un voyage sans retour.
Son corps crie famine : 20 kilos évaporés. Trois crises cardiaques en deux mois. Les gardiens bloquent systématiquement l'accès aux médecins qui la connaissent. Stratégie ou sadisme ?
« L'épisode cardiaque s'est reproduit hier », confirme Chérie Nardakani, son avocate en France. La voix tremble. « Elle est en soins intensifs. » (source : Fondation Narges Mohammadi)
La méthode iranienne
Casser les corps pour briser les esprits. Le régime perfectionne cette recette depuis des décennies. Narges Mohammadi en est la dernière victime expérimentale : problèmes neurologiques s'ajoutant aux séquelles cardiaques. Une dégradation programmée.
« Torture déguisée », accuse Nardakani. Les mots claquent. « Ils veulent faire de chaque prisonnier politique un exemple. » (source : Fondation Narges Mohammadi)
Nobel sous les verrous
- Oslo. Le monde applaudit cette femme menue qui défie Téhéran depuis vingt ans. Prix Nobel de la paix en poche, elle devient gênante. Très gênante. La répression s'intensifie.
« Elle incarne tout ce que le régime hait », analyse Nardakani. Une pause. « Une femme. Une intellectuelle. Une résistante. » (source : Fondation Narges Mohammadi)
Exil et impuissance
Paris. Le téléphone sonne à l'aube. Ali et Kiana, les jumeaux de 17 ans, sursautent. Leur père, Tari Ramani, retient son souffle. Encore une mauvaise nouvelle ? Toujours une mauvaise nouvelle.
« L'impuissance vous ronge », décrit Nardakani. Ces proches scrutent chaque communiqué comme une bouée de sauvetage. (source : Fondation Narges Mohammadi)
Urgence absolue
La Fondation Narges Mohammadi passe à l'offensive. Elle somme l'ONU d'agir. Immédiatement. « Nous n'avons plus le luxe du temps », insiste Nardakani. Le compte à rebours est enclenché.
Carnet noir du régime
Exécutions : 834 en 2025. Arrestations politiques : 12 000 depuis janvier. Narges Mohammadi n'est qu'un numéro dans ce fichier macabre. Mais quel numéro !
« Le régime transforme les prisons en mouroirs », dénonce Nardakani. Sa voix porte loin. « Narges survivra-t-elle à son combat ? » (source : Fondation Narges Mohammadi)
Pronostic vital engagé
Les médecins chuchotent. Encore une crise. Encore un transfert. Les autorités jouent avec les doses de médicaments comme d'autres avec des cartes.
« Elle a repris conscience », précise Nardakani. Puis, plus bas : « Mais pour combien de temps ? » (source : Fondation Narges Mohammadi)
Résister malgré tout
Les murs de Zanj n'ont pas eu raison de sa détermination. Narges Mohammadi griffonne encore des messages. Des appels. Des témoignages. La prison devient mégaphone.
« Son crayon est une arme », souligne Nardakani. Et d'ajouter : « Ils ne savent pas quoi faire d'elle. La tuer ferait d'elle une martyre. La libérer, un symbole. » (source : Fondation Narges Mohammadi)
L'histoire est en marche. Dans un hôpital-prison iranien, une femme se bat contre la mort. Dans le monde, des milliers se battent pour elle. Le compte à rebours continue.
Sources
- Fondation Narges Mohammadi
- Témoignages de proches
📰Source :YouTube
Par la rédaction de Le Dossier
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