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Politique

Netanyahou accusé d'avoir ignoré les alertes avant l'attaque du Hamas

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-15
Illustration: Netanyahou accusé d'avoir ignoré les alertes avant l'attaque du Hamas
© YouTube

Elles avaient prévu. Alerté. Elles n'ont pas été écoutées. Le 7 octobre 2023, le Hamas frappe Israël. Des centaines de morts, des milliers de blessés. Un traumatisme national. Deux ans plus tard, un documentaire dévoile les failles. Les responsabilités. Les erreurs. Et au cœur du scandale, Benjamin Netanyahou.

Ces guetteuses qu'on n'a pas voulu entendre

Des femmes. Des militaires. Des guetteuses. Depuis des mois, elles surveillaient la frontière avec Gaza. Leur mission ? Détecter les menaces. Entre juillet et octobre 2023, elles ont envoyé des rapports. Des alertes répétées. "Nous envoyions des rapports au quotidien", témoigne l'une d'elles dans le documentaire. "On ne savait pas ce qu'ils devenaient. C'était un dialogue à sens unique."

Elles avaient repéré des entraînements suspects. Des Palestiniens s'exerçaient sur des bâtiments marqués de l'étoile de David. Des simulateurs d'attaque. "C'était bizarre", explique une analyste du renseignement militaire. "On a dit : non, ce n'est pas possible."

Pourquoi ? L'armée israélienne croyait en sa barrière de sécurité. High-tech. Inviolable. Un milliard de dollars dépensés pour rien. "C'était une véritable passoire", dénonce Frédéric Hancel, géopolitologue. "Elles étaient là, c'était sympathique, mais on n'a pas voulu les entendre."

Et ce n'est pas rien. Ces guetteuses représentaient 33 % des effectifs militaires. Une armée moderne. Démocratique. Mais en haut de la chaîne, des généraux. Des hommes. "Ils ont ricané", poursuit Hancel. "C'étaient des femmes. Trop jeunes. Trop mignonnes. Elles ne savaient rien."

Le plan Mur de Jéricho : une menace sous-estimée

Janvier 2022. Les services de renseignement israéliens interceptent un document. Le plan Mur de Jéricho. Des schémas détaillés. Des entraînements de combattants palestiniens. Des bâtiments israéliens reproduits à l'identique. Une préparation minutieuse. Le document est jugé irréaliste.

"Pourquoi ? Parce que l'on croyait que le Hamas ne pouvait pas percer la barrière", explique Michel Goya, ancien colonel. "C'était inconcevable."

L'affaire commence ici. Les services de renseignement avaient les informations. Les preuves. Mais la croyance en la supériorité technologique a aveuglé. "Le dôme de fer est devenu un symbole mondial", rappelle un ancien officier. "Il nous a donné un sentiment d'invincibilité."

En juillet 2022, une analyste du renseignement militaire alerte à nouveau. Les entraînements continuent. Les bâtiments ressemblent à ceux d'Israël. "On a dit : non, ce n'est pas possible."

Les alertes se multiplient. Les rapports s'accumulent. Mais personne n'agit. Pourquoi ? L'armée israélienne était focalisée sur d'autres fronts. La Jordanie. L'Iran.

"L'armée était persuadée que la menace venait de là", précise Rina Bassiste, journaliste. "Elle a négligé Gaza."

Arrogance et suffisance : une culture militaire toxique

Le 5 octobre 2023. Israël commémore les 50 ans de la guerre de Kippour. Une célébration. Une fierté nationale. "On a tiré toutes les leçons", déclarent les responsables militaires. "Jamais une nouvelle guerre surprise ne pourra arriver."

Deux jours plus tard, le Hamas frappe. Une attaque massive. Des drones. Des combattants. Des tunnels. La barrière de sécurité est percée. Les bases militaires attaquées. Les kibbutzim envahis.

"Les Israéliens se réveillaient pour aller à la synagogue", raconte Bassiste. "Le Hamas a frappé au moment où ils étaient les plus vulnérables."

La réaction est lente. Les soldats mettent des heures à arriver. Les victimes se multiplient. "C'est un échec sécuritaire sans précédent", déplore Benjamin Petrover, journaliste. "Le pire de l'histoire d'Israël."

L'arrogance. La suffisance. Deux mots qui reviennent dans le documentaire. "On méprisait l'ennemi", reconnaît un ancien officier. "On croyait être invincible."

Michel Goya confirme. "Israël avait changé de stratégie dans les années 2000. On s'est replié derrière une barrière. On a cru pouvoir gérer les problèmes à distance."

Démissions et impasse politique : l'après-coup

Janvier 2025. Le général Hervi, chef d'état-major, démissionne. Trois généraux sont limogés. Trois colonels également. L'armée reconnaît ses erreurs. Elle mène ses enquêtes. Mais au niveau politique, rien.

"La seule personne qui n'est pas partie, c'est Benjamin Netanyahou", souligne Bassiste. "C'est lui que les Israéliens reprochent."

La population demande une commission d'enquête nationale indépendante. Netanyahou refuse. "J'ai une guerre à mener", répond-il. "On verra plus tard."

L'impasse politique est totale. Les sondages montrent que le Likoud, le parti de Netanyahou, ne peut pas former une majorité. Mais la gauche non plus. Israël est divisé. Profondément.

"Netanyahou se renforce dans les sondages", explique Bassiste. "Mais il n'a pas de majorité."

Et si la guerre en Iran changeait la donne ? "Netanyahou pourrait s'en sortir une fois de plus", prédit Hancel. "Il est insubmersible."

Une histoire qui se répète

Le 7 octobre 2023. Une date qui résonne avec le 6 octobre 1973. La guerre de Kippour. Une surprise. Une défaite initiale. Une commission d'enquête. Des démissions.

"C'est exactement la même situation", constate Bassiste. "On est tombé une deuxième fois."

Les leçons n'ont pas été tirées. L'arrogance a perduré. La suffisance aussi. "On ne peut jamais partir vainqueur à la guerre si on mésestime l'ennemi", conclut Petrover.

Les Israéliens demandent des comptes. Ils veulent des réponses. Mais Netanyahou reste. Il refuse d'assumer. Et l'histoire se répète. Encore et encore.

Par la rédaction de Le Dossier

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