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Naufrages en série au Finistère : mines de la Seconde Guerre mondiale ou sous-marin fantôme ?

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-04
Illustration: Naufrages en série au Finistère : mines de la Seconde Guerre mondiale ou sous-marin fantôme ?
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Une nuit de cauchemar

10 mai 2011. Ville portuaire du Finistère. La ville dort encore quand les premiers marins-pêcheurs quittent le port pour rejoindre leur zone de pêche. L'équipage du Maéis — quatre marins expérimentés aux commandes d'un chalutier de 17 mètres en parfait état — part pour une journée qui va virer au cauchemar.

À 5h37, un SOS est reçu par un autre navire. Le Maéis sombre. Le naufrage fait un survivant : Laurent Branélec, 51 ans, qui s'accroche à une bouée. Il est le seul rescapé de cette mystérieuse série.

Durant son transfert au CHU de Brest, Branélec sombre dans un profond coma. Impossible de l'interroger.

C'est le quatrième accident en quelques mois. Des témoins parlent d'une force surnaturelle. Les procès-verbaux signalant une zone dangereuse au large d'Audierne sont nombreux. Les témoins — dont des gardes-côtes — sont fiables. Ils ont vu des éclairs sous l'eau, une forme qui surgit à la surface. Certains sont convaincus qu'il s'agit d'un engin de guerre revenu du passé.

Face à cette menace, la Section 13 — une unité spéciale de la gendarmerie — est appelée en renfort. Le général Carnau, qui la dirige, se souvient de cette enquête hors du commun.

« L'enquête se révèle extrêmement sensible et nous comprenons très rapidement que nous n'avons absolument pas le droit à l'erreur », rapporte-t-il.

Le Maéis n'était pas le premier navire à sombrer dans cette zone sans explication. L'Éole, Le Rouge et Le Bugalet Braise — trois autres bateaux de pêche — ont disparu sans laisser de survivants.

« Ça semble compliqué dès le départ parce que nous n'avons aucun élément concret », confie un enquêteur.

L'enquête sur ce dernier naufrage est extrêmement compliquée. L'épave n'a pas été localisée. Le seul survivant est entre la vie et la mort. Seule certitude : le chalutier aurait coulé en moins d'une minute — tout comme le Bugalet Braise, cinq mois plus tôt, qui avait fait scandale.

Le Bugalet Braise : un précédent qui interroge

15 janvier 2004. Le chalutier Le Bugalet Braise fait naufrage au large des côtes anglaises de la Cornouailles avec cinq marins à bord. Aucun survivant. L'affaire prend rapidement une dimension internationale. Les familles des disparus soutiennent que le chalutier a été accroché par un sous-marin.

Michel Rosemarie, journaliste spécialisé dans le paranormal, a suivi l'affaire de près. À l'époque, les premiers éléments de l'enquête étaient au cœur d'un véritable scandale médiatique. Les suspicions se portent vite sur une collision accidentelle entre le chalutier et un sous-marin militaire en manœuvre.

Malgré une enquête longue et fastidieuse, le mystère du Bugalet Braise n'est pas complètement élucidé.

Le commandant Lournec, experte en parapsychologie au sein de la Section 13, s'est longuement entretenue avec les témoins. Elle constate de nombreuses similitudes entre l'affaire du Bugalet Braise et le dernier naufrage, celui du Maéis.

« Le point qui retient le plus notre attention, c'est la répétition des naufrages dans cette zone », explique-t-elle. « Je sais toujours pas ce qui s'est passé. Le mystère est entier. »

D'après les échos radars des gardes-côtes, le Maéis a sombré comme les autres chalutiers, dans un même périmètre restreint — la zone maudite. Comme les autres, il aurait coulé en moins d'une minute.

« Ce qu'on a pu prouver, c'est que le Maéis a coulé en 57 secondes », affirme un enquêteur. « Autant dire que les marins n'avaient aucune chance de s'en sortir. »

Comment expliquer une telle vitesse ? Le lieutenant Echbari, responsable du pôle scientifique de la Section 13, s'est penché sur le naufrage du Maéis. Selon lui, plusieurs pistes rationnelles existent.

« De multiples hypothèses ont été envisagées, comme celle du filet de pêche qui serait resté accroché dans les sables au fond de la mer », détaille-t-il. « Certains parlent aussi de mauvaise manœuvre du commandant face à cette situation. »

Ce que les hommes de la Section 13 ne disent pas, c'est qu'ils veulent absolument trouver des explications — mais aussi éliminer la piste de l'intervention d'un sous-marin militaire.

« Il est vrai que nous redoutions cette option et le scandale qu'elle déclencherait — à savoir une nouvelle affaire Bugalet Braise », confie un membre de l'unité.

Les enquêteurs redoutent que le Maéis ait percuté un sous-marin. Et le ministère de la Défense ne veut pas qu'une affaire semblable au Bugalet Braise s'ébruite.

La colère gronde à Audierne

Après ce nouveau drame, les marins d'Audierne, excédés, ont décidé de mettre la ville — d'habitude si paisible — à feu et à sang. Ils étaient une trentaine en début de soirée dans la zone portuaire à s'en prendre à plusieurs établissements et véhicules appartenant à Yvan Prent, propriétaire d'une entreprise de pêche locale.

Les gendarmes ont dû faire sortir ce riche entrepreneur par l'arrière de ses locaux. Il n'a pas souhaité s'exprimer, mais selon nos informations, on lui reprocherait d'avoir envoyé ses hommes dans une zone maritime interdite.

Plutôt sceptique lorsqu'il découvre toutes ces informations, le capitaine Brunel part avec les autres membres de la Section 13 sur l'une des missions les plus dangereuses de sa carrière.

« On est averti au petit matin vers 7h environ et on arrive à Audierne 5h plus tard », raconte-t-il. « Avec tout ce qui s'était passé au paravent, on a préféré partir très vite à la requête de mes supérieurs. J'accompagne exceptionnellement mon équipe sur place. »

En l'espace de trois heures, les enquêteurs sont acheminés sur Audierne. À leur arrivée en début d'après-midi, une réunion de crise a lieu avec les autorités locales. Rapidement, ils doivent faire face à une population en colère. Des manifestations ont lieu dans le centre-ville. Les familles des marins disparus ont tenté de mettre le feu à l'entrepôt du propriétaire du Maéis, Yvan Prent.

« On comprend que l'affaire est très délicate », explique un enquêteur. « En fait, la population est très remontée contre l'armateur du Maéis, Yvan Prent. Les familles l'accusent d'avoir envoyé délibérément ses employés à la mort. »

Sur la trentaine de manifestants arrêtés ce jour-là, dix sont d'anciens employés d'Yvan Prent. Entendus à la gendarmerie d'Audierne, ils refusent de s'exprimer clairement au sujet des violentes dégradations commises sur le port. Michel Rosemarie a recueilli leur témoignage lors de leur libération, et ces hommes se sont alors réellement confiés.

À ce moment-là, aucun marin ne dit à la Section 13 ce qu'ils pensent réellement, de peur de passer pour des fous. Mais tous ont la même certitude : la zone de pêche où a sombré le Maéis est hantée et dangereuse. Et Yvan Prent le savait.

L'armateur et les écrevisses

Pour comprendre la colère des habitants, les membres de la Section 13 mènent une investigation de fond sur Yvan Prent — le propriétaire du Maéis qui a forcé ses hommes à se rendre dans cette zone que l'on dit maudite.

Sur les trois bateaux disparus depuis 2009, deux appartenaient à Yvan Prent. Et surtout, qui est cet homme qui, s'il croit à la légende du sous-marin, continue à envoyer ses hommes au casse-pipe ?

« Nous avons interrogé sa femme, sa famille, ses amis — pour tout dire, tout est passé », confie un enquêteur.

Très vite, la Section 13 en apprend beaucoup sur la vie de ce marin-pêcheur de 46 ans, bien connu de tous. « Monsieur Prent semble n'avoir rien à se reprocher », explique un enquêteur. « Il n'a touché qu'une très faible indemnisation suite à la perte de ces deux bateaux et, en clair, il a perdu non seulement ses hommes mais aussi beaucoup d'argent. »

« Nous avons étudié tous les comptes de la société de monsieur Prent et n'avons rien trouvé de suspect », ajoute-t-il. « Maintenant, je voulais comprendre pourquoi cet homme envoyait systématiquement ses bateaux et ses équipages dans cette zone alors qu'aucun autre pêcheur ne voulait y aller. »

La zone maudite est connue de tous les marins de la région et a été notifiée sur tous les documents et cartes maritimes internationales. Ce territoire a été balisé comme zone dangereuse à éviter. Ces dernières années, seul Yvan Prent y envoyait ses hommes pêcher.

« Je veux dire que c'est très perturbant cette histoire de territoire interdit », confie un enquêteur. « Et à ce moment-là de l'enquête, je me pose quand même des questions. Pourquoi prendre de nouveau un risque ? Pourquoi retourner dans cette zone maudite après avoir déjà perdu un chalutier et des hommes ? »

Et là, la réponse de Prent est ahurissante : les écrevisses. Il envoyait ses bateaux et ses hommes pêcher dans cette zone dangereuse pour les écrevisses. Une zone où aucun chalutier ne vient depuis presque soixante-dix ans — une mine d'or.

C'est donc par appât du gain qu'Yvan Prent envoyait ses hommes dans cette zone dite maudite. Une zone déclarée dangereuse car de nombreux naufrages inexpliqués y ont eu lieu, sans que personne ne sache jamais pourquoi.

Le témoignage du miraculé

Pour la première fois, les enquêteurs vont peut-être obtenir une réponse. Laurent Branélec, le seul rescapé du naufrage du Maéis, sort de son coma au bout de onze jours. Son incroyable témoignage va faire basculer l'affaire.

« La survie de Laurent Branélec et son témoignage incroyable sont le point de départ de cette enquête », explique un enquêteur. « Enfin, quelqu'un témoigne de ce qu'il a vu dans cette zone sur laquelle les pires rumeurs circulent. »

Le commandant Lournec, spécialiste en parapsychologie, se rend immédiatement au chevet du miraculé.

« J'ai obtenu l'autorisation des médecins en début d'après-midi pour parler à Laurent Branélec », raconte-t-elle. « Bien sûr, j'ai conscience qu'il est en état de choc. Manque d'éléments concrets à ce niveau de l'enquête. Et pour avancer dans nos investigations, ce témoin visuel va être capital. »

Que s'est-il passé dans la nuit du 10 mai 2011 au large du Finistère ? Comment le chalutier Maéis a-t-il sombré en quelques secondes alors que la météo était calme ?

Laurent Branélec raconte alors minute par minute le récit de cette nuit du 10 janvier — le naufrage du Maéis et ce qu'il a vu. Il est encore terrifié.

Laurent Branélec, marin-pêcheur expérimenté de 51 ans et père de six enfants, est entendu par le commandant Lournec. Encore très fragile et sous le choc, il livre aux enquêteurs un témoignage qui va faire éclater une vérité des plus terrifiantes.

« Je me souviens bien de cette femme des services spéciaux de la gendarmerie », témoigne-t-il. « J'ai raconté l'histoire tel que je l'avais vécu. Mais surtout ce que j'avais vu. »

Le marin Branélec va vivre un véritable cauchemar. À 5h30 du matin, le Maéis sur lequel il est embarqué se dirige contre sa volonté en direction de la zone maritime interdite.

« C'était ça ou la porte », explique-t-il. « C'est pour ça qu'il y en a certains qui ont démissionné. Avec le recul, jamais j'aurais dû accepter ça. »

À 5h45, Laurent Branélec est assoupi dans la cale arrière du chalutier. À l'étage, le commandant Thierry Harnois et deux autres marins-pêcheurs dirigent l'embarcation. Ils ne le savent pas encore, mais tous, excepté Laurent Branélec, vont périr.

« J'étais en train de dormir en bas. Il était 5h du mat à peu près. Il faisait une nuit. C'est Thierry qui gérait à ce moment-là », raconte-t-il. « Puis là on a entendu un énorme bruit. Des déflagrations — je saurais pas définir. En tout cas ça nous a réveillés en sursaut. Moi le premier réflexe je suis vite monté sur la passerelle. »

Thierry Harnois est l'homme de quart. Quand Laurent Branélec remonte sur le pont, Thierry est complètement paniqué.

« Thierry est à la barre, il bouge pas. Il est comme prostré, il regarde devant lui. Moi au début je comprends pas et je regarde la mer et puis là je le vois. »

Laurent Branélec décrit précisément ce qu'il voit arriver derrière eux et qui fonce droit sur le bateau. D'abord, une forme lointaine, blanchâtre, menaçante. Quand ça se rapproche, ça devient terrifiant — et ça ressemble à un sous-marin.

« Ça sort de la brume. Il y a comme des éclairs autour. Dans l'eau aussi, il y a de la lumière dans l'eau. Et puis d'un seul coup, on voit la tourelle du sous-marin. Là, avec Thierry, on peut plus bouger. On est tétanisé. »

D'abord, les deux marins sous le choc ne réagissent pas. Mais les choses empirent. Alors que Thierry Harnois et Laurent Branélec restent figés face à cette mystérieuse apparition, l'océan s'agite subitement, faisant dangereusement tanguer le chalutier. Il réalise alors qu'ils sont en danger de mort.

« On a entendu une première explosion. On a dû se faire shooter là. Torpiller. »

À ce moment-là, une seconde explosion se produit. Un choc extrêmement violent. Le bateau est touché. La coque s'ouvre et se remplit d'eau instantanément. C'est la panique totale sur le chalutier. « En fait, tout va super vite. Pas le temps d'aller chercher les copains. Je tombe la tête la première sur le pont. Le bateau commence à se pencher en arrière. On est tout seul, il y a de la brume là. Je me dis c'est la fin, on va tous passer là. Je tombe à la flotte. J'ai juste le temps d'agripper la bouée, de m'accrocher dessus comme je peux et puis je les entends, ils sont à l'intérieur, je les entends hurler. »

« Je suis face à un homme complètement brisé. Je suis obligé d'arrêter plusieurs fois l'entretien pour qu'il se calme. »

Laurent Branélec voit alors le bateau sur lequel il travaille depuis 23 ans couler en quelques secondes, emportant avec lui ses amis et collègues. Thierry Harnois, le capitaine, est parvenu à lancer un appel de détresse deux minutes avant d'être projeté par-dessus bord par la deuxième explosion.

« Ici le Maéis, nous avons été percutés par quelque chose. Je répète, nous avons été percutés, il y a une importante voie d'eau. Nous sommes en train de couler. »

« On réceptionne l'appel SOS du Maéis donc à 5h30 du matin. On met le cap sur la zone. On est à toute berzingue, toute vitesse et on est complètement paniqué. »

Cédric Guivarche, un marin pêcheur bien connu de la région d'Audierne, est le premier à répondre à l'appel de détresse et se rend immédiatement sur place pour porter secours au Maéis. Mais la brume épaisse rend l'opération de sauvetage quasi impossible.

« On arrive 40 minutes après et on voit rien. On trouve rien du tout. La mer est calme mais on voit rien. On voit rien du tout autour de nous. C'est horrible parce que je connaissais tous les potes qui travaillaient sur ce bateau et donc je peux pas abandonner, c'est pas possible pour moi. »

« À 400 m, j'ai essayé de crier mais rien qui sortait, j'en pouvais plus. J'espérais juste qu'il me voie. Et au moment où je me dis que c'est foutu, ben là je vois un truc rouge au loin flotter. »

Après plus d'une heure de recherche désespérée sur la zone du drame, l'acharnement de Cédric Guivarche paye enfin. L'équipage de la Coquille repère un objet flottant à la surface, une bouée, à laquelle Laurent Branélec est attaché.

« Quand j'ai compris qu'il m'avait vu, c'est le soulagement. Et là c'est mon pote, c'est Laurent. Il bouge un peu mais je pense qu'à 2 minutes près c'était foutu. Il est vivant. »

Les deux pêcheurs sauvent alors Branélec d'une mort certaine. En état d'hypothermie avancée, il est à moitié conscient. S'il n'est pas immédiatement réchauffé, il peut mourir d'un instant à l'autre. À cette époque de l'année, la température des eaux est aux alentours de 4 à 8 degrés. Un homme de corpulence moyenne peut y rester environ une heure maximum. Laurent Branélec est resté dans cette eau glaciale presque le double du temps.

À ce stade de l'enquête, toutes les pistes sont encore envisageables et l'équipe de la Section 13 étudie attentivement chacune d'entre elles. Que s'est-il passé cette nuit du 10 mai au large d'Audierne ? Le chalutier Maéis a-t-il coulé par accident ? Est-ce une série de problèmes techniques qui seraient à l'origine de ces drames ? Une piste criminelle peut-elle

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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