LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

Faits divers

Narco-livraison : Martinelli dévoile 3 900 cartes et une commission de 10%

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-15
Illustration: Narco-livraison : Martinelli dévoile 3 900 cartes et une commission de 10%
© Illustration Le Dossier (IA)

Le système derrière les fusillades

Onze coups de feu. Quatre jours d'intervalle. Deux villes.

Nice, lundi 11 mai 2026 : deux morts, six blessés. Nantes, jeudi 14 mai : un mort, deux blessés. Les fusillades ne sont plus des accidents. Elles sont le produit d'un système. Et ce système a un nom : la narco-livraison à domicile.

« On assiste à une explosion de la narco-livraison à domicile », lâche Damien Martinelli, procureur de la République de Nice, sur RTL ce vendredi 15 mai 2026. Il ne pèse pas ses mots. Il cite des faits.

À Nice, « on a quasiment chaque semaine un dossier concernant de la narco-livraison », poursuit le magistrat (Le Parisien). Ce n'est pas une petite délinquance. C'est un marché industriel.

Regardons les faits.

Le chiffre d'affaires du marché de la drogue en France atteignait près de 7 milliards d'euros en 2023, dont la moitié pour la seule cocaïne (ministère de l'Intérieur, via BFMTV). La narco-livraison n'est plus un service de confort. C'est le moteur principal du trafic. Et il s'emballe — chaque semaine apporte son lot de dossiers, de saisies, de victimes collatérales qui n'avaient rien demandé.

Les 3 900 cartes qui racontent tout

C'est là que ça devient intéressant.

Le 5 mai 2026, un gérant de trois commerces est interpellé à Nice. Il ne nie pas les faits. Pourquoi le ferait-il ? Les preuves sont là, numériques, irréfutables.

« Une exploitation des comptes par l'intermédiaire de près de 3 900 cartes ADA », détaille le procureur Damien Martinelli, cité par Le Figaro.

3 900 cartes. Pas cent. Pas mille. 3 900.

Chaque carte correspond à un client. Chaque client commande sa dose comme on commande une pizza — livraison en trottinette, en scooter, parfois à pied, avec une discrétion qui rend l'interception quasi impossible. Le commerçant, lui, prend sa commission : « 10 % sur chaque opération » (Le Figaro).

Dix pour cent. Sur des milliers de transactions.

Le système est rodé. Le consommateur commande par messagerie cryptée. Il paie par carte ADA — une carte prépayée anonyme qui ne laisse aucune trace bancaire classique. Le livreur arrive. La transaction dure trente secondes. Pas de contact avec le point de deal. Pas de risque pour l'acheteur.

Sauf que l'acheteur finance les fusillades. Directement. Avec sa carte prépayée.

Consommateurs : le procureur brise le tabou

Martinelli ne mâche pas ses mots. Il pointe la responsabilité des consommateurs. Franchement.

« Les consommateurs sont directement liés au trafic de stupéfiants » (Le Parisien). Ce n'est pas une opinion. C'est un constat judiciaire.

Voilà où ça se complique.

Car le consommateur-type n'est plus le toxicomane des clichés. C'est le cadre dynamique, l'étudiant, le retraité — celui qui commande un gramme de cocaïne sur Telegram et se fait livrer en trente minutes, comme un repas Uber Eats. Propre, rapide, efficace.

Mais ce confort a un prix. Et ce prix se paie en vies humaines.

Le prix, ce sont les morts de Nice. Les six blessés de lundi. Le mort de Nantes. Les mineurs qui tirent pour un territoire de deal — des gamins de 15 ans armés de pistolets automatiques, recrutés parce qu'ils sont faciles à manipuler et difficiles à condamner lourdement.

À Nice, entre 2014 et 2024, la part des mineurs condamnés pour trafic de stupéfiants est passée de 9 % à 29 % (RTL). Un triplement en dix ans. Ces enfants ne sont pas des dealers de cité. Ce sont des livreurs. Des petites mains du système.

Et ils tirent.

Narco-livraison : le business model de la mort

Comment fonctionne exactement ce trafic ? Le schéma est simple. Effroyablement simple.

Un point de deal traditionnel — un hall d'immeuble, une cité — génère des tensions visibles, des rivalités territoriales, des fusillades en plein jour. La narco-livraison, elle, dématérialise le trafic. Plus besoin de tenir un coin de rue. Plus besoin de se battre pour un territoire physique — tout se joue sur un écran de téléphone.

Il suffit d'un téléphone crypté, d'un réseau de livreurs en trottinette, et d'un commerçant complice pour blanchir l'argent.

« A été déposé par un véhicule, s'est rapproché en trottinette, il a fait feu et il est reparti en trottinette […] récupéré par un véhicule qui a pris la fuite » (Sud Ouest). Ce modus operandi, c'est celui des fusillades de Nice et Nantes.

La trottinette n'est plus un jouet. C'est un outil de guerre.

Le procureur Martinelli le sait. Ses services traitent « quasiment chaque semaine » un dossier de narco-livraison. Chaque dossier, ce sont des centaines de clients, des milliers de transactions, des millions d'euros qui circulent hors de tout contrôle fiscal ou

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Sur le même sujet