Mort de Lyhanna : la Ciivise somme le gouvernement d’appliquer ses 83 recommandations

Que demande la Ciivise ? L’application immédiate
« La Ciivise appelle le gouvernement à tirer toutes les conséquences de l’affaire Lyhanna en mettant en œuvre sans délai ses recommandations. » Voilà le message diffusé sur franceinfo. Une phrase sèche, lourde. La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants — le gouvernement l’a créée en 2021, après le choc Outreau — ne se contente pas d’un communiqué. Elle exige des actes.
Lyhanna. Un prénom qui hante l’actualité française. Les circonstances précises du drame ne sont pas détaillées dans notre source. Mais la Ciivise en a fait un symbole — la preuve que le système de protection de l’enfance est en lambeaux.
Pourquoi ce ton inflexible ? Les chiffres parlent d’eux-mêmes.
160 000 enfants chaque année. L’inceste n’est pas une exception, c’est une pandémie silencieuse. La Ciivise a remis 83 recommandations au gouvernement. Un plan de sauvetage. Mais que reste-t-il de ce plan, deux ans plus tard ?
28 % de mesures effectives. Un constat accablant.
Le compte est terrible. « 23 mesures sont pleinement effectives (28 %) ; 39 sont partiellement effectives (47 %) ; 12 font l’objet d’arbitrage ou d’avis défavorable (15 %) ; et 8 sont restées sans réponse (10 %). » Ce suivi officiel, Le Progrès (leprogres.fr) et DNA (dna.fr) le rapportent.
28 % seulement. Autant dire une piqûre de moustique face à un incendie.
Parmi les points bloqués : la généralisation des unités d’accueil pédiatrique pour enfants victimes, la formation obligatoire des magistrats et des policiers, le repérage systématique des violences lors des examens médicaux. Des mesures qui ne coûtent pas des milliards — juste de la volonté politique.
Chaque mesure non appliquée, c’est une porte laissée ouverte au prédateur. La Ciivise le dit sans fard : tant que l’État ne passera pas des mots aux actes, des Lyhanna continueront de tomber.
Qui était Lyhanna ? Une enfant, rien de plus.
Lyhanna était une enfant. Les détails du dossier ne figurent pas dans le transcript de franceinfo. Mais la Commission a repris son nom comme un étendard. Pourquoi ? Parce que son histoire — comme celle de tant d’autres — a révélé les failles du dispositif de protection.
Les appels aux services sociaux restés sans réponse. Les signalements classés sans suite. Les familles d’accueil non contrôlées. Les juges des enfants submergés. Un système qui craque de toutes parts.
La Ciivise ne pointe pas un ministre en particulier. Elle vise l’architecture elle-même. L’absence de coordination entre l’Éducation nationale, la Justice, la Santé. Chaque institution renvoie la balle à l’autre. Pendant ce temps, l’enfant reste seul face à son agresseur.
— Et ce n’est pas rien — : la Commission était coprésidée jusqu’en décembre 2023 par le juge Édouard Durand, figure emblématique de la lutte anti-inceste. Le gouvernement l’a écarté après des tensions. Un départ qui a semé le doute sur la volonté réelle d’avancer.
Le gouvernement a créé la Ciivise en 2021. Depuis, pression constante.
La Commission devait être un instrument de vérité et de propositions. Elle a entendu des dizaines de milliers de témoignages : des femmes et des hommes devenus adultes qui parlent enfin, mais aussi des enfants encore en danger.
Son premier rapport, remis en 2023, contenait 83 recommandations. Un plan de bataille. Puis Édouard Durand a été poussé vers la sortie — officiellement un renouvellement normal, officieusement un camouflet pour ceux qui espéraient une rupture.
Depuis, la Commission fonctionne avec une nouvelle gouvernance. Mais les recommandations n’avancent pas. Le gouvernement a multiplié les annonces : création de nouvelles cellules, campagnes de sensibilisation, augmentation des places d’accueil. Et pourtant. Les chiffres restent désespérément plats.
28 % de mesures pleinement effectives. 10 % sans aucune réponse. Huit recommandations mort-nées.
Aucune réaction de l’exécutif, pour l’instant
Le transcript ne contient aucune réaction de l’exécutif. Pas de déclaration de Matignon ni de l’Élysée. Les services ministériels interrogés par franceinfo n’ont pas répondu — ou leur réponse n’est pas retranscrite.
Une seule certitude : le gouvernement ne peut plus ignorer l’appel. Après la mort de Lyhanna, l’opinion publique s’est émue. Marches blanches, pétitions, questions au Sénat. La pression monte.
Mais les faits sont têtus. En 2024, 2025, 2026, les mêmes lacunes persistent. Les tribunaux débordent. Les travailleurs sociaux crient leur épuisement. Les enfants continuent d’être violentés sans que la machine d’État ne s’arrête pour les protéger.
Où est l’argent ? Les budgets alloués à la protection de l’enfance ont-ils réellement augmenté ? Qui contrôle l’application des mesures ? La Ciivise demande un suivi transparent, annuel, public. Pour l’instant, elle n’obtient que des rapports imprécis, des promesses diluées.
Le dossier est loin d’être clos. Une date. Un virement. Une question. La prochaine audition parlementaire aura lieu dans les semaines à venir. La Ciivise y présentera un nouveau bilan. Le gouvernement devra s’expliquer.
En attendant, Lyhanna n’est plus là. Mais son nom résonne dans chaque recommandation non appliquée. Dans chaque mesure qui reste sur le papier. Dans chaque enfant qui, aujourd’hui encore, attend qu’on le croie.
La Ciivise a parlé. Au gouvernement de répondre — par des actes, pas des mots.
Sources :
- franceinfo (extrait de page web, transcript de la déclaration)
- actu.orange.fr (chiffres annuels sur les violences sexuelles faites aux enfants)
- leprogres.fr (suivi des 83 mesures : 23 pleinement effectives)
- dna.fr (même donnée, double source)
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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