Monaco : trois blessés graves, un suspect en fuite, le ministre refuse de qualifier

L'explosion
Une détonation. Puis des cris. Il est 20h58 pile, ce mardi 8 avril 2025, quartier de la place des Moulins. L'explosion est violente — assez pour projeter des éclats métalliques, boulons, grenaille, selon des informations que le ministre n'a pas confirmées.
Trois personnes à terre. Deux en urgence absolue, une en urgence relative. Pronostic vital engagé pour les trois.
Les secours arrivent en masse : 84 fonctionnaires de la Sûreté publique monégasque, une cinquantaine de pompiers dont une dizaine venus de France. Les blessés sont évacués vers l'hôpital Pasteur à Nice et L'Archet, toujours à Nice. Quatre autres, choqués mais indemnes, partent à l'hôpital Princesse Grace de Monaco.
Christophe Mirmand s'exprime en direct sur BFM TV à 22h30. Ton mesuré, mots pesés.
« Il est difficile pour l'heure de connaître la qualification juridique », dit-il.
Pourquoi cette prudence ? Parce que l'enquête tourne. Parce que le procureur général de Monaco est sur place. Parce que la qualification — attentat ou non — n'est pas encore écrite.
Où est passé le suspect ?
Disparu. BFM TV a diffusé une photo de l'homme. Il aurait pris la fuite vers Beausoleil, commune française. Une rue à traverser, rien de plus.
« Il suffit de traverser une rue », confirme le ministre.
Le parquet de Nice a été saisi. Les services spécialisés français et monégasques échangent. Objectif : identifier, localiser, interpeller.
Mais où est-il ? Le ministre reste flou : « Pour l'heure, ce serait difficile de vous dire exactement l'endroit où se trouve la personne concernée. »
La frontière est poreuse. Monaco, enclave dans le territoire français. Passer de l'une à l'autre prend quelques secondes. Le suspect pourrait être n'importe où.
La piste ukrainienne — celle que le ministre ne confirme pas
BFM TV l'a demandé : les trois victimes seraient-elles ukrainiennes ? L'une d'elles s'appellerait Vadî Hermolayev ?
Le ministre ne confirme rien.
« Non, je ne le confirme pas. Ce sont des éléments qui relèvent de l'enquête judiciaire. »
Il répète : « Je ne confirme aucune identité. »
La question est centrale. Si les victimes sont ukrainiennes, le mobile pourrait être politique. Un attentat ciblé contre la communauté ukrainienne de Monaco ? Le ministre esquive.
« Je ne peux pas me prononcer sur l'identité des victimes et je ne sais pas s'il y avait des menaces particulières pour une des 143 communautés qui vivent paisiblement dans la principauté. »
143 communautés. Un chiffre qui en dit long sur la diversité de Monaco. Rien sur le mobile.
Un colis piégé, vraiment ?
L'AFP a insisté. Le colis piégé contenait-il des boulons et de la grenaille ?
Le ministre répond : « Je n'ai pas d'information précise sur la nature de l'engin. »
Il ajoute : « Les blessés ont été très grièvement touchés pour deux d'entre elles en tout cas. »
Pas de confirmation. Pas de détail technique. L'enquête tranchera.
Monaco n'avait jamais connu ça
Christophe Mirmand le dit lui-même : « Explosion inédite. »
Aucun événement de cette nature n'a jamais secoué la principauté. Monaco, État où la sécurité est fondamentale. Carabiniers, pompiers, Sûreté publique — un dispositif qui veille au calme apparent.
Ce calme a volé en éclats à 20h58.
« Cet événement doit être considéré avec toute la prudence nécessaire tant que nous n'en connaissons pas l'origine », insiste le ministre.
La coopération franco-monégasque, indispensable
Monaco ne peut pas faire seul. Le ministre le reconnaît : les partenariats avec les services français sont « très étroits », notamment en sécurité et renseignement.
« Immédiatement les faits connus, nous avons communiqué les informations correspondantes aux services partenaires », explique-t-il.
Le parquet de Nice est saisi. Les services spécialisés français à l'œuvre. L'enquête est conjointe.
« Nous travaillons de façon extrêmement étroite et naturellement nous avons besoin de tous les éléments », conclut le ministre.
Les questions qui restent
Trois blessés graves. Un suspect en fuite. Un colis piégé présumé. Un mobile inconnu.
Qui est le suspect ? Pourquoi ces trois personnes ? Étaient-elles ciblées pour leur nationalité ? Acte isolé ou menace plus large ?
Le ministre s'exprimera « vraisemblablement demain », dit-il. Le procureur général de Monaco aussi.
En attendant, les services enquêtent. Les blessés luttent pour leur vie. Le suspect court toujours.
Une chose est sûre : depuis 20h58, Monaco n'est plus tout à fait la même.
Sources :
- BFM TV — Interview en direct de Christophe Mirmand, ministre d'État de Monaco, le 8 avril 2025
- Agence France-Presse (AFP) — Dépêche du 8 avril 2025
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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