Ministère de l’agriculture sabote les sciences sociales dans les formations

Ni débat, ni tambour
Le couperet est tombé en catimini. Plus un seul poste ouvert pour les sciences sociales cette année. Et pourtant. Les agronomes de demain auront besoin de ces outils pour penser les crises alimentaires, les conflits fonciers, la précarité paysanne.
"On forme des techniciens, pas des penseurs", résume amèrement un enseignant de l'École émancipée. La porte est ouverte aux lobbies ? Aux intérêts privés ? Le ministère garde le silence.
203 000 étudiants, zéro recrutement
203 000 élèves dans les filières agricoles en 2026. Un record. Mais derrière ce chiffre flatteur, une réalité glaçante : zéro sociologue recruté. Zéro politiste.
Les femmes représentent 46% des effectifs. Elles étaient les premières bénéficiaires de ces enseignements — analyse des inégalités, sociologie du genre. Voilà. Terminé.
Agriculteurs sacrifiés
43% des agriculteurs survivent avec moins de 1 450€ par mois. Un scandale. Les sciences sociales permettaient de décortiquer les mécanismes de cette paupérisation. D'imaginer des alternatives.
Maintenant ? Les futurs conseillers agricoles arriveront sur le terrain sans ces clés. Armés seulement de tableurs Excel et de ratios de productivité. Une aberration.
Genevard, ministre fantôme
Annie Genevard, ministre depuis 2024, n'a toujours pas justifié cette saignée. Son prédécesseur sous Macron avait commencé le démantèlement. Elle achève le travail.
Coïncidence ? Le même mois, le ministère signait un partenariat avec un géant des pesticides. On croirait entendre les années Sarkozy.
La révolte gronde
Dans les amphis, la colère monte. "Comment former des professionnels en ignorant les réalités sociales ?", s'insurge une enseignante de Toulouse. Les étudiants organisent des happenings. Des pétitions circulent.
Et pendant ce temps, rue de Varenne, les bureaux restent muets. Comme si l'agriculture n'était qu'une affaire de tracteurs et d'engrais.
Sur le terrain, l'urgence
Les conséquences sont déjà là. Dans le Cantal, des éleveurs au bord du gouffre. En Bretagne, des conflits sur l'usage des terres. Partout, des questions sans réponses.
Les sciences sociales offraient des analyses. Des solutions. Elles manqueront cruellement. Surtout aux femmes — 46% des effectifs, rappelons-le.
Demain, des robots aux champs ?
Cette purge dessine une agriculture inquiétante. Un monde où seuls comptent les rendements. Où l'on calcule tout — sauf l'humain.
Les crises à venir ? Sécheresses, exodes ruraux, tensions sociales. Sans sociologues pour les anticiper, on navigue à vue.
Ce que nous apprend le passé
1980 : la PAC accentue les inégalités. 2000 : la vache folle révèle les failles du système. À chaque fois, les sciences sociales ont éclairé le chemin.
Les enterrer aujourd'hui, c'est se condamner à répéter les erreurs. À quel jeu joue-t-on ?
Prochain round
La mobilisation s'organise. Syndicats, chercheurs, étudiants — tous demandent des comptes. Genevard devra sortir de son mutisme.
Une question simple : qui a intérêt à former des agronomes ignorants des réalités sociales ? La réponse pourrait surprendre.
Sources
Le Dossier poursuit son investigation. À suivre.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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