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PolitiqueÉpisode 3/2

MAYOTTE : le gouvernement abandonne les migrants face au risque Ebola — et la menace sanitaire grandit

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-20
Illustration: MAYOTTE : le gouvernement abandonne les migrants face au risque Ebola — et la menace sanitaire grandit
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Débarquement fantôme : zéro contrôle, zéro test

Tout commence ce matin. Sur les plages de Mayotte, des dizaines de migrants venus des Comores et d’Afrique centrale ont accosté. Pas un gendarme. Pas un agent sanitaire. La députée Youssoufa a dénoncé la scène depuis l’hémicycle : « Rien de concret puisque ce matin des dizaines de migrants ont tranquillement débarqué sur nos plages à Mayotte. Aucun contrôle sanitaire ni force de l’ordre pour les empêcher d’accoster. » La veille, le gouvernement affirmait pourtant que « les services de l’État sont pleinement mobilisés » face à la menace Ebola. Un mensonge, oui.

Mayotte vit en état d’urgence migratoire permanent. Chaque jour, des kwassa-kwassa déversent leur cargaison humaine. Des Comoriens, des Congolais, des Rwandais — des hommes, des femmes, des enfants venus de zones où Ebola circule activement. L’Organisation mondiale de la santé a classé Mayotte en risque faible. Faible ne veut pas dire nul. Le virus Bundibugyo — celui qui frappe l’Ouganda et la RDC — tue une personne sur trois. Trente à quarante pour cent de létalité. Un chiffre que le gouvernement préfère minimiser.

« Votre mobilisation n’existe pas », a lancé la députée au ministre de l’Intérieur, Nunz. Absent des débats — remplacé par Stéphanie Rist, ministre de la Santé. La ministre a détaillé des réunions tenues « dès dimanche matin » avec des experts. Des scénarios d’isolement. Des formations. Des transports. Mais sur le terrain : rien. Les migrants entrent sans test, sans quarantaine, sans filtre. Où vont-ils ? Tout droit vers le camp de Tsunzu.

Voilà le vrai problème. Tsunzu n’est pas un camp humanitaire. C’est une plaie ouverte.

Tsunzu : mille morts en sursis dans la mangrove

Le camp sauvage de Tsunzu abrite des milliers d’Africains. Installés dans la mangrove, dans l’indignité la plus abjecte. Pas d’eau potable. Pas de toilettes. Pas de soins. La députée Youssoufa le décrit comme « un scandale humanitaire, une bombe sanitaire, un risque majeur pour la sécurité et la santé publique ». Mayotte réclame son démantèlement depuis des mois.

Le gouvernement n’a rien fait. Rien du tout.

Démanteler Tsunzu signifierait déplacer des milliers de personnes. Les renvoyer aux Comores ? Vers la RDC ? Aucun pays ne les reprend. Alors l’État français les laisse pourrir dans la mangrove. Une politique de l’enfouissement. La députée a posé la question directement au ministre de l’Intérieur : « Quand allez-vous démanteler le camp de Tsunzu ? » Silence. Pas même une réponse. La ministre de la Santé a parlé de « sensibilisation et formation des professionnels de santé » à Mayotte. Former des médecins ne vide pas un camp — c’est une évidence.

Et si Ebola débarque à Tsunzu ? La promiscuité, l’absence d’hygiène, le manque d’eau — le terreau idéal pour une épidémie. Le virus Bundibugyo se transmet par contact avec les fluides corporels. Dans un camp où les familles vivent à vingt dans des cabanes en tôle, où les mains se touchent, où les enfants jouent dans la boue, une seule contamination suffit. L’hôpital de Mayotte est déjà en plan blanc — saturé, autrement dit. Aucun lit supplémentaire prévu spécifiquement pour Ebola. Aucune équipe dédiée. Le gouvernement joue avec le feu — et il ne le sait que trop bien.

L'alerte Ebola : un risque faible, des conséquences réelles

L’OMS a lancé l’alerte dans la nuit de samedi à dimanche. Elle a classé la France et les départements de l’océan Indien en risque faible. La ministre Rist s’est empressée de le rappeler : « C’est un faible risque pour les autres pays qui sont éloignés du Congo et de l’Ouganda. » Mais elle a oublié un détail — un gros : les migrants qui arrivent à Mayotte viennent précisément de ces zones. Leurs kwassa-kwassa ne passent pas par l’aéroport. Pas de contrôle sanitaire. Pas de thermomètre infrarouge. Pas de questionnaire.

La ministre a affirmé avoir « anticipé tous les scénarios possibles » dès dimanche matin. Elle a cité le travail « avec le préfet, avec l’agence régionale de santé ». Elle a parlé de « parcours de patients, des transporteurs ». Anticiper n’est pas agir. Aucune mesure concrète pour bloquer l’entrée du virus à Mayotte. Aucun renfort de la marine nationale pour dissuader les trafiquants en mer. Aucune mobilisation massive de la réserve sanitaire pour sortir l’hôpital du plan blanc. Rien.

La députée Youssoufa a été cinglante : « Aucun plan pour évacuer le camp de migrants, aucun renfort de la marine nationale, aucune mobilisation massive pour la réserve sanitaire (…). En fait, vous mettez Mayotte en danger, vous mettez nos compatriotes en danger, vous nous mettez tous en danger. »

Elle a raison. Et pourtant, rien ne change.

Le virus ne connaît pas les frontières. Mayotte est français. Un cas Ebola à Mayotte, c’est un cas sur le territoire national. L’avion sanitaire met huit heures pour rejoindre la Réunion. Douze heures pour Paris. Le gouvernement compte-t-il vraiment sur le « faible risque » pour ne rien faire ? C’est un pari. Pas une politique.

Réponse du gouvernement : lâcheté ou impuissance ?

Stéphanie Rist a répondu à la place de son collègue Nunz. Un choix politique : laisser une femme ministre de la Santé encaisser les critiques à la place du ministre de l’Intérieur, vrai responsable de la gestion des frontières. La députée n’a pas été dupe. « C’était pas à vous que je posais la question, c’est à votre collègue le planqué du ministère de l’Intérieur. Vous avez érigé la lâcheté et l’impuissance et la passivité en politique publique. »

Des mots durs. Vérifiables, en plus.

Le ministre de l’Intérieur n’a pas pris la parole. Pas d’annonce de renforts. Pas de calendrier pour le démantèlement de Tsunzu. Pas de mesure sur les liaisons aériennes qui relient Mayotte à l’Afrique et à Madagascar. Ces vols commerciaux transportent pourtant chaque jour des centaines de passagers en provenance de zones à risque. Pas de test systématique. Pas de déclaration obligatoire. Pas de suivi.

La ministre de la Santé a évoqué des « experts scientifiques » et une vigilance « sur la suite de cet épisode ». Un épisode — pas une crise. Une série télé. Le gouvernement traite Ebola comme un feuilleton : on regarde, on commente, on attend le prochain épisode. Pendant ce temps, les migrants continuent d’arriver. Le camp de Tsunzu gonfle. La menace sanitaire monte.

Pourquoi aucun test automatique ? Pourquoi aucune patrouille navale supplémentaire ? Pourquoi Tsunzu reste-t-il un abcès non drainé ?

La députée a posé les questions. Le gouvernement n’a pas répondu. Voilà.

Mayotte abandonnée : politique de la passivité

Mayotte est le 101e département français. Ses habitants paient des impôts. Ils votent. Ils sont Français. Mais on les traite comme des oubliés de la République. Le gouvernement parle de « mobilisation ». Les actes sont absents. Les fonds promis n’arrivent pas. Les renforts annoncés ne viennent pas.

La menace Ebola n’est pas une fatalité. D’autres pays — le Ghana, le Sénégal, le Rwanda — ont mis en place des protocoles stricts pour contrôler leurs frontières : thermomètres, questionnaires, zones de quarantaine, équipes mobiles. La France, elle, regarde ses plages. Et les migrants débarquent.

Le camp de Tsunzu est devenu un symbole. Symbole de l’abandon. Symbole de l’hypocrisie. Un camp que personne ne veut voir, que personne ne veut gérer, que le gouvernement laisse pourrir sous couvert de « faible risque ». Mais le faible risque d’aujourd’hui, c’est la catastrophe de demain.

La députée Youssoufa a résumé la situation en une phrase : « Vous mettez Mayotte en danger, vous mettez nos compatriotes en danger, vous nous mettez tous en danger. »

Elle a raison.

Le virus Bundibugyo tue un patient sur trois. Il ne fait pas de différence entre un migrant comorien et un fonctionnaire français. Si Ebola entre à Mayotte par la porte du camp de Tsunzu, le gouvernement ne pourra pas dire qu’il ne savait pas. Il savait. Il a anticipé. Il n’a rien fait.

Retenez ce détail — et pesez-le : ce matin, des dizaines de migrants ont débarqué sans contrôle. Ce soir, ils sont peut-être porteurs du virus. Et le gouvernement français attend le prochain épisode.

Sources

  • Déclaration de Madame la députée Youssoufa à l’Assemblée nationale, séance du 20 mai 2026 (transcript public).
  • Réponse de Stéphanie Rist, ministre déléguée chargée de la Santé, même séance.
  • Organisation mondiale de la santé (OMS) : alerte du 19 mai 2026 relative au virus Ebola Bundibugyo, classement des départements français de l’océan Indien en risque faible.
  • Rapports antérieurs du dossier « Mayotte, la nouvelle porte d’entrée des migrants vers la France » — épisodes 1 et 2 (Le Dossier, 2025-2026).

📰Source :youtube.com

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