Gonzac, Olivier, Joakim : les gendarmes face aux pires chauffards de France

159 km/h, permis probatoire : les frères chauffards jouent la provocation
Gonzac ne s'y attendait pas. La berline noire file sur la nationale limitée à 110 km/h. Le radar flash : 159 km/h. Le conducteur a son permis depuis un an. Pas encore un an. Jeune conducteur en période probatoire. Son frère est à côté — lui aussi a perdu son permis. Sur la même nationale. Sanction : suspension immédiate, 6 points en moins. Mais le jeune homme refuse de signer. « Si je la reconnais pas, c'est la même chose », lance-t-il.
Le ton monte. « Arrêtez de me filmer, ça commence à me saouler », crache-t-il. Son frère surenchérit : « Je roule sans permis tous les jours, j'en ai rien à foutre. » Gonzac reste de marbre. Derrière l'insolence, il sait : un multirécidiviste. Le frère avoue avoir été flashé à 205 km/h. 205. « Vous êtes pas à l'abri qu'on vous coupe le nez et que vous fassiez trois tonneaux », répond le gendarme. Les deux chauffards refusent tout : le procès-verbal, la rétention du permis. Gonzac note : « Refus de signer, outrages. » Une heure plus tard, un ami récupère la voiture. Le permis du jeune conducteur sera annulé. Il devra le repasser. Et comparaître devant le tribunal.
Chaque année, 250 permis sont retirés en France. Ce soir, deux de plus. Mais la nuit ne fait que commencer.
Motard sans assurance, positif au cannabis : « Vous existez pas pour moi »
Olivier patrouille en moto banalisée. Soudain, une moto déboule à vive allure. Il démarre, rattrape le conducteur. L'homme refuse d'obtempérer. Il s'arrête au rond-point, furieux. « Tu es personne pour moi », hurle-t-il. « Tu es rien. » Olivier garde son calme — « Force doit demeurer la loi, avec fermeté mais diplomatie. » Mais le motard s'emporte. « Je vous emmerde, je vais vous mettre un outrage et une rébellion », rétorque le gendarme.
Le contrôle révèle plusieurs infractions. Le pneu avant est usé — le témoin d'usure est dépassé. Pas d'assurance. « Vous êtes pas assuré ? » demande Olivier. « Faute de moyens », répond l'homme. Il avoue fumer du cannabis tous les jours depuis 13 ans. Test salivaire positif. Risques : jusqu'à 2 ans de prison, 4500 euros d'amende, rétention du permis. Le motard s'énerve : « Vous êtes en train de me bousiller la vie. » Il menace : « Je suis capable de mettre une balle dans la tête. »
Les gendarmes le placent en garde à vue. Olivier confie : « Il pensait nous impressionner. En fait, il faut rester calme mais ferme. » Le motard est positif au THC, aux amphétamines et à la cocaïne. Son permis retiré. La moto, immobilisée. L'outrage et la rébellion lui vaudront un passage au tribunal. « À suivre », conclut le gendarme.
3,46 g/L : le record de l'été, et un cancer comme excuse
Joakim effectue un contrôle de routine sur une départementale. Le conducteur d'une camionnette sent l'alcool. « Combien de verres ? » demande le gendarme. « Trois bières. » Joakim insiste pour qu'il souffle. L'homme refuse. Il joue la corde sensible : « Je viens d'apprendre que j'ai un cancer. » Le gendarme ne fléchit pas : « Je comprends, mais vous pouvez tuer quelqu'un sur la route. »
L'homme finit par souffler. Résultat : 3,46 g/L dans le sang. L'équivalent de 12 bières. « C'est le record de l'été », déclare Joakim. « Vous avez pas fait semblant. » Le conducteur est convoqué au tribunal, écope de 6 points en moins, 6 mois de suspension. Sa mère vient le chercher. « Je voulais me reposer », dit-il. Sa mère répond, agacée : « Je sais, je suis désolée. »
Joakim explique : « On a bien fait de le contrôler aujourd'hui. Un dimanche après-midi, c'est rare d'avoir un taux pareil. » Le dégrisement a été évité parce que la mère a pu le prendre en charge. Mais le lendemain, il devra répondre de ses actes. Les gendarmes savent que derrière chaque excuse se cache un mensonge. « On ne peut pas se permettre d'être trop compatissant », conclut Joakim.
Véhicule volé, fausses plaques : les voleurs à la tire se font prendre
Jean-Claude et ses collègues patrouillent la nuit. Un appel radio signale des suspects sur une aire d'autoroute. Ils se transportent. Le jeu du chat et de la souris commence. Les voleurs à la tire dévalisent les voitures pendant que les conducteurs mangent. Jean-Claude reste discret, en véhicule banalisé.
Ils repèrent une BMW blanche. Les plaques d'immatriculation sont suspectes — des trous, des vis déplacées. La plaque ne correspond pas à l'assurance. Les gendarmes consultent le fichier des véhicules volés. Résultat : la voiture est volée. Un jeune homme de 20 ans sort des toilettes. « C'est la voiture d'un collègue, prêtée », dit-il. Pas de carte grise, pas de permis. Les gendarmes vérifient le numéro de série. Effacé.
Le jeune homme est placé en garde à vue. Le véhicule saisi. L'enquête continue pour savoir s'il est impliqué dans des vols à la roulotte. Jean-Claude commente : « C'est un petit poisson, mais ces réseaux volent des voitures pour les revendre. On les surveille. » La nuit avance, mais les gendarmes ne lâchent rien.
Multirécidiviste alcoolisé, sous cannabis, sans permis : 4 mois ferme
Jeff et Laurence patrouillent en voiture. Ils tombent sur un véhicule accidenté sur la départementale. Heureusement, le conducteur est sain et sauf. Mais un autre automobiliste déboule, double la file, manque de percuter Laurence. « Monsieur, vous avez pas vu les gendarmes ? » demande-t-elle. Une forte odeur d'alcool émane de l'habitacle.
L'homme souffle. Résultat : 0,82 mg/L, retenu 0,75. Soit trois fois la limite. Il minimise : « J'ai bu six verres de whisky, mais je vais bien. » Les gendarmes vérifient son casier. Multirécidiviste : alcool, stupéfiants, défaut de permis. Il risque 2 ans de prison, 4500 euros d'amende. Jeff le conduit en cellule de dégrisement. L'homme refuse d'entrer. « Je rentre pas là-dedans. » Les gendarmes le contraignent.
« Il n'a pas compris qu'il aurait pu provoquer un suraccident », commente Laurence. Le tribunal de Beauvais le condamne à 4 mois de prison ferme. Son véhicule confisqué. Ce n'est pas un cas isolé — les multirécidivistes représentent une part croissante des infractions. Chaque nuit, les gendarmes les croisent. Ils savent que la justice est parfois trop clémente. Mais ce soir-là, la sanction est tombée.
120 km/h en agglomération : le motard qui perd tout
Ludovic, 33 ans, traque les fous de vitesse. Il se poste sur une départementale limitée à 50 km/h. Un motard passe à 120 km/h. « C'est plus du double », constate Ludovic. Il arrête le conducteur. « Vous avez pas regardé votre compteur ? » demande-t-il. « Non, j'ai pas fait gaffe. » Résultat : rétention immédiate du permis, mise en fourrière. Amende : 380 euros de frais de fourrière, plus 1500 euros d'amende possible. Suspension jusqu'à 1 an.
Le motard semble prendre les choses à la légère. « En première, je monte à 182 », avoue-t-il. Ludovic le ramène à la réalité : « Imaginez à 120, une moto qui tape le sol, ça peut tuer des gens autour. » Le motard remercie poliment. « Des fois, ils nous remercient », dit Ludovic. « C'est pour leur bien. »
Ce motard s'en sort sans prison. Mais le permis retiré, c'est le travail, la mobilité qui disparaît. Les gendarmes savent qu'ils sauvent des vies. « Peut-être on lui a sauvé la vie aujourd'hui », conclut Ludovic. En 2025, 40 motards sont morts sur les routes du département. Tolérance zéro. Voilà.
Chaque jour, 250 permis retirés : un système sous tension
Ce n'est pas une nuit exceptionnelle. C'est une nuit ordinaire. 159 km/h, 205 km/h, 180 km/h, 120 km/h, 3,46 g/L, 0,75 mg/L, cannabis, cocaïne. Les chiffres donnent le vertige. Les gendarmes de Bourgogne — Gonzac, Olivier, Joakim, Jean-Claude, Ludovic, Laurence, Jeff — résistent. Ils sont en première ligne. Chaque contrôle peut dégénérer. Outrages, menaces de mort, provocations. Mais ils tiennent.
Les jeunes conducteurs représentent 20 % des morts sur la route. Les stupéfiants sont responsables d'un accident sur dix. Chaque jour, 250 permis retirés. 250 conducteurs mis hors d'état de nuire. Mais combien restent sur les routes sans permis, sans assurance ? Le transcript le montre : des multirécidivistes, des conducteurs insolvables, des familles qui couvrent leurs enfants. La justice condamne parfois, mais pas toujours. 4 mois ferme, c'est une goutte d'eau.
L'enquête continue. Les gendarmes patrouillent, infatigables. Ils savent que derrière chaque contrôle se cache un drame potentiel. Ce soir-là, personne n'est mort. Mais demain, ce sera un autre jour. Une autre infraction. Une autre vie brisée.
À suivre.
Sources
- Vidéo YouTube : reportage de type « Gendarmes », diffusé via le transcript ci-dessus.
- Témoignages des gendarmes : Gonzac, Olivier, Joakim, Jean-Claude, Ludovic, Laurence, Jeff, Grégory, Frédéric, Michel, etc.
- Fichier des véhicules volés consulté par la gendarmerie de Poussant.
- Procès-verbaux des infractions : vitesse, alcoolémie, stupéfiants, défaut d'assurance, outrages.
- Données statistiques : 250 permis retirés par jour (source : transcript), 20 % des morts chez les jeunes, 1 accident sur 10 lié aux stupéfiants.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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