Marine Le Pen lance sa campagne : une candidate sous bracelet judiciaire

« Je suis une citoyenne qui use de ses droits »
Vingt heures. Une affiche, un slogan, un site internet : marinelepen.com. C'est le top départ : un communiqué, puis un pourvoi en cassation.
Ce matin, 11 heures. La candidate est à La Flèche, en Sarthe. L'accueil est tendu — très tendu. « Marine Le Pen, c'est une honte », crient des opposants. « Elle peut pas être présidente. » Les partisans répondent. La tension monte.
Marine Le Pen reste moins longtemps que prévu. Elle parle devant les caméras : « Non, je ne joue pas à la montre. Je suis une citoyenne qui use de ses droits. Je vous rappelle que la cour d'appel m'a rendu mon éligibilité. Je suis donc aujourd'hui éligible. »
Jordan Bardella est à ses côtés. Mâchoire serrée, visage fermé. « Je me réjouis qu'on puisse ensemble entrer en campagne pour offrir aux Français l'alternance que le pays mérite », lâche-t-il. Patrice Duamel, journaliste et auteur du « Crépuscule des dieux », le remarque : « C'est vener de star à Venette américaine. »
L'honnêteté d'abord ? 64 % des Français le pensent
Selon Ipsos, 64 % des Français jugent que l'honnêteté et la probité sont les qualités premières d'un chef d'État. Les sympathisants RN approuvent majoritairement sa candidature (68 %), mais une partie préférait Jordan Bardella.
« Faire campagne sans bracelet électronique »
Une archive de Public Sénat refait surface. 2013. Marine Le Pen, lors de l'affaire Cahuzac, déclarait : « Ma veste est immaculée. » Elle critiquait les élus condamnés. Treize ans plus tard, condamnée pour détournement de fonds publics, elle fait campagne. (Oui, vous avez bien lu.)
La candidate a déposé un pourvoi en cassation. La Cour, dans un communiqué, dit qu'elle pourrait se prononcer « au plus tard en avril 2027 ». Les délais « dépendent de nombreux facteurs, pour certains extérieurs à la juridiction », précise-t-elle.
Un héritage paternel, une conquête de l'Ouest
Patrice Duamel compare Marine Le Pen à son père. « Elle est faite du même bois. La différence, c'est qu'elle a envie de gagner. Son père ne voulait pas gagner. On l'avait vu le 21 avril, quand il a appris qu'il était au second tour. Il tirait la gueule. »
Bris Sopol, politologue, note que l'affiche de campagne ressemble à celle de Ségolène Royal en 2007. « Ils avaient le plan A et le plan B. »
Incendies : 11 000 hectares brûlés
Depuis début juillet 2025, les autorités comptabilisent 11 000 hectares brûlés. Dont 5 000 dans les Pyrénées-Orientales.
Julien Rancoule, député RN de l'Aude et pompier volontaire, alerte. « On a des plans départementaux qui demandent la création de pistes. Des jeunes sylviculteurs veulent s'installer, créer des pistes, et ils sont bloqués par des normes absurdes. » Il dénonce une « écologie punitive ».
Les Obligations Légales de Débroussaillement ? Seulement 30 % sont appliquées, selon les données officielles. Les effectifs de l'ONF sont passés de 15 000 à 8 000 agents.
75 % des forêts françaises appartiennent à des propriétaires privés.
Arthur Guérin, géographe et enseignant à la Sorbonne, explique : « Le feu révèle les fragilités des territoires. En Gironde, la monoculture forestière landaise. Dans les Corbières, la déprise et l'abandon. »
En juillet 2025, des députés déposent une proposition de loi transpartisane sur l'adaptation des forêts au changement climatique. Elle vise à créer un fonds d'urgence et à renforcer les moyens humains.
Loi sécuritaire : l'article 44 alinéa 2
Soirée électrique à l'Assemblée nationale. Le gouvernement utilise l'article 44 alinéa 2 de la Constitution pour accélérer l'examen d'un texte sécuritaire.
Incidents entre la gauche et la présidente de séance, la députée RN Hélène Laporte. Elle nomme mal Farida Amrani. « Madame Sébeille », lance-t-elle. Farida Amrani réplique : « Je m'appelle Farida Amrani, pas madame Sébaï. C'est pas parce qu'on a la même couleur que ça doit être pareil. C'est une honte de se tromper de nom. »
Les députés adoptent le texte avec les voix de la droite, du RN et du bloc central.
Défenseur des droits : la nomination qui fâche
Emmanuel Macron propose François-Noël Buffet au poste de Défenseur des droits. La société civile s'y oppose. La Ligue des droits de l'homme, Amnistie Internationale France, le Syndicat de la magistrature lancent une pétition. Près de 110 000 signatures recueillies.
Justice criminelle : un compromis sur l'ADN récréatif
Le projet de loi justice criminelle, porté par Gérald Darmanin, trouve un compromis en commission mixte paritaire. La justice pourra consulter les données génétiques des entreprises de tests ADN « récréatifs », sur autorisation judiciaire.
La France à la croisée des chemins
64 % des Français veulent un président honnête. Marine Le Pen condamnée. Et pourtant, les sondages la donnent en tête.
11 000 hectares brûlés. Les effectifs de l'ONF réduits de moitié. 70 % des OLD non respectées.
110 000 signatures contre François-Noël Buffet.
Sources : LCP, Communiqué de la Cour de cassation, Ipsos
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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