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Marie-George Buffet : le mythe Black-Blanc-Beur, un rêve politique brisé

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-15
Illustration: Marie-George Buffet : le mythe Black-Blanc-Beur, un rêve politique brisé
© YouTube

Juillet 1998 : la nuit du rêve collectif

Juillet 1998. Le Stade de France tremble. Zinedine Zidane vient de marquer deux buts de la tête contre le Brésil. Emmanuel Petit conclut une soirée inoubliable. Dans les tribunes, Jacques Chirac saute de joie. Des milliers de personnes envahissent les rues. Drapeau bleu, blanc, rouge en l'air. On chante, on danse, on s'embrasse entre inconnus.

Pendant quelques heures, la France a le sentiment de se découvrir elle-même. Une nation métissée, populaire, joyeuse. Une France « Black-Blanc-Beur » — la formule envahit immédiatement les unes des journaux.

Mais derrière l'image d'unité nationale, les fractures sont toujours là.

Marie-George Buffet, ministre de la Jeunesse et des Sports du gouvernement Jospin de 1997 à 2002, garde un souvenir précis de cette nuit. Interrogée dans le podcast Coupe du monde, les matchs du pouvoir (chaîne parlementaire), elle raconte : « Le retour après la victoire de l'équipe de France, je rentre avec mon mari dans la banlieue où j'habite, et c'est cette liesse populaire — les gens qui sont descendus de leur immeuble, qui ont envie de s'embrasser, qui ont envie de fêter ensemble cette victoire avec les drapeaux. »

Ce n'était pas préparé. « C'était vraiment pas quelque chose d'artificiel, de politicien », insiste-t-elle.

Pourtant, le contexte politique est lourd. Les années 1990 sont marquées par la montée du Front national. Jean-Marie Le Pen atteint près de 15 % à la présidentielle de 1995. Le débat sur l'immigration est omniprésent. L'équipe de France, composée de joueurs venus de tous horizons (Zidane, fils d'immigrés algériens ; Thuram, d'origine guadeloupéenne et ghanéenne ; Karembeu, de Nouvelle-Calédonie), devient un symbole.

Le sélectionneur Aimé Jacquet en fait un collectif avant d'en faire un symbole. Très vite, les responsables politiques s'emparent du récit. À gauche, Lionel Jospin célèbre une France multiple et réconciliée. Selon la source, le football devient une preuve vivante que le pays peut vivre ensemble.

Le rapt de l'Élysée

Mais le fori retombe vite.

« Il y a toujours le risque d'une récupération politicienne », prévient Buffet. « C'est l'équipe de France qui a gagné, ou c'est moi qui suis président de la République qui a gagné ? Remettons les choses à leur place. C'est l'équipe de France qui a gagné. C'est une victoire sportive, pas une victoire politique. »

Elle évoque la photo officielle à l'Élysée après la victoire. Selon la source, elle a eu l'impression d'un « rapt ». Selon elle, on a « volé la victoire à l'équipe de France pour en faire la victoire de ceux qui nous gouvernaient. »

Selon la source, le mythe Black-Blanc-Beur a été instrumentalisé.

2001, le désenchantement

Le mythe commence à s'effriter face à la réalité sociale. En 2001, lors du match France-Algérie au Stade de France, la Marseillaise est sifflée par une partie du public. Selon la source, Zidane se fait siffler. Le terrain est ensuite envahi par des supporteurs. Le match est interrompu.

Pour Buffet, « le moment le plus difficile, c'est le sifflement de la Marseillaise au début du match ». Selon elle, « une partie de ceux et celles qui sont des citoyens de notre pays ne se sentent pas représentés par l'hymne national parce qu'ils sont victimes de discriminations. »

2002, le retour de la réalité

Quatre ans après le sacre des Bleus, Jean-Marie Le Pen accède au second tour de l'élection présidentielle.

Buffet affirme : « Ne demandons pas au sport de régler ce que les politiques sont incapables de régler. » Et selon elle, le sport est lui-même victime des dérives de la société.

Le sport ne guérit pas tout

Marie-George Buffet dit : « J'aime beaucoup le basket, j'aime beaucoup le rugby. » Mais elle reconnaît le caractère populaire du foot.

Selon la source, sa préoccupation principale pendant l'organisation de la Coupe du monde était la sécurité, avec Michel Platini, président du comité d'organisation.

Le mythe Black-Blanc-Beur ? Selon la source, « c'était une sincère photo de la France de l'époque ». Mais les discriminations demeuraient, le racisme demeurait. « Mon rêve s'est vite éteint. »

Sources :

  • Podcast « Coupe du monde, les matchs du pouvoir » – Chaîne parlementaire (témoignage de Marie-George Buffet)
  • Témoignage de Marie-George Buffet

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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