Manifestations : la facture salée des commerçants sinistrés

Les faits
Le samedi 17 octobre, des scènes de pillages et de violences ont éclaté dans plusieurs villes françaises lors des manifestations contre la vie chère. À Rennes, une supérette a été mise à sac. Le gérant, désemparé, a dû fermer boutique. « Certains m'ont dit : "Ouais, il y a les assurances." Mais je m'en fiche, oui, c'est du matériel. Mais moi, c'est mon travail », confie-t-il. À Orléans, un restaurant n'a pas pu assurer le service du samedi soir, engendrant un manque à gagner.
Au moins 3000 boutiques ont été pillées. La facture pourrait s'élever à plusieurs centaines de millions d'euros. Les commerçants non assurés pour perte d'exploitation ne seront pas indemnisés pour le manque à gagner.
Le contexte
Les commerçants français subissent une succession de crises depuis une décennie. Les gilets jaunes, les manifestations contre la réforme des retraites, les émeutes urbaines : chaque épisode a laissé des traces. Les assureurs avaient déjà déboursé des centaines de millions d'euros pour indemniser les commerçants touchés par les émeutes. Cette fois, la situation est d'autant plus critique que le contexte économique est tendu. Les collectivités locales doivent réduire leur budget de 7 milliards d'euros cette année.
Le gouvernement tente de répondre à l'urgence. Il a annoncé la prise en charge du chômage partiel à 100% pour les commerces sinistrés, ainsi que la création d'un fonds de solidarité pour les commerçants les plus touchés. « La pression va être sur le gouvernement qui n’a pas de marge de manœuvre budgétaire », souligne Claire Sergent.
Le traitement judiciaire
Les assureurs ont annoncé des mesures pour accélérer les procédures d'indemnisation. Les délais de déclaration de sinistre ont été rallongés de 5 à 30 jours, et des avances sur les indemnités seront proposées. Cependant, les franchises ne seront pas supprimées, contrairement à ce qui avait été fait en 2023. « Pour les dégâts, il faut avoir les garanties. C'est souvent pas dans les garanties automatiques », explique un expert.
Parallèlement, les autorités tentent de rétablir l'ordre. Sébastien Lecornu, ministre de l'Intérieur, a multiplié les réunions d'urgence pour calmer les tensions.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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