Luc Tangor : trois mois après la grâce de Mitterrand, le violeur récidive

La grâce qui défie la logique
Début des années 1980. Luc Tangor est condamné pour viols et agressions sexuelles. Selon la source, François Mitterrand lui accorde une grâce présidentielle. Tangor reste en détention jusqu'en février 1988, date de sa libération.
Le 23 mai 1988 : deux étudiantes en stop
Selon la source, Jennifer et Carole ont 20 et 21 ans. Elles étudient les lettres à l'Alliance française à Paris. Pour le long week-end de la Pentecôte, elles décident d'aller voir la mer. Le lundi 23 mai, elles se postent à la sortie de Marseille en stop. Une 4L vert pomme s'arrête. Le conducteur est brun, sympathique, volubile. Il propose de les déposer à Lyon — un détour par Nîmes pour cueillir des cerises.
La voiture quitte l'autoroute. L'homme stoppe sa voiture au milieu des arbres et change de visage. Il dit aux deux femmes qu'il va les violer. Celle qui est à l'arrière se met à crier. Il la gifle violemment. Il leur dit qu'il a déjà violé des femmes, qu'il a un couteau et que si l'une tente de s'enfuir, il tuera l'autre. Il les viole l'une après l'autre. Ensuite, il leur donne 100 francs pour prendre un taxi.
Selon la source, les victimes racontent que le violeur a utilisé de l'huile de moteur comme lubrifiant. Ce détail avait également été raconté au début des années 80 par plusieurs des femmes qui accusaient alors Luc Tangor de viol avant son premier procès.
Des indices qui collent parfaitement
Selon la source, les deux étudiantes décrivent l'homme : pull Lacoste jaune à manches longues, jean blanc, tennis blanches, montre dorée, chevalière, lunettes de soleil. La voiture : une 4L vert pomme, sièges en simili cuir marron, un bouton pression cassé à la portière arrière-droite. Dans le coffre, une pile de livres sous plastique — environ 25 exemplaires du même ouvrage. Elles dessinent la couverture : fond blanc, titre en vert, photo noir et blanc. Elles croient se souvenir du mot « culpability » en anglais.
Le vendredi 3 juin 1988, une information judiciaire est ouverte contre X.
Le livre qui trahit tout
Selon la source, un employé d'une librairie contacte les enquêteurs. Il a chez lui un livre qui ressemble à la description. Titre : « Coupable à tout prix ». Auteur : Gisèle Tichané. Les gendarmes lisent l'ouvrage et apprennent l'étendue de l'affaire Tangor. Ils découvrent la grâce présidentielle et la libération de février 1988.
Selon la source, les gendarmes se rendent à Lyon, où Tangor tient un bureau de tabac, place Carnot. Ils le surveillent discrètement. La 4L vert pomme a des sièges en simili cuir marron. Tous les détails correspondent.
Le voyage en Virginie
Selon la source, le juge d'instruction et le directeur d'enquête s'envolent pour Darlington, en Virginie. Ils montrent aux deux jeunes femmes plusieurs livres portant le mot « coupable » ou « culpabilité ». Sans hésitation, elles désignent toutes les deux le même ouvrage : « Coupable à tout prix ». On leur montre des photos de 4L vertes. Elles reconnaissent celle de Tangor sans hésitation.
Lundi 24 octobre 1988, 6 heures du matin. Les gendarmes arrêtent Tangor devant son bureau de tabac. Dans l'arrière-boutique, ils trouvent une pile de « Coupable à tout prix ». Chez lui, ils saisissent un pull Lacoste jaune et un jean blanc.
La photo de famille qui achève le doute
Selon la source, en garde à vue, Tangor nie en bloc. Il dit qu'il était à Marseille le jour des faits, à un baptême avec sa famille. Ses parents confirment et fournissent des photos. Sur les clichés, Tangor porte le pull Lacoste jaune et le jean blanc — la même tenue que celle du violeur.
Les victimes sont amenées en France. Devant une vitre sans teint, on présente Tangor parmi d'autres hommes. La première victime le reconnaît formellement. La seconde aussi. Aucune hésitation.
Selon la source, le lieu du viol correspond au terrain de jeu d'enfance de Tangor.
Le procès de 1992 : 18 ans de réclusion
Selon la source, le procès s'ouvre le 3 février 1992 à Nîmes. Tangor se montre confiant, virulent. Il interrompt son avocat, attrape ses classeurs, contredit le président. Il crie au scandale. Le 8 février 1992, la cour d'assises le condamne à 18 ans de réclusion criminelle. Tangor clame son innocence.
Le déni, soutenu par des intellectuels
Selon la source, Marguerite Duras continue à lui écrire en prison. Dans l'émission « Au bout de l'enquête » (France Info), des lettres sont lues. Duras écrit : « Je crois toujours que tu as été victime d'une petite garce qui veut ta défaite coûte que coûte. Si je me trompe aux yeux de Jean Frichti de potin de cour d'assise, je m'en fiche. Tu resteras mon ami. »
Selon la source, Gisèle Tichané, auteure de « Coupable à tout prix », croit toujours en son innocence. Elle rencontre le juge d'instruction, qui lui démontre les preuves. Elle se suicide peu après.
Selon la source, l'historien Pierre Vidal-Naquet, qui avait défendu Tangor en 1983, publie une tribune dans Le Monde le 15 février 1992. Il exprime ses regrets aux victimes.
Libre, il nie encore
Selon la source, Tangor sort de prison. Il témoigne dans l'émission « Faites entrer l'accusé » — le visage masqué. Il affirme : « Je n'ai jamais violé personne. » Il invoque un complot.
2014 : une fillette de 12 ans agressée
Selon la source, dimanche 10 août 2014, au Grau-du-Roi, une fillette de 12 ans joue près d'un château gonflable sur la plage. Un homme la suit à l'intérieur, se frotte à elle. Elle crie, s'enfuit. Ses parents alertent la gendarmerie. La fillette désigne l'homme sur la plage. Les gendarmes l'interpellent. Le suspect décline son identité : Luc Tangor.
Selon la source, il comparait pour exhibitionnisme et attouchement. Il nie tout. Le tribunal le condamne à 3 ans et demi de prison.
Aujourd'hui, 67 ans, libre et toujours dans le déni
Selon la source, Luc Tangor est libre. Il clame son innocence, victime d'un complot.
Sources
- Podcast Crim Story du Parisien (épisode « Luc Tangor, une vie de mensonge »), animé par Claudia Prolongeu et Damien Delseni.
- Émission « Au bout de l'enquête » (France Info) — témoignages et lettres de Marguerite Duras, déclarations de l'avocat Marc Rou.
- Émission « Faites entrer l'accusé » — interview de Luc Tangor après 2008.
- Tribune de Pierre Vidal-Naquet, « Luc Tangor et notre erreur », Le Monde, 15 février 1992.
- Livre « Coupable à tout prix » de Gisèle Tichané.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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