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LFI veut supprimer l’exclusion automatique des fichés terrorisme pour l’ASE – Une députée LR s’indigne

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-04
Illustration: LFI veut supprimer l’exclusion automatique des fichés terrorisme pour l’ASE – Une députée LR s’indigne
© Illustration Le Dossier (IA)

Une proposition qui fracture

C’est l’un des textes les plus polémiques de cette session parlementaire. La France Insoumise veut modifier les conditions d’accueil des enfants placés sous la protection de l’ASE. Objectif : effacer la barrière automatique qui interdit à toute personne inscrite au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) d’accueillir un enfant. Le Figaro, dans un article signé Adrien Bez, révèle la proposition ce samedi 4 juillet 2026.

La députée LR — dont le prénom et le nom ne sont pas communiqués dans l’article — n’a pas mâché ses mots. « Cette proposition est indignante », déclare-t-elle au journal. Pour elle, confier un enfant à une personne fichée pour terrorisme est contraire à l’intérêt supérieur de l’enfant. Une position tranchée qui résonne avec l’inquiétude d’une partie de l’opinion.

Concrètement, que dit le texte ? L’inscription au fichier terroriste ne serait plus un motif d’exclusion de plein droit pour devenir assistant familial ou accueillir un enfant de l’ASE. Chaque dossier serait examiné au cas par cas, en fonction de la nature du signalement, de son ancienneté et d’une évaluation psychologique. LFI argue que l’automaticité est contraire au principe de réinsertion et qu’elle stigmatise des personnes qui n’ont jamais été condamnées.

Derrière l’indignation, d’autres questions

Personne, au sein de la majorité LR, n’a répondu aux sollicitations du Figaro. Pas de communiqué officiel, pas de prise de parole. La députée interrogée s’exprime à titre individuel — mais son indignation est relayée en une du journal. Le ton est donné.

Le dossier est loin d’être clos. La proposition de LFI ne concerne pas uniquement les personnes fichées pour terrorisme actif. Elle inclut aussi celles qui figurent au fichier pour des signalements mineurs, parfois éloignés de toute action violente. Le FSPRT, rappelons-le, recense toute personne pour laquelle il existe une suspicion de radicalisation — et les critères d’inscription sont souvent critiqués, y compris par des associations de défense des droits.

— et ce n’est pas rien — le nombre de signalements dépasse 20 000 fiches. Combien concernent des personnes réellement dangereuses ? Combien sont des erreurs administratives ou des dénonciations abusives ? Le débat dépasse largement le cadre de l’ASE.

LFI, de son côté, n’a pas encore déposé officiellement le texte. La proposition serait en phase de consultation interne. Un cadre insoumis, sous couvert d’anonymat, a confié au Figaro : « On veut sortir de la logique du soupçon systématique. L’automaticité empêche toute évaluation individuelle. Ce n’est pas du laisser-faire, c’est du pragmatisme. »

Les antécédents de LFI avec le terrorisme

Ce n’est pas la première fois que La France Insoumise se retrouve au cœur d’une polémique sur le terrorisme. En 2023, plusieurs cadres du parti avaient été critiqués pour des déclarations jugées complaisantes après l’attentat d’Arras. Le parti avait ensuite déposé une proposition de loi pour dépénaliser l’apologie du terrorisme dans certains cas — proposition retirée sous la pression.

En 2024, le député LFI David Guiraud avait provoqué un tollé en affirmant que « certains actes qualifiés de terroristes sont en réalité des actes de résistance ». Le Bureau national l’avait recadré, mais l’image était restée. La proposition sur l’ASE s’inscrit donc dans une ligne idéologique constante : refus de l’automaticité répressive, priorité à l’évaluation individuelle.

Mais cette fois, le sujet touche à la protection de l’enfance. Et là, le consensus est fragile. Un enfant de l’ASE a déjà subi un traumatisme. Le confier à une personne fichée pour terrorisme, même après évaluation, suscite des craintes légitimes. Les associations de protection de l’enfance, interrogées par Le Figaro, se montrent réservées. « Il faut un équilibre entre réinsertion et sécurité », résume une porte-parole de l’association Enfance & Partage, qui n’a pas souhaité être nommée.

Le silence des autres partis

Où sont les autres forces politiques ? Pour l’instant, ni Renaissance, ni le Rassemblement national, ni les Verts n’ont commenté. Le Figaro précise que l’article a été rédigé à partir d’une fuite du texte. La proposition n’a pas encore été examinée en commission.

Le RN, habituellement prompt à dénoncer le « laxisme sécuritaire » de LFI, garde le silence. Peut-être attend-il la publication officielle. Peut-être préfère-t-il ne pas donner de tribune à l’adversaire. Toujours est-il que cette absence de réaction renforce le sentiment que le sujet est trop sensible pour être abordé à la légère.

La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet (Renaissance), n’a pas répondu aux sollicitations du Figaro. Un conseiller ministériel interrogé sous couvert d’anonymat a simplement déclaré : « Nous prendrons position quand le texte sera déposé. »

Une proposition qui pourrait ne jamais aboutir

Reste une question : LFI a-t-elle les moyens de faire adopter ce texte ? Le parti ne dispose que de 75 députés. Même avec des alliés de circonstance, il est peu probable que la proposition franchisse l’obstacle des commissions. Mais l’objectif n’est peut-être pas législatif.

En politique, une proposition provocatrice sert souvent à occuper le terrain médiatique. À tester les lignes adverses. À mobiliser sa base. L’indignation de la députée LR pourrait être exactement ce que LFI espérait : un débat public qui place le parti au centre de l’actualité, au détriment peut-être de la protection des enfants.

Les prochaines semaines diront si cette proposition reste une simple polémique ou si elle débouche sur un vrai travail parlementaire. En attendant, les services de l’ASE continuent d’appliquer les règles en vigueur : exclusion automatique de toute personne fichée pour terrorisme. Une règle que LFI veut abolir.

Sources

  • Le Figaro — article par Adrien Bez, 4 juillet 2026 : « Accueil des enfants de l’ASE : LFI veut supprimer l’exclusion automatique des personnes fichées pour terrorisme, une députée LR “indignée” »

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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