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Infantino : 64 équipes au Mondial 2030, le projet fou qui divise le foot mondial

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-03
Illustration: Infantino : 64 équipes au Mondial 2030, le projet fou qui divise le foot mondial
© YouTube

Neuf milliards de dollars. C'est ce qu'a rapporté le Mondial 2026 — 20 % de plus que le Qatar. Chaque équipe participante a touché au moins 10,5 millions de dollars.

Pour une petite fédération — Curaçao, Cap-Vert — c'est plus d'une année de budget de fonctionnement.

De quoi donner des idées à Gianni Infantino. Beaucoup d'idées.

Le rétropédalage qui cache une offensive

Revenons à juillet 2026. La finale du Mondial américain vient de s'achever. À peine les confettis retombés, Infantino dégaine son projet choc : créer une société commerciale qui gérerait les droits des prochaines Coupes du monde. Parmi les candidats pressentis : la famille Trump via Kushner, et des fonds des pays du Golfe.

L'UEFA réagit immédiatement, brutalement. Menace de boycott pur et simple — ni Coupe du monde, ni aucune compétition FIFA.

Une Coupe du monde sans l'Europe, ce n'est plus la Coupe du monde.

Infantino recule. Il annonce qu'il renonce à son projet.

Mais voilà où ça se complique.

Le même jour, le Suisse enchaîne — sur son autre cheval de bataille : le passage à 64 équipes dès 2030. Comme si la défaite sur la privatisation n'était qu'une péripétie. Et que la vraie partie commençait.

64 équipes, 128 matchs : le football en mode démesure

Le Mondial 2026 était déjà le premier à 48 équipes — contre 32 depuis 1998.

Infantino veut plus. Plus vite.

Il a lancé un appel d'offres pour des cabinets chargés d'étudier le passage à 64 équipes. Deadline pour postuler : le 7 août. Rendu attendu : le 11 septembre.

Le calendrier envisagé ? Six semaines de compétition, contre un mois aujourd'hui. Une finale potentielle le 29 juillet à Casablanca.

Les pays hôtes de 2030 — Espagne, Portugal, Maroc — ont signé pour un Mondial à 48. Pas à 64. Juridiquement, l'accord existe. Mais Infantino teste les limites.

Et la météo ? L'appel d'offres ne mentionne même pas l'impact du changement climatique.

Qui soutient Infantino ? Le petit football contre le grand

La bataille est loin d'être perdue pour le président de la FIFA.

Les grandes fédérations européennes — via l'UEFA — sont opposées à l'extension.

Mais Infantino compte sur un électorat plus nombreux : les petites et moyennes fédérations.

Pour elles, le calcul est simple. À 32 équipes, zéro chance de qualifier leur sélection. À 48, une petite fenêtre s'ouvre. À 64, le rêve devient accessible. Et même sans qualification, les retombées financières sont massives : chaque participant touche 10,5 millions de dollars minimum.

Selon la source, la Fédération de Malaisie, par exemple, tire déjà 20 % de son budget des recettes du Mondial.

« Beaucoup de fédérations, peut-être même une majorité, ont intérêt à voter ce plan », selon Christophe Droubé, grand reporter à L'Humanité, qui a couvert le Mondial 2026.

La Confédération africaine et la Confédération asiatique sont favorables. La CONMEBOL sud-américaine aussi. Infantino peut compter sur une base solide.

Selon la source, même si l'UEFA gronde, une quarantaine de ses fédérations se sont montrées intéressées par le projet de privatisation avorté.

2030 ou 2034 ? Le coup politique d'Infantino

L'annonce d'une application dès 2030 pourrait n'être qu'une ruse.

Selon Christophe Droubé, « peut-être que c'est une feinte, un passement de jambe ». Infantino propose 2030 sachant que l'Espagne, le Portugal et le Maroc refuseront.

Alors on acte pour 2034. Et 2034, c'est l'Arabie Saoudite.

Seul candidat pour l'instant. Un pays prêt à déverser des milliards, quinze stades dont huit dans la seule ville de Riyad, et des projets architecturaux : stade en haut d'une tour.

Le Mondial à 64 équipes deviendrait la vitrine du soft power saoudien. Mohamed Ben Salman y tient — et les fonds ne manquent pas.

L'élection de 2027 : tout se joue maintenant

Le véritable calendrier, c'est mars 2027. Infantino brigue un quatrième mandat.

Il a besoin d'une victoire éclatante pour arriver en position de force.

Ses opposants le savent. Ils cherchent une alternative. Le nom de Nasser Al-Khelaifi, président du PSG, a circulé. Mais le Qatari a démenti.

Et maintenant ?

Le 11 septembre, le cabinet choisi rendra son étude sur le passage à 64 équipes. Infantino aura alors matière à convaincre les indécis.

Le vrai test, c'est l'attitude des pays hôtes de 2030. Si l'Espagne, le Portugal et le Maroc cèdent, le format 64 devient inévitable pour 2034.

Une chose est sûre : le président de la FIFA a lié son destin à la course au gigantisme. Depuis 2016, les réformes s'enchaînent : passage de 32 à 48 équipes.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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