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PolitiqueÉpisode 102/1

L'extrême droite française : une histoire complète de 1870 à la nouvelle droite

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-10-15
Illustration: L'extrême droite française : une histoire complète de 1870 à la nouvelle droite
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Le choc fondateur : 1870 et la revanche manquée

Un important tribut payé à l'Allemagne après Sedan. La Commune de Paris achève de traumatiser une France humiliée. Le comte de Chambord incarne alors l'espoir d'une restauration monarchiste — qui échouera.

Paul Déroulède émerge dans ce contexte. Ancien soutien de Gambetta, il fonde la Ligue des patriotes. Objectif : préparer la revanche. Le boulangisme des années 1880 cristallise cette nébuleuse protestataire. Un mélange de radicaux, de monarchistes et de républicains déçus.

Le boulangisme n'a pas de colonne vertébrale idéologique. C'est une révolte contre le parlementarisme de la IIIe République. Un mouvement éphémère — mais qui laissera des traces. Notamment cette idée : remplacer la République parlementaire par un régime plébiscitaire.

L'âge d'or du nationalisme français (1890-1914)

Deux figures dominent cette période : Maurice Barrès et Charles Maurras. Le premier, Lorrain nostalgique, théorise l'enracinement. Le second, provençal germanophobe, élabore l'empirisme organisateur.

Leur point commun ? Un antisémitisme viscéral. Drumont avait ouvert la voie. L'affaire Dreyfus leur offre une caisse de résonance.

L'Action française, créée en 1899, devient le laboratoire de cette contre-révolution nationaliste. Avec une originalité : Maurras reprend la nation — mais pour la mettre au service de la monarchie.

Les années 1930 : ligues, fascismes et collaboration

Des émeutes antiparlementaires font des morts à Paris. Les ligues — Jeunesses patriotes, Croix-de-Feu — montrent leur force. François de La Rocque transforme ces dernières en Parti social français.

Dans l'ombre, la Cagoule prépare un coup d'État. Son chef, Eugène Deloncle, finira collaborateur. Comme Jacques Doriot, ex-communiste passé au PPF.

Vichy achèvera ce processus. Maurras y voit la "divine surprise" — malgré sa germanophobie. La Révolution nationale réalise une partie de son programme : statut des Juifs, corporatisme, rejet de la démocratie.

La renaissance impossible (1945-1965)

L'épuration laisse l'extrême droite exsangue. La guerre d'Algérie lui offre un second souffle. Pierre Sidos crée Jeune nation. Dominique Venner théorise la "critique positive".

La nouvelle droite naît de cet échec. Alain de Benoist abandonne l'action directe pour la bataille des idées. Le GRECE prône un paganisme européen. Finie la France catholique de Maurras. Place à l'ethnodifférentialisme.

Et maintenant ?

Le Rassemblement national a-t-il rompu avec cette histoire ? La question reste ouverte.

Une certitude : le nationalisme hexagonal a survécu à tous les reniements. Parce qu'il puise ses racines dans les failles mêmes de la République. L'enquête continue.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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