Le « harceleur de majorettes » condamné à deux ans de prison ferme à Bordeaux

Un casier judiciaire à 43 mentions
Olivier Pietri n’est pas un inconnu des tribunaux. Son casier judiciaire porte 43 mentions. Quarante-trois. Des condamnations pour menaces, escroqueries, vols dans des clubs. Parfois pour avoir tenté de créer une association sous un faux nom. Le tout étalé sur plusieurs années et plusieurs régions — notamment dans les Hauts-de-France.
D’après Sud Ouest, qui a révélé l’affaire, Pietri a été surnommé le « harceleur de majorettes » après avoir ciblé des jeunes filles pratiquant cette discipline. Il les menaçait, les suivait, les harcelait. Les peines de prison ferme se sont succédé. Rien n’y a fait.
Une date. Un jugement. Une question : comment un homme avec un tel passif a-t-il pu se retrouver à encadrer des adolescents ?
L’interdiction bafouée
La réponse tient en un mot : la récidive. Malgré une interdiction formelle d’exercer toute activité en contact avec des mineurs, Pietri a été retrouvé en train d’entraîner des jeunes dans des clubs de football en Gironde. Pas un club. Plusieurs. Il s’était infiltré dans le milieu sportif amateur, là où les contrôles sont parfois moins stricts.
Les faits ont été découverts par les enquêteurs, puis portés devant la justice. Le 9 juillet 2026, Pietri a été jugé en comparution immédiate. Une procédure réservée aux cas où les preuves sont suffisantes et le risque de réitération jugé élevé.
Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet : deux ans de prison ferme. Et le maintien en détention. Pietri n’a pas été remis en liberté dans l’attente d’un éventuel appel.
Une récidive qui interroge
Ce n’est pas une première erreur. C’est un système. Un système qui a permis à un multirécidiviste de continuer à approcher des mineurs. Où étaient les contrôles ? Les clubs de football girondins ont-ils vérifié le casier judiciaire de leur entraîneur bénévole ? Rien dans le dossier ne permet de l’affirmer.
Sud Ouest rappelle que Pietri avait déjà été condamné pour des faits similaires dans les Hauts-de-France. Il avait notamment tenté de créer une structure sous un faux nom pour contourner les interdictions. La même méthode, la même obstination.
Le parquet de Bordeaux, contacté par nos confrères, n’a pas souhaité commenter au-delà des éléments de l’audience. La défense de Pietri n’a pas été jointe.
Le profil d’un prédateur insaisissable
Olivier Pietri, 53 ans, est ce que les enquêteurs appellent un « récidiviste spécialisé ». Il cible les clubs sportifs, les associations de jeunes, les majorettes. Il se fait passer pour un entraîneur, un bénévole dévoué. Il inspire confiance. Jusqu’à ce que les plaintes arrivent.
Son surnom, « harceleur de majorettes », dit tout. Mais il ne dit pas tout. Car Pietri ne se contente pas de harceler. Il vole, escroque, usurpe des identités. Il a déjà été condamné pour avoir vidé les caisses d’un club qu’il dirigeait. Les victimes ? Des mineurs, souvent.
Retenez ce détail : 43 mentions. C’est le nombre de fois où la justice a eu l’occasion de l’arrêter. Et pourtant, il était encore en liberté, encore en contact avec des adolescents.
Une condamnation, des questions en suspens
La peine prononcée le 9 juillet 2026 est lourde : deux ans ferme. Mais elle ne règle pas tout. Combien de jeunes a-t-il côtoyés avant d’être démasqué ? Quels clubs l’ont accueilli sans vérifier son passé ? Le parquet de Bordeaux a-t-il ouvert une enquête plus large sur d’éventuelles complicités ?
Pour l’instant, Sud Ouest ne rapporte pas d’autres poursuites. L’affaire semble circonscrite à Pietri. Mais le dossier est loin d’être clos. D’autres victimes potentielles pourraient se manifester. D’autres clubs pourraient être mis en cause.
Le tribunal a tranché. La prison a parlé. Mais la protection des mineurs, elle, reste un chantier permanent. Comment empêcher un récidiviste de recommencer ? La loi prévoit des interdictions, des fichiers, des contrôles. Mais dans les faits, un homme déterminé trouve toujours une faille.
Les leçons d’une affaire locale
Cette affaire bordelaise n’est pas un cas isolé. Elle illustre un problème plus large : la difficulté à surveiller les personnes interdites de contact avec des mineurs. Les clubs amateurs manquent souvent de moyens pour vérifier les antécédents de leurs bénévoles. Les fichiers judiciaires ne sont pas toujours consultés. Les interdictions, pas toujours respectées.
Olivier Pietri a profité de ces failles. Il les a exploitées méthodiquement. Pendant des années. Jusqu’à ce que la justice le rattrape une fois de plus.
La question qui reste : combien de temps avant qu’un autre ne prenne sa place ?
Sources : Sud Ouest (article du 13 juillet 2026, par Elisa Artigue-Cazcarra), archives Stéphane Lartigue.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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