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SociétéÉpisode 3/1

Harcèlement scolaire : quand les murs de l'école deviennent des pièges

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-30
Illustration: Harcèlement scolaire : quand les murs de l'école deviennent des pièges
© YouTube

"J'ai compté les carreaux du plafond pendant qu'ils me frappaient." Nathalie serre son café comme on étouffe un cri. Vingt-huit ans plus tard, ses mains tremblent encore.

1991 : l'année où l'enfance s'arrête

Le collège de Pontau sentait la craie et la peur. Nathalie, 11 ans, alsacienne, boutonneuse, trop bonne élève — trois raisons de mourir à petit feu.

"La calculette". Le surnom lui colle à la peau comme ses pulls trop grands. "Ils me volaient mes affaires. Les profs disaient : 'Cherchez mieux'".

Puis vint décembre. Un groupe l'attrape aux toilettes. "Ils ont craché dans ma brosse à dents. M'ont forcée à m'en servir." Debora, sa seule amie, tournait la tête.

— Et les adultes ?

— "Ils voyaient tout. Un surveillant m'a dit : 'Fais-toi discrète, ça passera'."

Le silence complice

Samuel, 34 ans, montre son ordinateur d'aménagement. "Ils le lançaient en l'air comme un ballon. 'Pestiféré', ils m'appelaient. Les profs corrigeaient mes copies en rouge : 'Tu exagères'."

Les chiffres brûlent :

  • 700 000 élèves harcelés chaque année
  • 1 suicide sur 5 lié au harcèlement
  • 60% des victimes gardent des séquelles

Nathalie avoue l'impensable : "J'ai fini par imiter mes bourreaux. Frapper plus faible que soi, c'est survivre."

2018 : l'opération ratée

"J'ai cru qu'une nouvelle mâchoire effacerait tout." Nathalie montre ses photos d'avant/après. Le visage a changé. Les cauchemars, non.

Quatre ans d'antidépresseurs. Des nuits à compter les médicaments comme des bonbons. "Ils ont volé ma capacité à aimer."

Samuel hoche la tête. "Moi, ils m'ont condamné à la solitude. Qui voudrait d'un 'pestiféré' ?"

Phare : une lueur trop faible ?

Le programme de l'Éducation nationale forme des ambassadeurs depuis 2021. Résultat ? 15% de signalements en plus. Mais...

"Exclure quelqu'un d'un groupe Snapchat, c'est le frapper sans trace", explique une élève formée. Les cyberviolences ont doublé en trois ans.

Épilogue sans fin

Nathalie regarde par la fenêtre. "Je devrais avoir des enfants qui rentrent de l'école. À la place, j'ai des pilules et des rendez-vous chez le psy."

Samuel serre les poings. "Non, je ne pardonnerai pas. Eux ont eu leur bac. Moi, j'ai eu des séances d'EMDR."

Dans les couloirs du collège de Pontau, les murs sont repeints. Les cris, eux, résonnent toujours.

Sources :

  • Témoignages recueillis par Le Dossier
  • Programme Phare (Éducation nationale)
  • Étude INSERM 2025

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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