Haïti sous le joug des gangs : une capitale assiégée, un État impuissant

16 morts. Ou 80. Personne ne sait. Personne ne contrôle.
Le week-end dernier, Petite Rivière de l'Artibonite rejoignait la liste des villes haïtiennes ravagées par les gangs. Un nouveau massacre. Un de plus. La suite est édifiante.
Quand les chiffres racontent l'horreur
L'ONU a compté. 6000 morts en 2025. 85 % de Port-au-Prince sous contrôle gangster. Des chiffres qui glacent.
"La situation est très très très compliquée."
L'aveu de James Monazar, ministre du Commerce haïtien, ressemble à un cri étouffé. Interviewé sur France 24, l'homme parle d'une voix lasse. Il énumère les "efforts" du gouvernement. Puis se reprend : "Mais c'est très difficile."
Les faits sont têtus.
- Le commissariat de Martisan brûlé en janvier
- 1,4 million de déplacés
- Des barrages armés à chaque carrefour
"Haïti ne se résume pas à Port-au-Prince", tente Monazar. Vrai. Mais la capitale concentre 80 % de l'économie nationale. Et elle suffoque.
L'argent, le vrai pouvoir derrière les gangs
Un rapport explosif a fuité la semaine dernière. L'Initiative globale contre le crime organisé y décrit des "collusions" entre milieux économiques et gangs. Des preuves ? Le ministre botte en touche : "J'attends que la justice fasse son travail."
Pourtant, les indices s'accumulent.
- Des livraisons d'armes depuis les ports "sécurisés"
- Des entreprises payant des "taxes" aux gangs
- Des trafics couverts par des élus
"Les gangs à cravate", murmure-t-on en Haïti. Des noms circulent. Aucune arrestation. Pourquoi ?
La force internationale : espoir ou leurre ?
"Dès demain."
Monazar annonce le déploiement de la Force de suppression des gangs. Une coalition internationale. Trop tard ?
L'histoire se répète.
- 2004 : MINUSTAH (12 000 casques bleus)
- 2017 : départ des troupes
- 2020 : explosion des violences
Cette fois, la mission vise explicitement les "axes routiers". Objectif : briser l'étau sur Port-au-Prince. Mais les gangs ont appris. Ils se terrent. Attendront.
L'économie haïtienne : naufrage en direct
"Je ne serais pas crédible."
Monazar admet l'évidence : l'économie est exsangue. Pourtant, il brandit des "signaux d'espoir".
- Le parc industriel de Caracol (Nord) tourne à 30 %
- Un nouveau port à Saint-Louis-du-Sud
- Des programmes pour entrepreneurs
Des gouttes d'eau. La réalité ?
- 7 années de croissance négative
- 80 % d'inflation
- Le pétrole à +40 % depuis la guerre au Moyen-Orient
"Un conseil consultatif sur l'énergie travaille", promet le ministre. Les Haïtiens attendent. Et meurent.
Élections 2026 : chronique d'un échec annoncé
10 ans sans vote.
Le Conseil électoral provisoire a publié un calendrier. Irréaliste.
"Toutes les dispositions sont prises", assure Monazar. Puis concède : "La situation ne permet pas d'organiser des élections."
Traduction : les gangs décideront. Comme pour le reste.
À suivre.
Sources
- Rapport BINUH/ONU 2026 sur la violence en Haïti
- Documentaire France 24 "Haïti : Port-au-Prince, capitale assiégée" (Catherine Norris Trent, Roméo Langlois)
- Dossier de l'Initiative globale contre le crime organisé (mars 2026)
- Déclaration de James Monazar, ministre du Commerce et de l'Industrie d'Haïti (France 24, 30/03/2026)
- Archives MINUSTAH (Nations Unies)
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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