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Grenoble sous le choc : la marche contre le narcotrafic et les violences

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-03
Illustration: Grenoble sous le choc : la marche contre le narcotrafic et les violences
© Illustration Le Dossier (IA)

"Stop à la violence" : le cortège des invisibles

Le rouge domine. Rouge des lettres sur les pancartes. Rouge des yeux de Sonia, 32 ans, qui serre contre elle le portrait de son mari. "Pas une balle de plus" — le slogan claque comme un coup de feu dans le silence du cortège.

Derrière elle, une foule hétéroclite : mères de famille, anciens boxeurs, lycéens. Tous marchent d'un même pas lent vers la mairie. Ils sont 200 ce 3 mai 2026. Peu ? Beaucoup ? À Grenoble, chaque présence compte. La ville a subi cinq règlements de comptes depuis février. Autant que sur l'ensemble de 2025.

"On enterre nos morts depuis trop longtemps", lance Azzeddine Mhiyaoui, organisateur de la marche. L'ancien champion de boxe montre du doigt les immeubles alentour : "Là-haut, des gosses grandissent en pensant que mourir à 20 ans est normal. Ça ne l'est pas."

Houssem, 38 ans, dernier visage d'une liste trop longue

12 avril 2026, 3h17. La boîte de nuit Le Privé vide ses derniers clients quand les coups de feu éclatent. Houssem, videur et père de famille, s'effondre. L'homme encagoulé a visé juste.

"Un frère", souffle Azzeddine en montrant leur photo d'entraînement. Le club de boxe où ils s'étaient rencontrés affiche désormais un bandeau noir. Comme quatre autres commerces du quartier — quatre morts en trois mois.

Et pourtant. Les enquêtes s'enlisent. Les témoins se taisent. "La peur est plus forte que la justice", constate amèrement Sonia, dont le mari a été tué par une balle perdue. Son crime ? Avoir traversé la rue au mauvais moment.

Grenoble, carrefour du désespoir

La géographie condamne la ville. À mi-chemin entre les Alpes italiennes et les banlieues lyonnaises, Grenoble sert de plaque tournante aux trafics. Mais depuis 2025, les guerres de territoires ont franchi un cap.

Grenades. Rafales d'AK-47. Les gangs jouent maintenant à armes égales avec la police. Résultat ? 44 blessés l'an dernier. Un taux de criminalité qui dépasse Marseille et Lyon réunis.

"Les dealers recrutent dans les collèges", soupire un professeur du quartier Villeneuve. Les effectifs policiers ? "Dépassés." Les moyens ? "Ridicules." Le silence des autorités ? "Criminel."

Quand la rue se réveille

Azzeddine a monté la marche en quinze jours. Sans subventions. Sans soutien politique. Juste avec son carnet d'adresses et une rage intacte.

200 personnes, ce n'est pas la foule. Mais c'est un début. Les pancartes oscillent entre colère ("Justice pour Houssem") et désespoir ("Prochaine victime : mon fils ?"). Une adolescente brandit une liste de noms — tous morts avant 25 ans.

"On veut quoi ? La paix !" scande le cortège. Les fenêtres s'ouvrent. Quelques applaudissements. Puis le silence retombe.

L'État absent

Aucun élu présent. Aucune déclaration préfectorale. Juste un communiqué laconique du maire, en déplacement à Paris ce jour-là.

Pendant ce temps, les chiffres tombent : 0,62 fait violent pour 1000 habitants. Le double de la moyenne nationale. "Ils nous traitent comme des statistiques", crache une commerçante. Son magasin a pris trois balles perdues en six mois.

Et pourtant. Le budget sécurité de la ville a baissé de 12% depuis 2024.

Et maintenant ?

La marche s'achève comme elle a commencé : dans le silence. Azzeddine promet une prochaine mobilisation. Plus grande. Plus forte.

Mais les solutions ? "Commencez par envoyer des CRS qui restent plus de quinze jours", ironise un restaurateur. Un père propose des ateliers pour les jeunes. Une mère exige des caméras.

Tous savent une chose : demain, à la même heure, quelque part dans Grenoble, un nouveau drame se préparera. À moins que...

Sources

  • Le Parisien
  • actu.fr

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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