Guerre des gangs : un frère témoigne contre son propre frère

Scène de crime judiciaire
Pas d'image. Juste ce haut-parleur crachant des mots qui brûlent. Ce 31 mars 2026, la salle d'audience retient son souffle. "Œil pour œil", murmure la voix de Driss Oulane. Son frère Amine, l'un des six accusés, se raidit contre le bois du box. Sept jours de procès n'avaient pas préparé à ça.
Me Inès Meddoun, l'avocate d'Amine, attaque : "Tatoo — c'est bien ton surnom ?" Les questions tombent comme des couperets. Chaque réponse creuse le fossé entre les deux frères. Entre les lignes, on devine l'enjeu réel : qui, de Driss ou d'Amine, survivra à cette guerre ?
Une famille en lambeaux
Marseille saigne depuis vingt ans. Les Oulane font partie du paysage — et du problème. Driss et Amine, mêmes combats, mêmes territoires. Jusqu'à ce matin de 2025 où tout a basculé.
Le repenti décrit sans trembler les attentats à l'explosif, les règlements de compte. "On appelait ça du travail familial", lâche-t-il. Ironie cruelle : aujourd'hui, le "travail" consiste à envoyer son propre sang derrière les barreaux.
— C'est quoi, la rançon de la liberté ? demande un journaliste à la pause. Driss n'a pas répondu. Son silence valait tous les aveux.
Cartographie d'une chute
La famille Oulane tenait trois quartiers. Trois plaques tournantes du trafic marseillais. "Amine gérait les livraisons, moi les 'nettoyages'", précise Driss. Le vocabulaire corporate d'une entreprise mortifère.
Les experts penchés sur l'affaire notent un détail troublant : les frères s'étaient partagé les rôles comme enfants partagent des billes. Sauf qu'ici, les billes étaient des kalachnikovs.
L'heure des comptes
Le procès tangue. L'avocate d'Amine tente un coup : "Vous mentez pour réduire votre peine !" Driss marque une pause. Trois secondes qui pèsent une tonne.
— Je mens comme j'ai menti à ma mère en lui disant qu'Amine rentrerait vivant de sa dernière mission.
Dans le box, Amine serre les poings. Ses jointures blanchissent. La suite ? Des chiffres, des dates, des lieux. La mécanique implacable d'une fratrie devenue machine à tuer.
Pourquoi maintenant ?
La question bruisse dans la salle. Pourquoi ce témoignage, aujourd'hui ? Driss donne sa version : "J'ai vu mourir le petit Samy, 14 ans, erreur de cible." Mais les enquêteurs chuchotent une autre piste — un compte en Suisse et une nouvelle identité.
Qu'importe. Les faits sont là, crus. Les juges notent. Les jurés oscillent entre dégoût et fascination. Marseille retient son souffle.
Épilogue provisoire
Le procès s'achève dans quinze jours. D'ici là, Driss restera caché quelque part en France, Amine dans sa cellule. Entre eux, des kilomètres — et des montagnes de cadavres.
Une dernière révélation fuse : "Le pire ? C'est qu'on s'aimait, avant." Avant les territoires. Avant l'argent. Avant que la guerre ne transforme le sang en poison.
La cour lève la séance. Dehors, Marseille continue de brûler.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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