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Gang de Marseille : un repenti brise la loi du silence contre son propre frère

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-01
Illustration: Gang de Marseille : un repenti brise la loi du silence contre son propre frère
© Illustration Le Dossier (IA)

"Œil pour œil, dent pour dent"

L’affichage est resté noir. Une voix seule a résonné dans la salle. Ce mardi 31 mars 2026, Driss Oulane — alias "Tatoo" — a brisé l’omerta marseillaise. Son témoignage visait directement Amine Oulane, l’un des six accusés. Son propre frère.

"La DZ" — du nom de la cité des Douces à Marseille — est au cœur de ce procès. Un réseau qui engrangeait entre 35 000 et 40 000 € par jour, selon les documents saisis par la police. Les relevés bancaires ne mentent pas. Les frères Oulane, eux, se déchirent.

"Amine Oulane se penche, tête appuyée sur le bois du box des accusés", rapporte Le Parisien. Son avocate, Me Inès Madioune, tente de décrédibiliser le témoin. En vain. Les faits sont têtus.

Marseille, capitale française du crime organisé

La guerre des gangs a fait 35 morts en 2025 dans la cité phocéenne. Un record. Le 25 juin 2021, Younes Laateur — 32 ans, connu des services de police — tombait sous les balles lors d’un match de foot amateur au stade de la Martine.

Les chiffres officiels sous-estiment la réalité. Les règlements de comptes ? Souvent classés sans suite. Les témoins ? Trop terrorisés pour parler. Jusqu’à aujourd’hui.

Driss Oulane a choisi son camp. Sous protection policière, il livre des noms, des dates, des montants. Et pourtant, Amine Oulane se dit déterminé à prouver son innocence. Coincé par ce témoignage fratricide.

Le système Oulane

Ce n’est pas une famille. C’est un empire criminel.

Les Oulane contrôlaient le trafic de stupéfiants dans le 15e arrondissement. Leur méthode ? Intimidation. Corruption. Violence. Leur chiffre d’affaires quotidien dépasse le budget annuel de certaines communes.

Le procès révèle un système organisé comme une multinationale :

  • Recrutement local
  • Livraisons 24h/24
  • Comptabilité méticuleuse

Les documents saisis aux Lauriers — lors d’une opération policière en 2024 — le prouvent. Noir sur blanc.

La stratégie de la défense

Me Inès Madioune attaque. Son arme ? La crédibilité du témoin. "Un repenti qui négocie sa liberté", suggère-t-elle. La visioconférence — sans image — l’empêche de lire le langage corporel de Driss Oulane.

La défense joue sur trois tableaux :

  1. Dénigrer le repenti
  2. Exploiter l’absence de preuves matérielles directes
  3. Jouer sur la corde familiale

Une stratégie risquée. Les juges ont les relevés bancaires. Et les enregistrements.

Un précédent historique

Jamais un repenti de ce niveau n’avait témoigné contre sa propre famille à Marseille. Le message est clair : même les liens du sang cèdent face à la justice.

Les autres gangs observent. Les prochains procès s’annoncent explosifs. Avec peut-être d’autres repentis. D’autres fratricides judiciaires.

Pourquoi maintenant ? La pression policière s’intensifie depuis le massacre de 2025. Les méthodes changent. La traque financière remplace les interpellations spectaculaires mais inefficaces.

Sources

  • Procès-verbal d’audience, cour d’assises d’Aix-en-Provence, 31 mars 2026
  • Archives Le Parisien, dossier "Guerre des gangs 2021-2026"
  • Saisies policières, cité des Douces, mars 2024
  • Dépêches AFP sur les règlements de comptes marseillais

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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