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SociétéÉpisode 11/3

Violences sexuelles à Paris : le calvaire des enfants de Saint-Dominique révélé

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-02
Illustration: Violences sexuelles à Paris : le calvaire des enfants de Saint-Dominique révélé
© Illustration Le Dossier (IA)

"Maman, ils m'ont mis des jouets à l'intérieur"

La phrase est tombée comme un couperet. Un soir de février 2026, dans l'appartement d'une famille du 11e arrondissement. L'enfant a 4 ans. Ses parents, médecins, reconnaissent immédiatement la gravité des mots.

Retenez ce détail.
Les violences auraient eu lieu pendant les activités périscolaires. Cinq familles — toutes issues de l'école maternelle Saint-Dominique — ont recueilli des témoignages similaires. Des récits de pénétration avec des jouets. Des chuchotements sur "le loup dans le dortoir". Des pleurs au moment d'aller à l'étude.

"Ça reflète l'état d'esprit de l'administration : ils ne nous croient pas", lâche un père, cité par Mediapart. Les animateurs suspectés ? Trois hommes employés par la mairie de Paris. Tous immédiatement suspendus. Mais la question reste : pourquoi a-t-il fallu attendre deux ans ?

Une enquête sous haute tension

La Brigade de protection des mineurs (BPM) de Paris a ouvert une information judiciaire fin février 2026. Le parquet de Paris parle "d'enquête complexe". Nous, nous disons : scandale d'État.

Les chiffres donnent le vertige. En France, seulement 6% des victimes de viol portent plainte. Quand il s'agit d'enfants, ce taux tombe à 2%. Pourquoi ? Parce que la parole des tout-petits est systématiquement mise en doute. Parce que les preuves matérielles manquent souvent. Parce que les institutions ferment les yeux.

À Saint-Dominique, les parents ont dû se battre. Contre l'école. Contre la mairie. Contre les procédures kafkaïennes. "Tous les animateurs suspectés sont immédiatement suspendus", assure l'administration. Mais les faits remontent à 2024. Deux années perdues. Deux années où les agresseurs présumés ont pu continuer à travailler.

Le système qui a laissé faire

Mediapart révèle l'ampleur du désastre. Cinq familles ont accepté de parler. Cinq combats judiciaires. Cinq enfants marqués à vie.

Les faits sont têtus. En 2023, 325 000 personnes ont déclaré avoir subi des violences sexuelles physiques en France. Plus d'un million ont été harcelées. Dans 96% des cas, les agresseurs sont des hommes. À Saint-Dominique, le schéma se répète.

Une date. Un virement. Une question.
Février 2024 : premier signalement d'un parent. La mairie promet une enquête interne. Rien ne bouge. Novembre 2025 : deuxième famille alerte l'école. Même silence. Février 2026 : la BPM est enfin saisie. Pourquoi ce délai ? Qui a couvert qui ?

La parole des enfants, cette evidence ignorée

"Ne pas s'immiscer !" C'est le mantra des enquêteurs spécialisés. Les enfants doivent être entendus par des professionnels formés. Sans pression. Sans suggestion. Mais à Saint-Dominique, les parents ont dû agir seuls.

Le témoignage d'une mère résume tout : "On nous disait que notre fils inventait. Qu'à cet âge, les enfants fantasment." Pourtant, les chiffres sont clairs. Près de 15% des filles et 12% des garçons subissent des violences sexuelles avant 18 ans. Ce ne sont pas des fantasmes. C'est un fléau national.

La BPM le sait. Ses enquêteurs ont une obsession : recueillir la parole avant qu'elle ne soit "polluée". Avant que l'enfant ne se rétracte. Avant que les preuves ne disparaissent. À Saint-Dominique, le temps a joué contre les victimes.

Paris, ville lumière ou capitale de l'omerta ?

L'école maternelle Saint-Dominique n'est pas un cas isolé. En 2025, les violences sexuelles ont augmenté de 5% en France. Une hausse inquiétante, mais inférieure à la moyenne des dix dernières années (+8%). Preuve que le système s'emballe.

La mairie de Paris communique. Trop. "Toutes les procédures ont été respectées", assure-t-elle. Mais les parents, eux, racontent une autre histoire. Celle d'une institution sourde. Celle d'une machine administrative qui étouffe les affaires gênantes.

Mediapart a retrouvé les mails. Les courriers. Les demandes de rendez-vous ignorées. Les preuves s'accumulent. Et elles pointent toutes vers le même scandale : à Paris, on protège plus les carrières que les enfants.

Sources

  • Enquête de Mediapart publiée le 2 avril 2026
  • Statistiques du ministère de l'Intérieur (2025)
  • Données du ministère de la Justice (2023)
  • Témoignages des familles de l'école Saint-Dominique
  • Procédures de la Brigade de protection des mineurs de Paris

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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