Glucksmann et ArcelorMittal : le programme flou face au vote de nationalisation

Un meeting sous le signe du vide
Raphaël Glucksmann entre en scène, savoure son arrivée. Il promet : « Nous permettrons à ces Français d'avoir accès à une voiture électrique contre un loyer de 100 € par mois. » Pas un mot sur l'alimentation, le transport aérien, l'industrie lourde. « Nous proclamerons donc l'état d'urgence industrielle pour tous les secteurs menacés par la Chine. » Il ajoute un service civique obligatoire et universel, et des colonies de vacances. « Là où les macronistes sont morts, j'irai seul. »
Il parle de « libération écologique de la France », veut interdire la publicité ciblée. « Voilà le grand combat anticapitaliste de notre époque. » Selon la vidéo, les conditions de travail, la fraude fiscale, les yachts sont absents.
Glucksmann utilise des métaphores : les énergies fossiles sont comparées à l'héroïne, la dépendance industrielle à la Chine au crack, les plateformes numériques au fentanyl. La vidéo dénonce une « animalisation et un mépris des mécanismes de l'addiction ». Elle affirme que cela « remplace l'analyse politique par une condamnation morale ».
Il invoque Pierre Mendès France : « Il ne déteste rien de plus que les promesses vaines et les slogans creux. » Puis promet « un stylo à chaque français ». La vidéo rappelle que « le fondement de la pensée progressiste, c'est l'idée que la violence la plus grave, c'est celle qui est instituée ». Glucksmann réduit la politique à une opposition entre bruit et violence d'un côté, calme et raison de l'autre.
Glucksmann ne prononce pas une seule fois le mot « Gaza ». Il parle de guerre, de Poutine, d'Ukraine. La vidéo qualifie cela d'« aveuglement politique criminel ».
Pendant ce temps, l'Assemblée vote la nationalisation
Le 11 juin 2026, une proposition de loi de nationalisation d'ArcelorMittal France est adoptée : 106 voix pour, 49 contre. C'est la deuxième fois. La première fois, le Sénat l'avait rejeté. Selon la vidéo, le Sénat, dominé par la droite, ne cédera pas ; le Premier ministre ne donnera pas le dernier mot à l'Assemblée.
Pourquoi nationaliser ? L'enjeu est triple : souveraineté industrielle, écologie, emploi. ArcelorMittal France a réalisé 850 millions d'euros de bénéfices nets en une décennie. Le groupe ne paie plus d'impôts sur les sociétés, mais verse des dividendes : 269 millions en 2023, 463 millions en 2022. « Les salariés produisent la richesse, l'État verse les subventions, mais les bénéfices remontent vers les actionnaires », selon la vidéo.
Le gouvernement macroniste s'oppose. Stéphane Peu, président du groupe communiste, riposte : « Vous êtes capables de gaspiller 211 milliards sans même savoir qui en bénéficie. » Il rappelle que de Gaulle n'aurait pas réfléchi « comme vous ».
Promesses non tenues d'ArcelorMittal : en 2020, le groupe s'engage à construire cinq fours à arc électrique en Europe, dont deux en France. Résultat : seulement deux fours annoncés au total. Pour la France, un seul four à Dunkerque, payé pour moitié via des certificats d'économie d'énergie prélevés sur les clients d'EDF.
Aides publiques : 800 millions d'euros depuis 2020, sans contrepartie. Le budget France 2030 subit 1,3 milliard d'euros de coupes.
Selon Stéphane Peu, « c'est une nationalisation offensive, une nationalisation heureuse ». La voie parlementaire est bloquée par le Sénat.
Qui paie ? Qui profite ?
ArcelorMittal France : 850 millions de bénéfices en dix ans, aucun impôt sur les sociétés, millions de dividendes versés. Aides publiques sans contrepartie. « De l'argent public pour enrichir un multimilliardaire », selon la vidéo.
La nationalisation changerait l'orientation des investissements : « L'argent public servirait à décarboner l'industrie, à construire des logements sociaux, des trains, des éoliennes. »
Et pendant ce temps, le PS danse
Dans la salle du meeting : Carole Delga, Yannick Jadot, Laurence Rossignol, Hélène Geoffroy, Sacha Houlié. « Les combinards qui n'ont plus grand monde avec qui jouer », selon la vidéo. Jadot marginalisé après sa candidature de 2022. Delga et Geoffroy soutiennent Glucksmann parce qu'elles refusent de soutenir Olivier Faure.
Glucksmann ménage sa droite : « Les anciens premiers ministres Macron, Attal et Philippe ne veulent pas non plus de Mélenchon à l'Élysée. » Il tape sur sa gauche. « Du macronisme dans sa forme la plus classique », selon la vidéo. « Des traîtres de gauche, des traîtres de droite. C'est ça ce parti. Ce n'est pas dur, c'est la réalité. »
Le meeting de Glucksmann n'a pas mentionné le vote du 11 juin sur ArcelorMittal. La vidéo conclut : « Le réformisme ne porte plus qu'un programme minimal : lutter contre les extrêmes tout en s'adaptant aux prédations du capitalisme. »
Sources : Vidéo Blast – Dissolution (13 juin 2026) ; Meeting de Raphaël Glucksmann ; Votes à l'Assemblée nationale ; Données financières d'ArcelorMittal.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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