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GIGN Dijon : 70 interventions par an, 15 millions d'armes en France – plongée au cœur du chaos

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-21
Illustration: GIGN Dijon : 70 interventions par an, 15 millions d'armes en France – plongée au cœur du chaos
© YouTube

Quinze millions. C'est le nombre d'armes en circulation en France. Une pour quatre Français. Dans ce bain de poudre, l'antenne GIGN de Dijon intervient 70 fois par an. Trafiquants, braqueurs, maris violents armés jusqu'aux dents. Nous avons passé cent jours avec eux. Voici leur guerre.

Le piège des dealers : un faux client, un village, un assaut. Rien ne se passe comme prévu.

18h. Dans ce village, une interpellation à haut risque se prépare. L'antenne du GIGN en Bourgogne mobilise une quinzaine de gendarmes de choc. Depuis des mois, un gang de dealers vend de la drogue par internet. Après des semaines d'enquête, les gendarmes sont en embuscade. Leur plan ? Se faire passer pour des clients.

« Donc pour l'instant, on n'a pas d'horaire de livraison encore. Il nous demande de rester à l'affût », confie Sami, le maréchal des logis qui joue le faux client. Le commandant Steve, 33 ans, dirige l'opération. Le dealer vient de rappeler. Rendez-vous est pris : 19h, devant la poste.

L'hélicoptère tourne au-dessus du village. Les gendarmes scrutent chaque voiture. « On sent un peu d'excitation. On a hâte de voir notre dispositif se mettre en place », souffle un opérateur. Mais le dealer tarde. 19h. Rien. 19h10. Toujours rien. La tension monte.

« Malgré tout, il s'installe toujours un petit doute. Le savoir si c'est pas nous-mêmes qui sommes en train de nous faire mener en bateau », avoue Steve. Puis soudain, l'hélicoptère signale un véhicule qui s'engage dans la rue. « Ça se rapproche. Ça arrive. »

Sauf que la voiture se gare à un endroit non anticipé. L'interpellation dérape. « Top à terre », ordonne Steve. Les hommes jaillissent. « Bouge pas ! Donne tes mains ! » Le piège a fonctionné, de justesse. Saisie : 250 grammes de cannabis, héroïne, cocaïne, spray anti-THC. Le chef du réseau reste anonyme, caché derrière une messagerie cryptée.

« On a le choix du terrain et c'est un énorme avantage », explique Steve lors du repérage la veille. L'équipe avait choisi une rue resserrée, une maison inoccupée pour observer, et des horaires de livraison habituels : 7h ou 21h. « C'est ce choix de terrain qui va déterminer le succès de la mission. » — et ce n'est pas rien.

Le quotidien de l'antenne se résume à ça : 70 interventions par an, des préparations minutieuses, des imprévus permanents. Les dealers d'aujourd'hui utilisent les réseaux sociaux, les messageries cryptées, les livraisons à domicile. Le GIGN s'adapte. Mais le vrai danger reste l'arme qui peut sortir à tout moment.

L'assaut du chalet : 3 kg d'héroïne pure, un réseau albanais démantelé. Et un invité surprise.

20h. Steve réunit une douzaine d'hommes pour un briefing. « Donc demain matin, interpellation domiciliaire dans le cadre d'un trafic de stupéfiant, principalement héroïne et cocaïne. » Un réseau international : tête en Grèce, 250 dealers en France, originaire des pays de l'Est. Les Albanais. Leur spécialité : l'héroïne, qui touche énormément le milieu rural. « Elle provient de l'opium afghan, arrive par la route des Balkans, et son faible coût la rend très accessible dans les campagnes », précise un enquêteur.

L'opération est prévue à l'aube. Deux chefs présumés, armés, dirigent le business depuis un chalet anonyme dans les Alpes. — « Point particulier : il y a un détecteur de mouvement. Le chalet est constamment fermé, volets clos. » L'unité va devoir surprendre les occupants.

À 2h du matin, Sébastien et son camarade de la cellule ERAC (évaluation et recherche de l'action criminelle) partent en reconnaissance. Leur métier : repérer les entrées, les serrures, préparer l'effraction. « Les effractions, mieux elles se passent, mieux c'est pour toute la colonne », explique Sébastien. « Ça peut être la personne qui se lève et qui tire à travers la porte. » Le danger est énorme. Sans protection, ils peuvent tomber nez à nez avec les malfaiteurs.

Ils découvrent une particularité : seule une porte-fenêtre, fermée par un volet constamment baissé, permet l'entrée. « On va devoir casser le volet, puis la porte-fenêtre. Ça produira du bruit, il faudra aller vite. » Le plan : outil hydraulique pour décoller le volet, puis bélier pour la porte. « Tout en finesse », ironise Sébastien.

À 5h, branle-bas de combat au QG. Chaque gendarme prépare son matériel : fusil d'assaut, protections, plus de 30 kg à porter. « C'est des missions qui se préparent à l'avance, le matin on déroule le scénario », dit un opérateur. Dernier appel sur le rôle, puis embarquement dans la « cuve », le camion d'assaut.

Après une heure de route, la colonne approche du chalet. 6h. Steve lance l'assaut. « Bouge pas ! Donne tes mains ! Au sol ! » Surpris en plein sommeil, les deux individus ne réagissent pas. Mais surprise : un troisième homme est avec eux. « Trois mecs interpellés, les deux targets sont là », annonce Steve.

Les enquêteurs investissent le chalet. Dans le bois tout proche, ils découvrent enterrés 3 kg d'héroïne pure. Valeur : 250 000 euros. Une autre opération, non filmée celle-là, a permis de saisir 30 kg d'héroïne — soit 2,5 millions d'euros. « Pour trafic de stupéfiant, ils sont passibles de 10 ans de prison », rappelle un gendarme.

« C'est un trafic d'une bonne importance. Ce qui nécessite notre engagement, c'est surtout le fait que les individus sont armés pour se protéger d'éventuels concurrents », justifie Steve. En moyenne, un réseau de vendeurs originaires des pays de l'Est est démantelé tous les six mois dans la région. Voilà.

Le gang du papi braqueur : un septuagénaire à la tête d'une équipe violente. Oui, vous avez bien lu.

Tous les malfaiteurs ne sont pas jeunes. L'antenne GIGN de Dijon a démantelé un gang de cambrioleurs particulièrement violent, dirigé par un homme de 72 ans. Oui, vous avez bien lu : 72 ans.

L'opération a commencé par une filature. Les gendarmes suivent le véhicule du gang. Mais les malfaiteurs sont méfiants. Ils effectuent des manœuvres de sécurité : demi-tour brusque, looping, tentatives de semer les enquêteurs. « Ils ont des techniques quasi professionnelles », confie un enquêteur.

L'interpellation a lieu après plusieurs jours de surveillance. Le papi braqueur est arrêté au volant. Dans sa voiture, les gendarmes découvrent un revolver. Son complice, également interpellé, ne cache pas sa surprise. Les images montrent la scène : « Bouge pas ! Donne tes mains ! » L'homme, 72 ans, chef présumé, ne résiste pas. Mais son gang avait commis plusieurs cambriolages violents dans la région.

« Ce qui frappe, c'est l'âge », commente un gendarme. « On a l'impression que la délinquance n'a pas d'âge. » — et pourtant, ce septuagénaire dirigeait une équipe qui n'hésitait pas à fracasser des portes à coups de bélier. Le GIGN ne fait pas de différence. Qu'on ait 20 ou 72 ans, une arme reste une arme.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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