Gamins d'Avignon : le commando qui voulait brûler une témoin du braquage à 9 millions

Une panoplie préparée sur mesure
Quatre garçons. Venue d’Avignon. Direction Neuilly-sur-Seine. Dans leur voiture, les policiers découvrent un arsenal artisanal mais mortel : deux jerricans d’essence, des balles de 9 mm, et tout le matériel nécessaire à un assassinat par le feu et par balle. Ce n’est pas une rixe de cité. C’est un commando.
Les enquêteurs n’ont pas encore révélé si les suspects comptaient brûler la victime, la cribler de balles, ou les deux. Mais la présence conjointe de carburant et de munitions indique une intention claire : faire taire définitivement quelqu’un. Les gamins d’Avignon ont été arrêtés avant d’avoir pu passer à l’acte. Interpellation discrète, fin avril, dans les rues de Neuilly. Aucune fusillade. Aucune course-poursuite. Les quatre hommes sont tombés dans un filet tendu par la police judiciaire.
Pourquoi Neuilly ? La cible habitait-elle dans cette ville cossue des Hauts-de-Seine ? Les enquêteurs le savent, mais ne le disent pas. Les suspects, eux, sont en garde à vue. Leur silence est assourdissant.
L’affaire commence ici : dans cette voiture chargée de mort potentielle, garée dans une rue de la banlieue ouest de Paris. Les enquêteurs ont saisi les jerricans, les balles, les téléphones. Ils cherchent maintenant à remonter la filière. Qui a fourni l’essence ? Qui a acheté les munitions ? Les réponses se trouvent peut-être dans les relevés téléphoniques, dans les allées et venues entre Avignon et Paris.
La femme qui en savait trop
Août 2020. Lyon. Un fourgon blindé est attaqué. Le butin : 9 millions d'euros. Un casse spectaculaire, digne des meilleurs films. Les braqueurs agissent vite, disparaissent avec l’argent. Pendant des mois, l’enquête piétine. Puis une femme se présente. Elle a vu. Elle a entendu. Elle accepte de témoigner.
Son témoignage permet aux enquêteurs de remonter la piste. Des hommes sont identifiés, interpellés, jugés. La femme devient un maillon essentiel de la procédure. Mais dans le milieu du grand banditisme, un témoin gênant reste une cible. Six ans plus tard, l’ombre du braquage de 2020 plane encore. 9 millions d'euros — une somme qui attire les convoitises, qui sème la violence. Une partie de l’argent n’a jamais été retrouvée. Les commanditaires ? Peut-être derrière les barreaux, peut-être ailleurs. Mais ils avaient visiblement les moyens de recruter des hommes de main.
Les quatre jeunes d’Avignon sont-ils des exécutants payés ? Des hommes de main d’un réseau plus large ? Leur jeune âge – entre 20 et 25 ans, selon des sources proches de l’enquête – suggère qu’ils ont été recrutés pour une mission unique. Mission d’assassinat contre une femme qui avait simplement fait son devoir de citoyenne.
Un piège qui se referme à Neuilly
Fin avril 2026. Les quatre suspects arrivent à Neuilly-sur-Seine. Ils viennent d’Avignon, à plus de 700 kilomètres de là. Pourquoi ce trajet ? Pourquoi cette ville ? Les policiers les surveillaient peut-être depuis plusieurs jours. L’arrestation se déroule sans heurt. Les suspects sont placés en garde à vue.
Au moment de la fouille du véhicule, les enquêteurs tombent sur les jerricans. Et sur les balles. La preuve est là, tangible. Les suspects n’ont pas le temps de nier : les faits sont patents. Les interrogatoires commencent. Les quatre gamins se retranchent derrière le silence. Qui les a envoyés ? Qui leur a donné la cible ? Les investigations se heurtent à un mur. L’enquête continue.
Ce qui frappe, c’est le professionnalisme apparent de la préparation. Deux jerricans d’essence – de quoi brûler une voiture, un corps, des preuves. Les balles de 9 mm – de quoi tuer à coup sûr. Le matériel semble acheté avec soin, en amont. Pourtant, une erreur a été commise : les policiers ont été avertis. Par qui ? Une information ? Une écoute ? Le Parisien ne donne pas de détails, mais le timing est serré.
Les quatre suspects sont aujourd’hui mis en examen pour « tentative d’assassinat en bande organisée ». Ils risquent la perpétuité. Mais derrière eux, les véritables commanditaires restent dans l’ombre. L’affaire du braquage à 9 millions n’est pas close.
Itinéraire d’une vengeance programmée
Avignon, cité des papes, ville de théâtre, mais aussi plaque tournante du trafic de stupéfiants. Depuis plusieurs années, la ville est secouée par des règlements de comptes violents. Les quatre jeunes hommes interpellés à Neuilly viennent de là. Leur profil ? Inconnu des services pour des faits de grand banditisme, mais peut-être connus pour des délits mineurs. Les enquêteurs creusent.
Le trajet Avignon–Neuilly n’est pas un hasard. Il faut un véhicule, de l’argent, une organisation. Qui a financé ce déplacement ? Les suspects sont partis avec des jerricans d’essence – donc ils comptaient utiliser le feu. Un assassinat par le feu est particulièrement violent : il efface les empreintes, détruit l’ADN, réduit la victime en cendres. Une méthode de tueur expérimenté, pas de petits délinquants.
Et pourtant, les gamins d’Avignon sont jeunes, peut-être manipulés. L’enquête devra déterminer leur degré d’implication : simples exécutants ou véritables décideurs ? Leur passif judiciaire, leur réseau, leurs téléphones, tout est passé au crible.
Les enquêteurs cherchent aussi un lien avec les hommes condamnés pour le braquage de 2020. Certains sont-ils incarcérés ? D’autres en liberté ? Les commanditaires peuvent agir depuis leur cellule ou depuis l’étranger. Le mode opératoire – recruter des jeunes loin du lieu de l’assassinat – est classique : cela permet de brouiller les pistes.
Zones d’ombre : qui tire les ficelles ?
Tout est là, mais rien n’est clair. Les noms des suspects ne sont pas publics. L’identité de la femme protégée reste secrète. Les détails précis du matériel utilisé ne sont pas divulgués. Le Parisien parle de « matériel » sans le décrire.
Pourquoi ce flou ? L’enquête est en cours. Mais une question émerge : qui a commandité cet assassinat ? Les braqueurs de 2020, ou leurs proches ? Une partie des 9 millions d’euros n’a jamais été retrouvée. Cet argent peut servir à payer des tueurs, à soudoyer des intermédiaires, à financer des évasions.
Le timing interpelle : le braquage date de 2020, le procès a probablement eu lieu il y a quelques années. Pourquoi une tentative d’assassinat six ans après ? Peut-être que la femme a témoigné récemment dans le cadre d’un appel ? Ou que les condamnés viennent de sortir de prison ? Les faits manquent. Mais le lien est clair : la cible est bien la témoin du braquage.
Le parquet de Nanterre, saisi de l’affaire, reste muet. Les avocats des suspects n’ont pas commenté. Les familles des quatre jeunes d’Avignon sont sous le choc. L’affaire commence à faire du bruit dans les rédactions.
Une affaire qui éclabousse la République ?
Neuilly-sur-Seine, symbole de richesse et de sécurité. Avignon, ville populaire. Le contraste est frappant. Mais au-delà du décor, c’est la capacité de vengeance du grand banditisme qui est mise en lumière. Une femme a parlé. Elle a cru en la justice. Et six ans plus tard, on a tenté de la faire taire avec des jerricans d’essence.
Où est la protection des témoins en France ? Existe-t-elle vraiment ? Cette affaire prouve que non. La femme visée aurait dû être protégée, peut-être relogée, dotée d’une nouvelle identité. Mais elle était encore joignable, identifiable. Les tueurs ont pu la localiser.
Les policiers ont déjoué l’attentat. C’est une victoire. Mais c’est aussi un aveu d’échec : le système de protection a failli. Les commanditaires, eux, courent toujours. L’argent du braquage dort quelque part, prêt à financer d’autres violences.
Deux jerricans d’essence, des balles de 9 mm. Voilà le prix d’une parole libre. Le Dossier continuera de suivre cette affaire. Parce que derrière le fait divers, c’est la crédibilité de l’État de droit qui est en jeu.
Sources :
- Le Parisien – Vincent Gautronneau, 20 mai 2026. « Le braquage à 9 millions et les gamins d’Avignon : révélations sur un étrange assassinat déjoué à Neuilly »
- Info Le Parisien – Faits divers, 20 mai 2026.
L’enquête continue.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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