Fuchs : le Mali va tomber, la Russie prépare son offensive à Madagascar

Abandon de la veille sanitaire : 37 % de moins, point final
Ce n’est pas un accident technique. C’est un choix budgétaire assumé. Interrogé sur les conséquences, Fuchs esquisse une défense : l’effort doit être collectif, multilatéral. Mais les chiffres parlent. La chaîne de surveillance des épidémies en Afrique perd plus d’un tiers de ses fonds. Pourtant, le risque Ebola n’a jamais disparu — il s’amplifie avec l’insécurité grandissante au Sahel. Des laboratoires de terrain ferment. Des alertes sanitaires ne sont plus transmises. Le député le reconnaît : « L’intérêt du monde est de multiplier, de renforcer les coopérations. » Mais les actes contredisent le discours. Pendant ce temps, la Russie et la Chine construisent des instituts de recherche dans plusieurs pays africains — sans condition, sans baisse de budget.
« On fait avec 37 % de moins immédiatement. » Cette phrase prononcée par Fuchs résume l’impuissance française. Pourtant, le député tente de convaincre : la France a « le meilleur modèle de partenariat ». Un modèle qui ne convainc plus les pays africains, fatigués des promesses non tenues et des coupes claires. La question est sur toutes les lèvres : combien de vies coûte cette décision ?
25 avril : l’offensive djihadiste qui change la donne
Le 25 avril, les djihadistes du JNIM et les rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad frappent conjointement le Mali. Le nord du pays s’embrase. Les djihadistes contournent les bases russes de Wagner. Les forces d’Assimi Goïta reculent. Face à cette déflagration, Emmanuel Macron lance depuis Nairobi : « Le départ des militaires français n’est sans doute pas la meilleure décision que les putschistes ont prise pour leur pays. » Une phrase qui sonne comme un satisfecit amer. La France était partie en 2022, chassée par la junte. Aujourd’hui, les Russes paient l’addition.
Bruno Fuchs va plus loin. Le député ne se cache pas derrière la diplomatie. Il dit ce que l’Élysée pense tout bas : « Les Sahéliens s’aperçoivent que chasser le partenaire français est contre-productif. » Puis il enfonce le clou : « Actuellement, les djihadistes sont les plus forts militairement. » Une réalité que le régime de Bamako ne peut plus cacher. Les forces armées maliennes, formées en partie par Wagner, perdent du terrain chaque jour. La population vit sous la menace constante. Fuchs est catégorique : « Le régime au Mali va changer dans quelques semaines, quelques mois. Ça, c’est inéluctable. »
Goïta face au dilemme : négocier avec les djihadistes ?
Le député détaille deux scénarios. Premier : Assimi Goïta, acculé, accepte une négociation. Pas avec les touaregs seulement — avec le JNIM. Oui, le groupe djihadiste lui-même. Fuchs l’affirme : « Le JNIM est prêt à déposer les armes à condition de participer à la vie politique du pays. Pas à prendre le contrôle, mais à participer. » Une hypothèse que la France n’a jamais envisagée officiellement. Un tabou. Pourtant, Fuchs pose la question ouverte : « Est-ce que nous, Européens, supportons cette transition avec le JNIM ou pas ? » Il ne répond pas. « C’est un vrai problème de conscience, un problème politique. »
Deuxième scénario : Goïta refuse tout dialogue. Il s’accroche. Alors, selon Fuchs, « les Russes négocient leur départ ». Les mercenaires de Wagner, présentés comme des piliers par la propagande, regardent déjà vers la sortie. Et sans eux, le régime tombe. « Si ce n’est pas négocié, ce sera pire qu’une négociation », prévient le député. Les Maliens n’auront alors que le choix entre des djihadistes triomphants et des rebelles touaregs. La France, elle, observe — sans pouvoir agir.
Madagascar : le nouveau laboratoire de l’influence russe
Fuchs s’est rendu à Madagascar il y a six mois. Son constat est alarmant : « Le nouveau régime dirigé par Andry Rajoelina se tourne de plus en plus vers la Russie. » La raison ? La Russie perd pied au Sahel. Alors elle cherche un nouveau point d’ancrage. Madagascar est une porte sur l’océan Indien. Fuchs le dit sans détour : « Les Russes vont tout jouer sur Madagascar. Ça va être leur modèle, leur laboratoire. »
La France a-t-elle les moyens de contrer ? Le député appelle à « un gros focus avec beaucoup de moyens ». Pas d’argent russe, rappelle-t-il. Les Russes n’ont quasiment pas de fonds à injecter. Mais ils jouent sur les ressentiments anti-français, sur les promesses d’indépendance réelle. « Si on est très présent à Madagascar, pas sûr que les Russes réussissent leur entrée », estime Fuchs. Une bataille d’influence qui se joue dans des réunions publiques, des accords de sécurité, des ventes d’armes. La France, elle, doit réparer son image : CFA, visas, passeports diplomatiques — autant d’« irritants » que Fuchs reconnaît. « Si on les lève, on redeviendra une puissance désirée. » Un aveu rare.
Le modèle français a des trous — CFA, visas, crédibilité
Fuchs défend le modèle français — « le meilleur », dit-il. Mais il admet les failles. La question du franc CFA empoisonne les relations. Les visas refusés aux élites africaines aussi. Irritants quotidiens qui nourrissent le discours russe et chinois. Le député le sait : « Si on règle tous ces irritants, on redeviendra une puissance désirée. » Mais rien n’est réglé. Au contraire, les coupes budgétaires s’accumulent. La confiance s’érode.
Et pendant ce temps, la Russie s’installe à Madagascar. Elle se présente comme l’alternative à la France. Son discours séduit : pas d’ingérence, pas de condition sanitaire, pas de baisse de fonds. Les autorités malgaches, en quête de nouveaux alliés, écoutent. Le risque d’une base russe dans l’océan Indien n’est plus une hypothèse de science-fiction. C’est une menace concrète que Fuchs place au centre de son alerte.
Les questions restent sans réponse. Pour l’instant. Combien de temps le Mali peut-il survivre sans changer de régime ? Le JNIM sera-t-il accepté dans le jeu politique ? La France réagira-t-elle à Madagascar avant qu’il ne soit trop tard ? Bruno Fuchs a parlé. Ses déclarations ne sont pas des preuves juridiques — mais des sonnettes d’alarme. Le Dossier les relaye parce qu’elles touchent au cœur de la politique étrangère française : une puissance qui se retire, une autre qui avance, des peuples pris en étau.
À suivre.
Sources : entretien exclusif avec Bruno Fuchs (député français) — vidéo YouTube (lien ci-dessus). Contexte vérifié : guerre du Mali (2012-2026), opération Serval (2013), opération Barkhane, retrait français en 2022, montée de Wagner et du JNIM.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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