Frappe inédite en Roumanie, propagande en France : l'offensive hybride russe

1h58. Un drone russe chargé d'explosifs frappe un immeuble résidentiel à Galati, en Roumanie. Bilan : deux blessés légers, soixante-dix évacués. Membre de l'OTAN et de l'UE, la Roumanie n'avait jamais subi cela. Une première. Pendant ce temps, à Paris, Xenia Fedorova — ex-patronne de RT France — continue d'occuper les plateaux de CNews, avec un visa de dix ans renouvelé en 2024. Le gouvernement français la qualifie de « propagandiste patentée ».
Le drone qui change la donne
Un drone russe — selon la journaliste Marie Jégo, amélioré selon un modèle iranien — s'est écrasé. Deux F-16 ont décollé de la base roumaine, mais ils n'ont pas tiré. Le président roumain a expliqué que les conditions pour détruire la cible sans mettre en danger les civils n'étaient pas réunies. Temps de réaction : quatre minutes.
Le général D. Trinquand analyse : « Ce n'est pas la première fois qu'un drone russe tombe en Roumanie, juste sur la frontière ukrainienne. Mais c'est la première fois que ça tombe sur un immeuble résidentiel. » Il penche pour une erreur ou un brouillage. « Mais on ne teste pas grand-chose en faisant ça », nuance-t-il.
Pierre Haroche voit un test délibéré. « En septembre dernier, plus d'une dizaine de drones russes étaient arrivés en Pologne. Ce n'était probablement pas une erreur. » Pour lui, que ce soit intentionnel ou non, les Russes observent la réaction de l'OTAN. « Ils testent notre détermination. »
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a refusé de commenter. « Pas de commentaire », a-t-il dit, d'un ton agressif. Antoine Vitkine relève l'absence de démenti catégorique, y voyant une manière de nier sans nier.
L'article 5 de l'OTAN — la clause de défense collective — n'a pas été activé. Le général Trinquand : « Pas pour un objet comme un drone arrivé sur un toit. Restons calmes, buvons frais. » Mais il ajoute : « S'il y avait eu trois personnes sur le toit quand il est tombé, ça n'aurait pas changé la nature de l'attaque. »
Défense en avant : le tabou qui tombe ?
Repousser la ligne d'interception en territoire ukrainien — l'idée fait son chemin. « Ouvrir le feu non pas quand ça a franchi la frontière roumaine, mais en Ukraine », explique le général Trinquand. « Pour l'instant, on n'a pas pris ces mesures. Mais ça me paraît aujourd'hui une piste qu'il va falloir étudier sérieusement. »
Pierre Haroche appelle à une coopération renforcée avec l'Ukraine : « Il faut aussi le faire en coopération avec les Ukrainiens. C'est eux qui sont les leaders mondiaux du savoir-faire aujourd'hui. » Selon Jean-Noël Barrot, « l'Ukraine est en train de gagner la guerre des drones. La Russie perd 35 000 hommes sur le front, plus qu'elle ne parvient à en recruter. »
La coordination OTAN-UE reste bancale. La Commission européenne a lancé une initiative « mur de drones », mais le général Trinquand rappelle : « La défense de l'espace aérien, c'est l'OTAN, pas l'UE. » Ce projet est testé en Pologne et en Roumanie, mais ne sera pas opérationnel avant fin 2026, voire début 2027, selon Marie Jégo.
Les pays baltes aussi sont sous pression. Les Russes détournent des drones ukrainiens vers les territoires baltes, alerte Marie Jégo. En retour, Moscou accuse les Baltes d'envoyer des drones sur la Russie.
Xenia Fedorova : la propagande en toute légalité
Pendant que les bombes tombent sur Galati, une autre offensive se joue à Paris. Xenia Fedorova — ex-patronne de RT France — apparaît sur CNews. Son visa de dix ans, renouvelé en 2024, lui permet de circuler librement. « Madame Fedorova est effectivement une propagandiste patentée qui sert de relais à la désinformation du Kremlin », a déclaré le ministre Jean-Noël Barrot.
Le général Trinquand s'indigne : « Plusieurs journalistes ont été renvoyés de CNews parce qu'ils s'opposaient à ses positions. Un général a été renvoyé après avoir contredit Fedorova qui disait que c'était l'Ukraine qui avait attaqué la Russie. » Interrogé sur la preuve, il répond : « Ah oui ! C'était : “Vous quittez la chaîne !” »
Antoine Vitkine souligne la contradiction : « Pourquoi accorder un visa de dix ans à cette personne ? »
« On a essayé de me recruter »
Marie Jégo — correspondante du Monde à Moscou de 2005 à 2014 — se souvient. « C'était en 2013. Une agence de com très liée au Kremlin, fondée par les dirigeants de l'agence Tass, m'a proposé un poste. Une somme astronomique. » Elle a refusé. « Je leur ai demandé s'ils avaient lu mes articles. » Selon elle, le régime russe cherche à récupérer des journalistes critiques pour les utiliser comme preuve de pluralisme.
Ce n'est pas un cas isolé. La stratégie informationnelle russe vise à influencer les opinions publiques, avec des discours adaptés : amitié en France, anti-colonialisme en Afrique.
Des élections françaises dans le viseur
Selon la source, la stratégie informationnelle russe vise à influencer les élections françaises. Les colloques sur les ingérences informationnelles se multiplient.
La Russie produit plus de munitions que toute l'Europe réunie, mais elle essuie des pertes humaines colossales et des revers tactiques. « Poutine est comme un animal blessé, plus dangereux », résume Marie Jégo. Les drones — avec IA, Starlink, robots terrestres — transforment le champ de bataille. L'Ukraine développe des missiles Flamingo d'une portée de 1 500 km.
L'OTAN renforce sa présence en Finlande (25 000 soldats, dont des chasseurs alpins français), en Estonie, en Lituanie, en Roumanie.
La frappe de Galati, le visa de Fedorova, les tentatives de recrutement — tout s'emboîte. Une guerre hybride menée sur tous les fronts, sans déclaration officielle.
La question reste ouverte : jusqu'où l'Europe est-elle prête à aller ? Le mur de drones n'arrivera pas avant 2027. Le temps presse, et la menace n'attend pas.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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