Drones russes : l’Europe sous les bourdonnements, un mur à 5 000 km pour se défendre
Des incursions venues de l’Est
Depuis le début de la guerre en Ukraine, les incursions de drones se multiplient. La RTBF, nos collègues belges, a recensé tous les crashes en Europe. Le bilan ? Des débris qui jonchent la frontière avec la Russie ou l’Ukraine, de la Finlande à la Roumanie. Mais les violations ne s’arrêtent pas à l’Est. Des drones non autorisés ont été détectés en Suède, Norvège, Danemark, Pays-Bas, Allemagne, Belgique, France, et même au Royaume-Uni.
La Roumanie est en tête du triste classement : le plus grand nombre d’attaques de drones. Viennent ensuite la Pologne, la Lituanie et la Lettonie. À partir de 2025, des engins d’origine inconnue ont commencé à s’aventurer plus à l’ouest, notamment autour des aéroports et des bases militaires. L’aéroport de Munich a dû interrompre son activité plusieurs fois en octobre, après des survols suspects.
Et pourtant. En Europe de l’Ouest, ces menaces restent encore rares. À l’Est, elles sont devenues quasi quotidiennes. La Lituanie a dû solliciter l’aide des avions de l’OTAN pour abattre des drones. Le gouvernement a appelé les habitants de certains quartiers de Vilnius à rejoindre les abris anti-aériens.
Le coût absurde de la défense
Faites le calcul. En septembre dernier, des drones russes ont survolé la Pologne. L’OTAN a mobilisé ses F-35. Les missiles ont abattu les intrus. Coût total de l’opération : 1,2 million d’euros, selon les estimations. En face, le drone russe low-cost, le Gerbera, ne coûte que 9 000 euros à produire. Oui, vous avez bien lu. Le rapport de force est économique. La Russie en produirait plus d’un million chaque année. La stratégie est claire : saturer les défenses.
La guerre des drones a déjà fait tomber un gouvernement. En Lettonie, deux drones ukrainiens — probablement déviés par la défense anti-aérienne russe — sont tombés dans un ancien dépôt de pétrole. L’incendie a été violent. Les débats sur la responsabilité ont déchiré la coalition. La Première ministre Evika Silina a démissionné. Une première. Des drones qui font tomber un exécutif.
Le mur anti-drone : 5 000 kilomètres de capteurs
Face à cette menace, l’Union européenne a choisi la barrière. Ce mur anti-drone doit protéger la frontière orientale sur 5 000 kilomètres — de la Finlande à la Roumanie, en passant par l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie. Une succession de capteurs : radars, détecteurs optiques, acoustiques. Une fois le drone repéré, plusieurs options : le brouillage pour le rendre inoffensif, un filet anti-drone pour le piéger, ou un drone anti-drone pour le repousser. En dernier recours, la destruction — mais les débris menacent les zones habitées.
La Commission européenne coordonne, mais ce sont les États membres qui pilotent le projet. Ils doivent garantir la compatibilité des systèmes entre voisins. Un vrai front uni.
La Pologne mène la course. Particulièrement exposée — avec l’enclave de Kaliningrad au nord et la Biélorussie à l’est — Varsovie a annoncé début janvier le programme SANE. 3,5 milliards d’euros d’investissement, en grande partie financés par l’UE. Objectif : identifier, brouiller et abattre les drones adverses sans faire intervenir les chasseurs. La Pologne s’équipera de 18 batteries de systèmes anti-drone et 52 pelotons de tir.
Un centre d’excellence en 2026
L’UE veut éviter un saupoudrage à coups de milliards. Un centre d’excellence verra le jour l’année prochaine — 2026 — pour tester et certifier les différentes mesures anti-drone déployées. Peter Stutt, l’expert, estime que c’est là que se joue l’essentiel. Reste à savoir si ce mur répondra aux attentes. Le calendrier est serré : pleine opérationnalité fin 2027. D’ici là, d’autres technologies pointeront sans doute le nez.
L’ombre des premiers drones
Le premier prototype de drone militaire date de 1917. Mais aujourd’hui, la donne a changé : la Russie en fabrique plus d’un million par an. Des engins simples, peu coûteux — capables de déstabiliser les défenses les plus sophistiquées. Le mur anti-drone est une réponse. Mais à quel prix ?
📰Source :YouTube
Par la rédaction de Le Dossier
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