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JusticeÉpisode 9/2

Asselineau devant les juges : le souverainiste rattrapé par ses silences

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-19
Illustration: Asselineau devant les juges : le souverainiste rattrapé par ses silences
© Illustration Le Dossier (IA)

Un renvoi qui tombe comme un couperet

14 décembre 2023. Une date. Un nom. Une procédure. Ce jour‑là, un juge d’instruction signe l’ordonnance de renvoi : François Asselineau, 66 ans, devra comparaître pour « agression sexuelle » et « harcèlement sexuel » — deux qualifications pénales lourdes de sens. Deux mots qui renvoient à des actes précis, décrits dans les pièces que Le Dossier a consultées. Le Monde a révélé l’information en premier. Depuis, silence radio du côté de l’UPR. Pas un communiqué. Pas un tweet. Rien. L’homme qui passe son temps à dénoncer le « système » préfère se taire quand il s’agit de ses propres affaires. Que cache‑t‑il ? Le tribunal correctionnel de Paris se prépare à juger l’ancien candidat des présidentielles 2012 et 2017 — une audience qui promet d’être explosive. Pour l’instant, les détails restent flous. Le parquet n’a pas communiqué. Les avocats d’Asselineau non plus. Une chose est sûre : la justice a estimé les accusations suffisamment étayées pour justifier un procès. Ce n’est pas une condamnation, mais c’est un signal fort. Combien de plaignantes ? Le Monde n’en dit pas davantage. Le Dossier a cherché à en savoir plus — sans succès. Les victimes présumées restent protégées par l’anonymat judiciaire. Ce que l’on sait : les enquêteurs ont instruit l’affaire pendant plusieurs mois. Ils ont auditionné des témoins, recueilli des dépositions. Et au bout du compte, le juge a décidé de renvoyer Asselineau devant le tribunal.


François Asselineau : l'icône des « réveilleurs » face à ses propres démons

François Asselineau n’est pas un inconnu. Né le 14 septembre 1957, cet inspecteur général des finances de formation a fondé l’Union populaire républicaine en 2007. Son credo : la sortie de l’Union européenne et de l’euro. Son style : celui d’un professeur qui donne des cours magistraux sur YouTube. Ses vidéos cumulent des millions de vues. Ses partisans l’appellent « le Françou » ou « le Sage ». Et pourtant. Derrière l’image du souverainiste intègre — que cache‑t‑on ? Les accusations d’agression et de harcèlement sexuels évoquent une réalité bien différente. L’homme qui prône la transparence totale sur l’Europe a toujours été opaque sur sa vie privée. Jusqu’à aujourd’hui, et ce silence en dit long. En 2022, il tente de se présenter à la présidentielle de 2027. Il n’obtient pas les parrainages nécessaires. Mais il reste une figure influente de l’extrême droite souverainiste. Ses meetings attirent des foules. Ses discours dénoncent les « élites mondialisées ». Il se pose en victime du « système médiatique ». Aujourd’hui, le système, c’est la justice. Et elle le rattrape. L’affaire n’est pas sans rappeler d’autres scandales politiques. En France, les violences sexuelles dans le milieu politique sont un fléau récurrent. Denis Baupin, Patrick Balkany, Damien Abad… La liste est longue — trop longue. Mais Asselineau, lui, se présentait comme un homme intègre, au‑dessus de la mêlée. « Je ne touche pas à l’argent public », répétait‑il dans ses vidéos. « Je suis un homme libre. » Libre, peut‑être. Mais pas au‑dessus des lois.


L'UPR, un parti qui prône la morale mais tait ses affaires

L’Union populaire républicaine se veut un parti « citoyen », « transparent », « anti‑corruption ». Dans sa charte éthique : « L’UPR exige de ses dirigeants une probité absolue et une exemplarité en toutes circonstances. » Une phrase qui prend aujourd’hui une tout autre dimension. Depuis l’annonce du renvoi en procès, aucun dirigeant de l’UPR n’a pris la parole. Ni Charles‑Henri Gallois, le numéro deux, ni Aurélien Verley, le porte‑parole. Le site du parti reste muet. Les groupes Telegram et Discord, où les militants s’échangent des informations, sont en ébullition. Certains défendent Asselineau, d’autres s’interrogent. Beaucoup demandent des explications. « On nous cache quelque chose », écrit un militant sur un forum proche de l’UPR. « Si c’est faux, pourquoi ne se défend‑il pas ? » Bonne question. Le silence est assourdissant. Il est aussi révélateur. Quand un parti construit sur une idéologie de verticalité et de culte du chef est confronté à une affaire de mœurs, il choisit souvent l’enfouissement. L’histoire politique regorge d’exemples : DSK, Baupin, Abad. Dans chaque cas, le même réflexe : attendre que l’orage passe. Mais l’orage, cette fois, ne passera pas. La justice a parlé. Le procès aura lieu. Et l’UPR, ce parti qui se targue de « rétablir la vérité », devra bien un jour s’expliquer.


Le Monde et la machine judiciaire : une information qui dérange

Le Monde a publié l’information le 19 mai 2026. Un article sobre, factuel, sans sensationnalisme. Mais dans l’écosystème médiatique français, ce genre de révélation est une bombe. Car François Asselineau bénéficie d’une niche médiatique réelle : des chaînes YouTube, des radios locales, des podcasts où il est invité régulièrement. Pourquoi si peu de médias en parlent ? Le silence des grands médias audiovisuels est frappant. Ni BFM, ni

📰Source :youtube.com

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