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PolitiqueÉpisode 4/2

France Télévisions : 256 millions de déficit, des nuits à 1 700 €, et une présidente qui ne renonce à rien

Par la rédaction de Le Dossier · 16 AOÛT 2026
Illustration: France Télévisions : 256 millions de déficit, des nuits à 1 700 €, et une présidente qui ne renonce à rien
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Deux cent cinquante-six millions. C'est le déficit de France Télévisions en 2024. Deux cent quatre-vingt-dix millions sont attendus pour 2025. Ces chiffres figurent dans le rapport public de la Cour des comptes.

Pendant ce temps, la présidente du groupe, Delphine Ernotte, empoche 322 000 € de fixe et jusqu'à 78 000 € de variable. Soit 400 000 € brut par an. Elle dort à l'hôtel Majestic, à Cannes, pour 1 700 € la nuit. Le tout payé — nous dit-on — sans un centime d'argent public. Grâce à un système de « barter » dont la convention n'a pas été produite.

Regardons les faits.

256 millions, 290 millions — et zéro responsabilité

Le groupe France Télévisions coûte chaque année 4 milliards d'euros. En 2024, l'entreprise a perdu 256 millions d'euros. En 2025, le trou devrait atteindre 290 millions. La Cour des comptes le dit. Le rapporteur de la commission d'enquête parlementaire le répète.

Interrogée sur ce gouffre, Delphine Ernotte a répondu : « Je me suis toujours conformée aux décisions de mon conseil d'administration et j'ai toujours tenu les objectifs budgétaires qui m'étaient demandés. » Puis elle ajoute : « Hormis l'année 2025, ça fait 9 ans que l'entreprise est à l'équilibre. »

Le rapporteur a répliqué : « C'est quoi cette histoire ? Comment peut-on, année après année, dire que les comptes sont en équilibre alors qu'en réalité ils sont déficitaires ? »

Les chiffres sont publics. La direction les ignore. Et on la reconduit.

400 000 € brut, pas un centime de renoncement

« Est-ce que vous pouvez nous donner le montant exact de votre rémunération ? » a demandé le rapporteur. Réponse d'Ernotte : 322 000 € fixe, plus un variable maximum de 78 000 €. Soit un total de 400 000 € brut.

« Vous ne trouvez pas ça scandaleux ? » a insisté le député. « Quand on est dans une situation financière extrêmement préoccupante, dans le privé on renonce à sa prime. »

Cannes : 1 700 € la nuit, et une fable appelée « barter »

Le Festival de Cannes est devenu le symbole de cette dérive. France Télévisions y a dépensé plus de 100 000 € pour des nuits d'hôtel. Au Majestic. À 1 700 € la nuit. Pour des dirigeants de l'audiovisuel public — et quelques invités.

Interrogée, Ernotte a expliqué qu'il n'y avait « pas un centime d'argent public » là-dedans. Elle a invoqué un mécanisme de « barter » : un échange d'espaces publicitaires invendus contre des nuits d'hôtel.

Le rapporteur a demandé à voir la convention de barter. Personne ne l'a produite. Il a lancé : « C'est quoi cette histoire ? On vous explique qu'on a échangé des invendus. Des invendus en matière de pub, ça n'existe pas. » Et de pointer que quatre dirigeants de France Télévisions étaient présents, ainsi que deux dirigeants de T. Gazer Media. Leur part ? Payée en quoi ?

La direction a tenté de se défendre : « L'intérêt du barter, c'est d'attirer des annonceurs qui n'ont pas de cash. »

La comptabilité analytique fantôme

En 2015, Delphine Ernotte a promis de mettre en place une comptabilité analytique. Dix ans plus tard, elle n'existe toujours pas. La Cour des comptes le constate. Le rapporteur le rappelle. Ernotte répond : « Nous avons bien une comptabilité analytique, et la Cour des comptes ne dit pas autre chose. »

Sauf que son propre programme 2025, intitulé « Réconcilier », prévoit la mise en place d'une comptabilité analytique.

Le rapporteur a été cinglant : « Comment se fait-il que 10 ans après, personne ne le lui dise ? Madame, ça fait 10 ans que vous dites que vous allez la mettre en place, vous ne l'avez pas fait. Et on vous reconduit en disant tout va bien. »

Et maintenant ?

La commission d'enquête parlementaire a auditionné Ernotte et son directeur général Christian Vion. Ils ont répété la même fable, selon le rapporteur.

La Cour des comptes a publié son rapport. Il est public.

Pendant ce temps, le contribuable paie. 4 milliards par an. 256 millions de pertes. 290 millions annoncés. Et des nuits à 1 700 €.

Le rapporteur a demandé que la convention de barter soit produite. Elle ne l'a pas été.

📰Source :youtube.com

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Épisode 4 · 16 AOÛT 2026

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